Palestine.
En dépit de la tenue de quelques rencontres entre
Palestiniens et Israéliens, rien ne prédit une prochaine
avancée.
Blocage
L’état des négociations entre Palestiniens et Israéliens
l’indiquait, et le chef de la diplomatie française, Bernard
Kouchner, l’a confirmé : on ne peut parler d’aucun progrès
et l’espoir né il y a quelques mois de la conférence
d’Annapolis n’est plus. « Il n’y a eu aucun véritable
progrès », a déploré Kouchner au président israélien Shimon
Pérès, selon un communiqué de la présidence israélienne. «
C’est une chose dangereuse », a-t-il ajouté en évoquant la
frustration et le désespoir grandissants des Palestiniens.
Ce faisant, le chef de la diplomatie française, Bernard
Kouchner, a souligné dimanche la nécessité de « créer un
climat de confiance » au sein de la population
palestinienne, déplorant que les différents projets de
développement envisagés sont restés lettre morte.
M. Kouchner, a déclaré samedi en Cisjordanie qu’Israël
devait stopper la colonisation afin que le processus de paix
israélo-palestinien puisse progresser. « Nous sommes
hostiles à la poursuite de la colonisation, nous l’avons
déclaré, le président de la République française l’a déclaré
très clairement, je le dis devant vous, on ne peut pas
poursuivre à la fois un processus de paix, faire confiance à
ses voisins, construire un Etat palestinien et continuer à
bâtir ou à projeter même des implantations sur cet Etat
palestinien », a-t-il dit après avoir rencontré le président
palestinien Mahmoud Abbass à Ramallah.
« La situation économique et humanitaire à Gaza est
particulièrement mauvaise. Les mesures de blocus mises en
œuvre affectent directement l’ensemble de l’économie et des
conditions de vie », a aussi déclaré M. Kouchner à Al-Quds,
le principal quotidien des territoires palestiniens. « Nous
appelons à la levée du blocus de Gaza. Il faut que les
marchandises et les hommes puissent
circuler », a ajouté le ministre français.
En effet, Israël impose des restrictions draconiennes sur le
mouvement des personnes et des marchandises après la prise
de pouvoir par les islamistes du Hamas en juin 2007 de la
bande de Gaza. Depuis le 17 janvier 2008, Israël a mis en
place un blocus sur le territoire palestinien en
représailles aux tirs palestiniens de roquettes, provoquant
des pénuries de produits de base et des coupures
d’électricité. « Bien évidemment, une amélioration des
conditions de circulation en Cisjordanie et vers Gaza est
une condition nécessaire à une véritable reprise économique
durable, comme le soulignent le FMI et la Banque mondiale »,
a poursuivi M. Kouchner.
En ce qui concerne l’Autorité palestinienne, elle doit selon
lui « faire des efforts très importants pour réformer les
services de sécurité pour qu’ils soient plus efficaces ».
Des « progrès très encourageants ont été réalisés » mais il
faut « aller plus loin ». M. Kouchner, dont la dernière
visite à Jérusalem et Ramallah remonte à novembre 2007, a
affirmé que la France, « en tant que présidente de l’Union
européenne, à partir du 1er juillet 2008, se fixera des
objectifs ambitieux pour aboutir à une résolution du conflit
». « La France espère qu’un Etat palestinien verra bien le
jour en 2008. Mais la France ne fait pas qu’espérer, elle
agit pour que ce projet, ce rêve, voie le jour très
rapidement », a-t-il assuré. Il a en outre appelé Israéliens
et Palestiniens à respecter les engagements pris en novembre
à Annapolis aux Etats-Unis où le président palestinien
Mahmoud Abbass et le premier ministre israélien Ehud Olmert
ont relancé les négociations de paix après sept ans
d’impasse avec l’objectif affiché de parvenir à un accord de
paix avant fin 2008.
En effet, au lendemain de la conférence d’Annapolis, Israël
a dissipé tout espoir en déclarant la poursuite de ses
projets de colonisation, en persistant à liquider les chefs
du mouvement islamiste du Hamas, à mener des raids et des
incursions dans la bande de Gaza et en minimisant les
chances de parvenir à un Etat palestinien au cours de 2008
comme ils l’avaient promis. Bref, une panoplie d’actes et de
déclarations qui ne confirment qu’un seul constat : la
tergiversation et le manque de volonté d’aller de l’avant
dans les négociations visant à ranimer le processus de paix.
Les deux parties sont divisées sur la procédure.
Alors que les Palestiniens veulent un accord en bonne et due
forme établissant un Etat palestinien, les dirigeants
israéliens espèrent parvenir à une déclaration de principe
qui serait appliquée progressivement et servirait
ultérieurement de base à un accord à part entière.
Et tout en mettant les bâtons dans les roues du processus de
paix, l’Etat hébreu frappe très fort. Quatre Palestiniens,
dont trois activistes du mouvement islamiste du Hamas et un
civil, ont été tués dimanche lors d’une incursion de l’armée
israélienne à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande
de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes. Au
moins neuf Palestiniens ont été blessés lors de cette
opération, a-t-on indiqué de mêmes sources. « Quatre-vingts
Palestiniens ont été arrêtés lors de l’opération et ramenés
en territoire israélien pour y être interrogés », a-t-on
ajouté.
En outre, un autre activiste du Hamas, blessé il y a trois
jours lors d’un raid israélien à Khan Younès, a succombé à
ses blessures, a annoncé ce groupe armé. Les nouveaux décès
portent à 6 146 le nombre de personnes tuées dans les
violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande
majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.
Rania
Adel