Religion.
Une conférence des coptes de l’étranger s’est tenue au
Caire, avec le feu vert du gouvernement, pour célébrer les
verdicts et tenter une nouvelle approche des problèmes des
chrétiens d’Egypte.
Vers une décrispation ?
C’était la première fois qu’une telle réunion se déroule en
Egypte. Les coptes de l’étranger organisent au grand dam des
autorités égyptiennes, des réunions presque annuelles, pour
examiner la situation de leurs coreligionnaires « de
l’intérieur ». Cette fois-ci, le gouvernement a donné son
feu vert et la Société égyptienne des droits de l’homme a
parrainé la réunion qui a été une célébration des
verdicts. Chose qui a d’ailleurs poussé les organisateurs à
changer le nom de la rencontre. Elle est devenue « la
première conférence du Caire pour une impulsion de la notion
de citoyenneté en Egypte ».
Des personnalités de l’Eglise copte, des membres du Parti
National Démocrate (PND), ainsi que des représentants de 22
organisations de coptes à l’étranger ont pris part à cette
manifestation. Cependant, elle a été fortement critiquée par
les spécialistes pour dit-on l’absence de politiciens qui
devraient activer ou prendre en compte les recommandations
émises par les participants. « C’est une rencontre d’un
niveau médiocre au moment où nous cherchons à parvenir à la
citoyenneté en Egypte », lance Magdi Khalil, directeur du
Forum des libertés du Moyen-Orient. En effet, les
intervenants ont laissé de côté le fond du problème se
contentant de mots d’ordre général : « La nécessité de
considérer le problème des coptes comme étant indissociable
des problèmes de la rue égyptienne, chercher à résoudre le
problème et non pas le compliquer, ou encore épurer les
manuels scolaires de toutes allusions sectaires ... ».
Déjà, quelques organisations internationales ont décidé de
boycotter dès le départ ce rassemblement comme « L’union des
coptes américains », « Les coptes libres » et « Al-Katiba
al-tibiya » (la légion thébaine). C’est leur façon,
disent-ils, de répondre à la réaction du gouvernement
vis-à-vis de leurs précédentes rencontres. Les autorités les
prennent à la légère, estiment-ils. « Nous devons d’abord
voir des changements positifs de la part du gouvernement
permettant aux coptes d’accéder à leurs droits avant d’être
invités à participer à une nouvelle conférence, surtout si
le PND et le gouvernement y sont présents », a déclaré Kamil
Halim, prédisent de l’Union copte aux Etats-Unis.
Chaïmaa
Abdel-Hamid