Diplomatie.
Le président Moubarak a effectué cette semaine une visite en
Arabie saoudite et au Bahreïn. Au centre des discussions
avec les dirigeants des deux pays : le prochain Sommet arabe
prévu les 29 et 30 mars à Damas.
Mise en garde à Damas
Le
Sommet arabe et les moyens de garantir sa réussite ont été
au centre de cette tournée présidentielle en Arabie saoudite
et au Bahreïn. Le président Moubarak a rencontré dimanche à
Riyad le roi Abdallah d’Arabie saoudite et lundi, à Manama,
le cheikh Hamad bin Eissa. Ces rencontres interviennent à un
moment délicat, à quelques semaines de la tenue du Sommet
arabe prévu à Damas les 29 et 30 mars. Le sommet est menacé
d’échec car plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite,
pourraient ne pas y assister. Les relations entre l’Arabie
saoudite et la Syrie traversent en effet une période de
turbulences. Et c’est la même chose avec l’Egypte mais dans
une moindre mesure. Le Caire a même laissé entendre que le
président Moubarak pourrait ne pas assister au sommet.
La crise libanaise est au centre de ces différends. Damas
accuse Riyad et Le Caire d’adopter une position
pro-occidentale dans la crise libanaise et de soutenir la
majorité anti-syrienne. L’Arabie saoudite, qui assure la
présidence sortante de la Ligue arabe, n’a d’ailleurs pas
encore été invitée par la Syrie au sommet de Damas. Le Caire
estime, lui, que le Liban doit choisir le plus tôt possible
son président alors que Damas veut que la majorité et
l’opposition règlent leurs problèmes d’abord. Le Caire
accuse la Syrie, l’Iran avec le Hezbollah et le Hamas
d’entraver les efforts qu’il déploie en coopération avec
l’Arabie saoudite. Les relations entre les deux pays
s’étaient détériorées après l’assassinat de l’ex-premier
ministre libanais Rafiq Hariri en 2005. Puis, lorsqu’Israël
a frappé le Liban en 2006, le président syrien Bachar
Al-Assad avait alors accusé les dirigeants arabes de ne pas
être de véritables hommes. « C’est dans ce contexte plutôt
turbulent que s’inscrit la visite du président Moubarak à
Riyad et à Manama : Tenter de trouver une formule avec Damas
avant la tenue du sommet arabe », analyse Chadi Fahmi,
professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.
En fait, l’Egypte ne souhaite pas l’échec du sommet de
Damas. A Riyad, Moubarak et le roi Abdallah ont exprimé le
souhait que l’initiative de la Ligue arabe sur la crise
libanaise soit mise en œuvre. Il s’agit d’un message adressé
à Damas. « Le contenu du message pour Le Caire et Riyad est
que la Syrie ne doit pas intervenir dans les affaires
libanaises internes et laisser les Libanais choisir
eux-mêmes leur président le plus tôt possible. Le Caire
demande à la Syrie de ne pas utiliser la carte de l’Iran et
du Hezbollah dans la crise libanaise », déclare une source
diplomatique ayant requis l’anonymat. Et d’affirmer que si
Damas ne répond pas aux exigences arabes, l’Egypte ne sera
pas représentée au plus haut niveau au sommet arabe.
Outre la crise libanaise, le conflit israélo-palestinien a
été au menu des discussions entre les deux dirigeants. Le
président Moubarak a déclaré cette semaine qu’il voyait des
signes de lent progrès dans les négociations de paix
israélo-palestiniennes et espéré qu’un accord sera conclu
cette année. Selon le président, le dossier exige un
engagement sérieux des Etats-Unis et d’autres parties du
Quartette international. Le chef de l’Etat a souligné que l’Egypte
travaillait toujours à la levée du blocus israélien sur la
bande de Gaza contrôlée par le Hamas et à la réouverture du
point de passage frontalier de Rafah selon les termes en
vigueur, avant la prise de contrôle du territoire par le
Hamas en juin dernier.
Chérif Ahmed