Al-Ahram Hebdo,Arts |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 27 Février au 4 Mars, numéro 703

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Danse. Ayant fondé une compagnie de danse qui porte son nom dès 1994, Tania Pérez-Salas est devenue l’une des figures de proue de la danse contemporaine au Mexique. Elle a récemment donné trois chorégraphies au Caire et à Alexandrie.

« La littérature comme l’art
invite à une introspection plus attentive »

Al-Ahram Hebdo : Les trois chorégraphies, présentées en Egypte : The Hours, Anabiosis et Waters of Forgetfulness s’inspirent d’œuvres littéraires, avez-vous une prédilection pour le style narratif, aimez-vous raconter des histoires ?

Tania Pérez-Salas : La littérature fait partie intégrante de ma vie. Elle reflète comme la chorégraphie des expériences que j’ai vécues. Le choix de lire un livre donné à un moment donné va de pair avec ce que je ressens. Le livre normalement donne l’accent aux émotions que j’éprouve. La littérature comme l’art invite de manière générale à une introspection plus attentive. La large jupe que l’on voit au début de la chorégraphie The Hours, s’inspirant entre autres du roman du même titre de Michael Cunningham, est une manière d’exprimer qu’on est toutes dans un même panier ou sous la même férule. Les relations entre les femmes dont traite la chorégraphie sont toujours plus compliquées que celles entre les hommes. Car ces créatures longuement dépendantes ont du mal à se trouver une place en société, elles doivent livrer un combat permanent pour marquer leur présence. Cunningham décrit à merveille les sentiments des femmes, celles qui prennent des rides, regrettant leur beauté périssable, laquelle a constitué leur principal atout, etc.

Dans la chorégraphie, il y a aussi une influence de l’écrivain et homme de théâtre italien, Alessandro Baricco, un mélange de films, de pièces de théâtre, de musique et de peintures que j’aime.

Avant de lire les essais du Nobel mexicain Octavio Paz lesquels vous ont inspiré, Anabiosis, sur le rapport amour- éros, vous étiez sceptique quant à l’existence même de l’amour ?

— Je voyais des couples désunis tout autour, souvent à cause de l’apparition d’un homme ou d’une femme plus riche, plus attirant physiquement, plus jeune ou autre. Et je me posais la question : l’amour existe-t-il ou c’est juste un intérêt érotique ou un désir sexuel ? Même si j’ai un mari très aimant, j’ai essayé de me glisser dans la peau d’autres personnages pour mieux comprendre leur logique de couples, avec parfois des gens qui font pas mal de sacrifices pour le bien de leur famille. On n’est pas dans un rapport dominant-dominé, mais les hommes et les femmes se ressemblent en quelque sorte s’agissant d’infidélité ou de sexualité multiple.

Ce rapport amour-éros s’exprime sur scène par le biais du corps qui est ce que nous sommes. Quand je me retrouve face à de bons danseurs, je ne vois plus des corps, mais des pensées, une présence. Le corps est en effet notre meilleur costume, d’où la quasi-nudité faisant monnaie courante dans mes spectacles. Danser nu, cela devient très spirituel, on est à l’état pur.

Vos chorégraphies sont assez plastiques. Vous aimez la peinture et cela se ressent. L’artiste mexicaine Frida Kahlo vous inspire-t-elle davantage ?

— Pas forcément Frida Kahlo, car elle est toujours dans son propre monde, dans son histoire personnelle, et cela ne m’emmène pas ailleurs, ça reste très précis et très expressionniste. Son œuvre raconte sa vie comme une biographie, ce qui n’est pas le cas de quelqu’un d’autre plus stimulant comme Van Gogh reflétant des sensations plus floues, plus énigmatiques, nous laissant deviner le reste par nous-mêmes.

Vous amalgamez dans votre travail musique classique et pas modernes.

— J’ai fait de la danse classique jusqu’à l’âge de 19 ans, mais je sentais que les mouvements ne répondaient pas à mes émotions. Ensuite, j’ai eu un professeur d’origine afro-américaine de danse contemporaine, Xavier Francis, qui m’a appris quoi faire avec mon corps, au-delà des techniques et des méthodes à suivre. Les ballets classiques me donnent juste l’impression d’être spectatrice d’une histoire qui est déjà là, au lieu d’être observatrice de quelque chose qui se développe devant mes yeux et où le public peut en faire partie.

Je n’ai pas voulu par la suite partir en Russie pour faire du classique, préférant être une autodidacte qui trouve ses pas avec passion, choisissant des musiques que j’aime.

Propos recueillis par Dalia Chams

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.