Exportations.
Avec la forte hausse aux Emirats arabes unis de la
consommation en produits agroalimentaires, l’Egypte ne
pouvait manquer la 13e édition du salon Gulfood tenu à
Dubaï, du 24 au 27 février.
Le salon des possibles
Dubaï,
De notre envoyée spéciale —
31 milliards de dollars. Tel était le volume de la
consommation émiratie en produits alimentaires en 2007. Soit
un tiers de plus que l’année précédente. Normal donc que cet
Emirat du Golfe attire les responsables de l’industrie des
quatre coins du monde. Depuis quelques années, les salons de
produits alimentaires se diversifient et se multiplient.
Ceci dit, du 24 au 27 février, a eu lieu la 13e édition du
salon Gulfood, le salon de l’agroalimentaire et des
équipements hôteliers, devenu le troisième plus grand au
monde. Il a regroupé cette année des entreprises venues de
72 pays.
L’Egypte a été au rendez-vous, hautement représentée par
quelque 70 entreprises. Et pour cause : son secteur
agroalimentaire a enregistré au cours des trois dernières
années une croissance entre 20 et 30 %. Safwane Sabet, PDG
de Juhayna, explique que c’est une occasion importante de
conclure des contrats et réussir à envahir de nouveaux
marchés. « Dubaï est un portail important vers les marchés
asiatiques et arabes », renchérit-il.
Marwa Ali Salem, directrice des exportations chez Agwaa pour
les produits alimentaires, raconte que grâce à une telle
exposition, elle a réussi à exporter pour la première fois
au Bahreïn, Qatar, Canada et aux Etats-Unis.
L’enthousiasme est moindre chez Maha Abdel-Hadi, PDG de
l’entreprise Malo pour les produits huileux, qui participe
pour la première fois à ce salon. Elle note que plusieurs
produits égyptiens ont du mal à concurrencer ceux d’autres
pays arabes. « Cela à cause du manque de soutien à
l’exportation de la part de notre gouvernement. La tonne
d’huile végétale de Syrie est 40 % moins cher que la mienne
», déplore-t-elle. De quoi compliquer les choses pour l’Egypte
qui cherche avec ce genre d’expo à dépasser les obstacles
posés à la circulation des produits alimentaires, notamment
dans l’Union européenne et aux Etats-Unis. De leur côté, ces
pays tentent de même d’élargir les marchés de leurs
produits. Karen Fremont, chef de projet de Missions et
Salons internationaux, souligne que les entreprises
françaises de la région de la Bretagne, dont
l’agroalimentaire représente une des plus importantes
activités, prospectent par leur présence ici toute la zone
arabe. Mais un homme d’affaires égyptien, qui a requis
l’anonymat, espère que les intérêts communs des affaires
mettront un jour fin aux problèmes de l’exportation des
produits alimentaires (quotas, saisons, normes hygiéniques),
notamment imposés par les pays européens et les Etats-Unis.
Névine Kamel