Elections.
De nouveaux conseils d’administration ont pris en charge les
différentes fédérations égyptiennes. Leur mission n’est pas
de tout repos. Ils sont appelés à améliorer le sport
égyptien et à surmonter les défis.
Du pain sur la planche
Depuis
3 mois, les différentes fédérations égyptiennes étaient
occupées par les élections pour la nouvelle période
électorale, qui s’étend jusqu’en 2012. Mais, cette fois, un
nouveau sang a été injecté au sein de ces dernières. De
nouvelles figures ont fait leur apparition, or la
plupart des présidents ont été remplacés et pour cause : la
suppression de l’exception qui a été amendée en 2004 au
règlement, consistant à permettre aux membres des
fédérations internationales d’éviter l’interdiction d’élire
un président ayant passé 8 ans au poste. Ainsi, cette année,
la candidature de tous les présidents qui ont passé 8 ans à
la tête des fédérations a été rejetée. La décision prise par
Hassan Saqr, président du Comité national du sport, il y a
quelques mois, avait en fait gêné plusieurs présidents de
fédérations. Hassan Moustapha, président de la Fédération du
handball, avait refusé à plusieurs reprises d’effectuer les
élections selon le nouveau règlement. Mais il a accepté de
se conformer à la loi pour l’élection qui devra avoir lieu
le 31 décembre.
En
fait, tous les nouveaux conseils d’administration ont du
pain sur la planche. Ils devront promouvoir le sport
égyptien, toutes disciplines confondues. Lors des Jeux
olympiques de Pékin 2008, l’Egypte n’a remporté qu’une seule
médaille de bronze obtenue par le judoka Hicham Mesbah (90
kg). Essam Rachad, nouveau président de la fédération, doit
élaborer un bon programme de préparation pour l’équipe
nationale afin de continuer son élan. « Il faut apprendre de
nos fautes. Les fédérations qui ont décroché des médailles
olympiques à Athènes 2004 ont échoué à rééditer cet exploit
à cause de la mauvaise planification », souligne Hicham
Mesbah, le seul médaillé olympique égyptien.
D’ailleurs, la mission des autres fédérations sera encore
beaucoup plus difficile. Mohamad Abdel-Aal, nouveau
président de la Fédération de lutte, a hérité d’un très
lourd fardeau. Ce sport a été la discipline phare de l’Egypte
avec un titre olympique en 2004 par Karam Gaber (96 kg) et
un titre mondial en 2006 par Mohamad Abdel-Fattah (84 kg).
Mais durant les dernières années, des brouilles ont entouré
ces lutteurs, qui voyaient que c’est par défaut
d’organisation au sein de l’ancienne fédération que ces
problèmes ont surgi. Le nouveau conseil d’administration
doit impérativement redonner à la discipline sa gloire
d’antan. Mohamad Abdel-Aal travaillera sur deux axes, le
premier sera une bonne préparation pour les deux meilleurs
lutteurs égyptiens et même les plus talentueux, Mohamad
Abdel-Fattah et Karam Gaber. Le second axe consistera dans
la formation d’une nouvelle génération de jeunes athlètes,
qui pourront donner un coup de pouce à la discipline. Et
pour concrétiser ce but, le nouveau président n’a pas perdu
de temps et a entamé son mandat en effectuant des visites
pour les 20 zones inscrites à la fédération, afin de
connaître leurs lacunes et surtout leurs besoins. « Je vise
à augmenter la base des pratiquants afin d’améliorer le
niveau de la discipline. Mais je veux également insuffler la
vie au sein de la fédération, en appliquant de nouveaux
systèmes d’administration », déclare Abdel-Aal.
Enjeux difficiles
Idem pour la Fédération d’haltérophilie, un héritage pesant
notamment avec la suspension des deux meilleures
haltérophiles, Nahla Ramadan (75 kg) et Esmat Mansour (69
kg). Seul espoir, le nouveau président Mahmoud Choukri a été
le président de cette fédération jusqu’en 2004. Durant cette
période, l’haltérophilie égyptienne a réalisé ses meilleures
performances avec un titre mondial obtenu par Nahla Ramadan
en 2003.
Le taekwondo égyptien qui a autrefois réalisé d’excellents
résultats a aussi connu un grand recul durant les dernières
années. Depuis la médaille de bronze obtenue par Tamer Salah
(56 kg) aux JO d’Athènes, cette discipline a connu plusieurs
retraits et n’a pu rééditer son exploit aux JO de Pékin
2008. Le nouveau président de cette fédération doit
reconstruire l’équipe nationale et son premier enjeu sera de
regrouper plusieurs athlètes dans la même catégorie.
Situation similaire pour la Fédération de boxe qui a échoué
à décrocher une médaille olympique à Pékin, résultat très
médiocre par rapport à celui réalisé aux JO d’Athènes,
lorsque la discipline avait obtenu 3 médailles olympiques,
dont une d’argent et deux de bronze. Elle souffre de lacunes
après le retrait des trois médaillés olympiques. Ainsi, la
nouvelle fédération doit concentrer son travail sur les
jeunes athlètes afin d’avoir des remplaçants ayant le même
niveau des titulaires.
Malgré les problèmes qui ont précédé les élections de la
Fédération de football, le résultat était sans surprise. Le
président de la fédération, Samir Zaher, et sa liste
électorale ont gagné à l’unanimité. Cette victoire sera pour
le bien du foot égyptien car c’est le même conseil
d’administration qui poursuivra le travail entamé. Ce
conseil a réalisé de bonnes performances avec en tête deux
titres de champion d’Afrique pour la sélection nationale.
Outre le développement de la fédération qui commence à avoir
ses propres sources de financement grâce au système de
marketing. Mais il n’a pas encore achevé ses missions, dont
la plus importante est la qualification de l’Egypte pour la
Coupe du monde 2010.
Bref, les nouveaux conseils d’administration ont beaucoup de
travail à faire afin d’atteindre leurs objectifs qui sont
des médailles olympiques en 2012, pour les fédérations
olympiques, et la Coupe du monde pour les autres. Mais sur
le long terme, le sport égyptien a besoin d’un changement
radical dans l’administration en appliquant les systèmes
internationaux, qui offrent aux athlètes un aspect
professionnel avec une bonne organisation et un plan qui
s’étend jusqu’en 2012.
Doaa
Badr