Al-Ahram Hebdo, Opinion | Salama A. Salama , Duperie
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 Semaine du 27 Février au 4 Mars, numéro 703

 

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Opinion

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Salama A. Salama 

Différentes élections se déroulent autour de nous. Nos médias suivent ces élections avec un grand intérêt comme si elles nous concernaient de près ! Certaines se déroulent dans des circonstances tendues au milieu d’actes de violence, d’assassinats et d’explosions, comme au Pakistan et au Kenya. D’autres se déroulent dans des circonstances plus calmes comme aux Etats-Unis. Les nouvelles des batailles électorales entre Hillary Clinton et Barack Obama font d’ailleurs la une de tous les journaux télévisés de par le monde. Que les élections soient calmes ou tendues, il est devenu impératif dans le monde d’aujourd’hui que la volonté des électeurs soit le seul mécanisme pour trancher les concurrences politiques, assurer l’alternance du pouvoir et déterminer le destin des peuples. Et ce, dans des circonstances démocratiques garantissant le minimum de liberté de choix, quels que soient les conflits internes et les dangers externes, et quel que soit le degré d’extrémisme et de recours à la violence.

Il semble que le monde entame une nouvelle ère. Dans cette ère, sauver, de manière démocratique, les régimes en chute à cause de conflits internes ou externes est devenu une chose reconnue. En effet, des pressions externes ont été exercées sur Pervez Musharraf pour organiser des élections générales jouissant d’un degré d’intégrité et permettant la participation de tous les partis et forces politiques même après les troubles causés par l’assassinat de Benazir Bhutto. Sans ces pressions, les élections n’auraient pas été organisées au Pakistan, ni le parti de Musharraf lui-même n’aurait connu une telle défaite écrasante ni les partis d’opposition n’auraient pu réaliser cette victoire, frayant ainsi la voie à des changements radicaux au Pakistan.

La même chose est arrivée au Kenya. Sans les pressions internationales, les médiations africaines et l’intervention des Nations-Unies, les tueries et les conflits auraient persisté entre les prétendants au poste présidentiel après les élections douteuses organisées dans ce pays.

En Egypte et dans tout le monde arabe, nous ne connaissons d’élections ni calmes ni tendues. Nous ne connaissons même pas le sens des élections. Nous exerçons un jeu d’enfant que nous appelons élections. Bien plus, dans de nombreux cas, nous refusons d’organiser des élections en tant que mécanisme démocratique selon les règles internationales reconnues. Nous nous jouons de ces élections jusqu’à ce qu’elles deviennent une forme de démocratie défigurée avec laquelle nous nous dupons et nous essayons de duper le monde.

Prenons l’exemple des élections des conseils municipaux en Egypte dont le dépôt des candidatures vient de commencer. Après un ajournement de deux ans, sous prétexte de l’amendement des lois sur les municipalités, le peuple égyptien est invité à des élections selon les mêmes vieux procédés absurdes. En effet, des centaines de membres de la Confrérie des Frères musulmans et de l’opposition sont arrêtés de crainte qu’ils n’entrent en lice dans ces élections. Bien plus, les responsables n’ont pas honte de déclarer que les noms des candidats, même les membres du PND, sont soumis aux services de sécurité, lesquels s’assurent que les Frères ne s’infiltreront pas dans les conseils municipaux. En d’autres termes, il s’agit d’un châtiment collectif d’isolement politique imposé par le parti au pouvoir sur une catégorie du peuple. Que sont donc ces élections ? !

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