Foire du Livre d’Alexandrie. L’Algérie est l’invitée d’honneur de cette sixième édition, inaugurée le
21 février.
Un rendez-vous en devenir
Si certains Alexandrins ignorent qu’il y a une Foire
du livre dans leur ville, faute sans doute de publicités
dans les rues, le représentant de la maison Merit, qui
participe pour la première fois à la foire, explique que les
gens intéressés par ses publications ont entendu parler de
la foire à travers le Facebook et les blogs. Pour lui, le
lieu est bien choisi : près de la Bibliothèque et de
l’université. L’un de ses best-sellers, Qalamein de Bilal
Fadl, est déjà épuisé. Les nouveaux romans se vendent
rapidement, ainsi que les livres politiques et spécialisés.
Néanmoins, des professeurs en polytechnique et d’autres
spécialistes se plaignent de devoir aller à la Foire du
Caire pour un choix plus vaste. Le poète Alaa Khaled,
animateur de la revue Amkena, confirme que l’effet de la
foire sur la vie culturelle à Alexandrie est limité et
qu’elle n’est pas aussi importante que la Bibliotheca
Alexandrina ni de la taille de la Foire du Caire. Certains
écrivains y font cependant des séances de dédicace, comme au
Caire, ce qui donne un aspect spécial à cette rencontre
culturelle. Cette année, c’est le tour de l’écrivain Youssef
Maati et de l’historien Abbass Abou-Ghazala.
La foire se tient sous un grand chapiteau, qui malgré
l’air froid qu’il laisse pénétrer par quelques-uns de ses
pans, dégage aussi un sentiment d’intimité. En parcourant
les lieux rapidement sur des planches de bois couvertes par
des tapis, on ressent l’aspect accueillant de cet espace
relativement petit où les gens viennent pour acheter
vraiment. En se promenant dans les diverses sections, l’on
note une modeste présence des livres français. Selon Khaled
Azab, responsable des relations publiques auprès de la
Bibliotheca Alexandrina, des activités en marge de la foire
sont organisées au Centre culturel français et l’on attend
la participation de Flammarion l’année prochaine. L’on
remarque aussi la maison d’édition égypto-turque Sozler qui
vend principalement des livres d’exégèse coranique en
plusieurs langues. Comme à la Foire du Caire, les
publications religieuses sont en effet très présentes.
Azerbaïdjan aussi est représentée pour la deuxième année.
A l’occasion du choix d’Alexandrie comme capitale
culturelle du monde islamique, Abdel-Aziz Al-Towejeri,
directeur général de l’Organisation islamique de
l’éducation, des sciences et de la culture (Esisco), a animé
au sein de la foire un colloque sur le « dialogue des
cultures vers l’alliance entre les civilisations ». Selon
lui, le monde est composé de différentes civilisations et
cultures qui ont contribué toutes, de façon égale, chacune à
un moment donné, au développement de l’humanité et aux
créations. Al-Towejeri était également présent lors de
l’inauguration de la foire, avec le gouverneur d’Alexandrie,
Adel Labib, le directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie,
Ismaïl Seragueddine, et le ministre de l’Education, Yousri
Al-Gamal, en plus de la ministre algérienne de la Culture,
Khalida Toumi, et du poète Youssef Chaqra, président de
l’Union des écrivains algériens.
L’Algérie est l’invitée d’honneur de cette année
(après le Koweït en 2007). Une section est consacrée à
l’exposition des principaux ouvrages culturels,
intellectuels et patrimoniaux de ce pays et six journées
culturelles algériennes sont prévues, au cours desquelles
des colloques regroupent des intellectuels avec différents
penseurs et hommes de lettres algériens, dont entre autres
l’écrivain et poète Mohamad Zetili et le poète Hakim Miloud.
D’autres pays arabes sont représentés, dont l’Arabie
saoudite, avec Al-Obaykan, une des plus grandes maisons
d’édition dans le monde arabe, ainsi que le Koweït, les
Emirats et la Tunisie. La Syrie participe également par le
biais de l’Organisme général syrien du livre avec de
nouvelles éditions et des traductions d’œuvres dans la série
Horizons culturels.
Parmi les nouveautés vendues par l’Egyptian American
Book Centre, l’on trouve The Audacity of Hope (l’audace de
l’espoir) de Barack Obama. Les ventes y vont bon train pour
d’autres titres également. Quant à la maison d’édition
Al-Aïn, elle réalise plus de ventes pour cette deuxième
participation. L’œuvre de Stephen Hawking, « La plus brève
histoire de temps » (voir l’Hebdo n°698), est parmi les plus
vendues. Guénniya fi qaroura (sirène dans une bouteille)
d’Ibrahim Farghali, Chamaous d’Achraf Aboul-Yazid, et des
livres sur les arts de la mer y sont aussi exposés.
Si la première édition de cette foire, à l’occasion de
l’inauguration de la Bibliotheca Alexandrina, a regroupé 260
maisons d’édition et 34 pays, le nombre a baissé les années
suivantes. L’année dernière, elle a accueilli 250 000
visiteurs. Les premiers indices sur la participation du
public cette année, malgré la présence de près de 80 maisons
d’édition, ne semblaient pas indiquer que le nombre de
visiteurs sera en hausse en 2008.
Charbel
Héchéma