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Iran. Les six « Grands » se sont réunis lundi à Washington pour décider du renforcement des sanctions, mais Téhéran n’en démord pas sur la voie du nucléaire. 

Plus déterminé que jamais 

Voilà que l’iran, une fois de plus, sous l’épée de Damoclès avec l’approche d’un troisième train de sanctions onusiennes pour le forcer à stopper ses activités d’enrichissement de l’uranium. Lundi, les six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France + Allemagne), décidées à renforcer les sanctions contre la République islamique, se sont engagées à Washington dans une nouvelle série de discussions sur le programme nucléaire iranien. Cette réunion qui a eu lieu au niveau des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des six, a tablé sur l’adoption « prochaine » de nouvelles sanctions contre Téhéran après avoir discuté du dernier rapport, publié vendredi dernier par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), sur les activités nucléaires iraniennes. « Nous comptons toujours sur un vote prochain sur le projet de résolution actuellement en cours de discussion à New York », a affirmé un porte-parole du département d’Etat, Tom Casey.

Déjà, une version du projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre l’Iran a été présentée, jeudi dernier, au Conseil de sécurité de l’Onu par les ambassadeurs britannique et français en vue d’une adoption rapide. Ce projet comporte un nouveau train de sanctions économiques et commerciales et inclut aussi une interdiction de voyager pour les responsables impliqués dans le programme nucléaire. Le texte exhorte de plus tous les Etats à inspecter les navires et avions à destination et en provenance d’Iran qui pourraient transporter des marchandises interdites par cette résolution. Il invite enfin les Etats à surveiller les échanges que pourraient avoir les institutions financières basées sur leur territoire, avec toute banque domiciliée en Iran, en particulier les banques Melli et Saderat. « Quelles que soient les sanctions adoptées les jours à venir, elles seront inefficaces et sans lendemain. Les Etats-Unis et l’Occident se cogneront la tête contre le mur car ils ne pourront ni frapper l’Iran ni lui imposer de lourdes sanctions. Le jeu est fini et l’Iran a gagné. Que le monde l’accepte ou non, l’Iran est une puissance nucléaire », estime Mohamad Abbass, expert dans le dossier iranien.

La réunion des « Grands » intervient 3 jours après la publication de l’AIEA concluant, vendredi, qu’elle n’est toujours pas en mesure de certifier la nature pacifique du programme nucléaire iranien. « L’Agence a reçu récemment des informations supplémentaires ; cependant, ces informations ont été fournies de façon lacunaire et non de manière complète et cohérente », a regretté l’agence. Le rapport, qui doit être débattu par l’exécutif de l’AIEA à partir du 3 mars à Vienne, critique le manque de coopération de l’Iran et surtout la poursuite et le développement de nouveaux modèles de centrifugeuses qui permettent de fournir du combustible pour des centrales électriques que des matériaux entrant dans la fabrication de la bombe atomique.

Saisissant l’occasion de ce rapport, les responsables américains ont vite réclamé samedi l’adoption de nouvelles sanctions contre Téhéran, si possible dès cette semaine. « L’Iran n’a pas répondu aux questions sur ses activités passées dans des programmes secrets qu’il affirmait ne pas avoir. Ce sont d’excellents arguments pour se diriger vers une résolution du Conseil de sécurité », a réclamé la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice.

 

Mesures de représailles

Déterminée à ne jamais rebrousser chemin, la République islamique n’a fait que rejeter, lundi, toute nouvelle future sanction et brandi à son tour des menaces : « Imposer de nouvelles sanctions à l’Iran affecterait la crédibilité de l’agence atomique de l’Onu », a déclaré, lundi, l’ambassadeur iranien à l’Onu. « Adopter une nouvelle résolution aura un coût pour ces pays », a  menacé de sa part Javad Vaïdi, adjoint du responsable nucléaire iranien. Déjà, le président Mahmoud Ahmadinejad avait rejeté samedi, toute nouvelle résolution onusienne, menaçant les grandes puissances de mesures fermes de représailles : « La position de l’Iran ne changera jamais, même si le Conseil adoptait des résolutions pendant cent ans. Notre ligne rouge, ce ne sont pas les résolutions. C’est notre droit », a-t-il défié.

Décidé à ne voir que le côté positif des choses et à fermer les yeux à toutes les critiques, l’Iran avait eu cette semaine une lecture totalement positive du rapport de l’AIEA, n’y voyant aucun point faible contre lui. « C’est une victoire historique de l’Iran dans la plus grande confrontation politique avec les puissances oppressives depuis la Révolution islamique de 1979 », s’est réjoui le président iranien, dans un message adressé au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

Cette arrogance et cette obstination iranienne ne sont pas sans fondement : l’Iran est un pays qui fait ses calculs et qui ne laisse rien au hasard. « A quoi bon céder s’il a vraiment gagné le jeu et mis le monde devant le fait accompli ? A quoi bon céder si ses alliés augmentent avec les jours ? », s’interroge Mohamad Abbass. Les propos de M. Abbass ont leur part de raison, car certains pays non permanents au Conseil de sécurité (Afrique du Sud, Indonésie, Libye, Vietnam) ont fait état de réticences à imposer de nouvelles sanctions à l’Iran, sans citer le soutien de la Russie et de la Chine qui est déjà d’une grande importance, puisqu’elle possède un droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu. Ces soutiens affirment que l’Iran ne fera jamais objet de lourdes sanctions car une résolution du Conseil de sécurité doit être prise à une majorité des neuf de ses quinze membres, sans veto de l’un de ses membres permanents. « Il faut ajouter aussi que d’autres pays comme la Turquie, l’Autriche et l’Italie cherchent à signer des contrats gaziers avec l’Iran et à nouer de fortes relations économiques avec lui. Ainsi, les Etats-Unis ne réussiront jamais à isoler l’Iran », conclut l’expert.

Maha Al-Cherbini

 

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