Al-Ahram Hebdo, Sports | Du pain sur la planche
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 décembre 2008, numéro 743

 

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Sports

Elections. De nouveaux conseils d’administration ont pris en charge les différentes fédérations égyptiennes. Leur mission n’est pas de tout repos. Ils sont appelés à améliorer le sport égyptien et à surmonter les défis. 

Du pain sur la planche 

Depuis 3 mois, les différentes fédérations égyptiennes étaient occupées par les élections pour la nouvelle période électorale, qui s’étend jusqu’en 2012. Mais, cette fois, un nouveau sang a été injecté au sein de ces dernières. De nouvelles figures ont  fait leur apparition, or la plupart des présidents ont été remplacés et pour cause : la suppression de l’exception qui a été amendée en 2004 au règlement, consistant à permettre aux membres des fédérations internationales d’éviter l’interdiction d’élire un président ayant passé 8 ans au poste. Ainsi, cette année, la candidature de tous les présidents qui ont passé 8 ans à la tête des fédérations a été rejetée. La décision prise par Hassan Saqr, président du Comité national du sport, il y a quelques mois, avait en fait gêné plusieurs présidents de fédérations. Hassan Moustapha, président de la Fédération du handball, avait refusé à plusieurs reprises d’effectuer les élections selon le nouveau règlement. Mais il a accepté de se conformer à la loi pour l’élection qui devra avoir lieu le 31 décembre.

En fait, tous les nouveaux conseils d’administration ont du pain sur la planche. Ils devront promouvoir le sport égyptien, toutes disciplines confondues. Lors des Jeux olympiques de Pékin 2008, l’Egypte n’a remporté qu’une seule médaille de bronze obtenue par le judoka Hicham Mesbah (90 kg). Essam Rachad, nouveau président de la fédération, doit élaborer un bon programme de préparation pour l’équipe nationale afin de continuer son élan. « Il faut apprendre de nos fautes. Les fédérations qui ont décroché des médailles olympiques à Athènes 2004 ont échoué à rééditer cet exploit à cause de la mauvaise planification », souligne Hicham Mesbah, le seul médaillé olympique égyptien.

D’ailleurs, la mission des autres fédérations sera encore beaucoup plus difficile. Mohamad Abdel-Aal, nouveau président de la Fédération de lutte, a hérité d’un très lourd fardeau. Ce sport a été la discipline phare de l’Egypte avec un titre olympique en 2004 par Karam Gaber (96 kg) et un titre mondial en 2006 par Mohamad Abdel-Fattah (84 kg). Mais durant les dernières années, des brouilles ont entouré ces lutteurs, qui voyaient que c’est par défaut d’organisation au sein de l’ancienne fédération que ces problèmes ont surgi. Le nouveau conseil d’administration doit impérativement redonner à la discipline sa gloire d’antan. Mohamad Abdel-Aal travaillera sur deux axes, le premier sera une bonne préparation pour les deux meilleurs lutteurs égyptiens et même les plus talentueux, Mohamad Abdel-Fattah et Karam Gaber. Le second axe consistera dans la formation d’une nouvelle génération de jeunes athlètes, qui pourront donner un coup de pouce à la discipline. Et pour concrétiser ce but, le nouveau président n’a pas perdu de temps et a entamé son mandat en effectuant des visites pour les 20 zones inscrites à la fédération, afin de connaître leurs lacunes et surtout leurs besoins. « Je vise à augmenter la base des pratiquants afin d’améliorer le niveau de la discipline. Mais je veux également insuffler la vie au sein de la fédération, en appliquant de nouveaux systèmes d’administration », déclare Abdel-Aal.

 

Enjeux difficiles

Idem pour la Fédération d’haltérophilie, un héritage pesant notamment avec la suspension des deux meilleures haltérophiles, Nahla Ramadan (75 kg) et Esmat Mansour (69 kg). Seul espoir, le nouveau président Mahmoud Choukri a été le président de cette fédération jusqu’en 2004. Durant cette période, l’haltérophilie égyptienne a réalisé ses meilleures performances avec un titre mondial obtenu par Nahla Ramadan en 2003.

Le taekwondo égyptien qui a autrefois réalisé d’excellents résultats a aussi connu un grand recul durant les dernières années. Depuis la médaille de bronze obtenue par Tamer Salah (56 kg) aux JO d’Athènes, cette discipline a connu plusieurs retraits et n’a pu rééditer son exploit aux JO de Pékin 2008. Le nouveau président de cette fédération doit reconstruire l’équipe nationale et son premier enjeu sera de regrouper plusieurs athlètes dans la même catégorie. Situation similaire pour la Fédération de boxe qui a échoué à décrocher une médaille olympique à Pékin, résultat très médiocre par rapport à celui réalisé aux JO d’Athènes, lorsque la discipline avait obtenu 3 médailles olympiques, dont une d’argent et deux de bronze. Elle souffre de lacunes après le retrait des trois médaillés olympiques. Ainsi, la nouvelle fédération doit concentrer son travail sur les jeunes athlètes afin d’avoir des remplaçants ayant le même niveau des titulaires.

Malgré les problèmes qui ont précédé les élections de la Fédération de football, le résultat était sans surprise. Le président de la fédération, Samir Zaher, et sa liste électorale ont gagné à l’unanimité. Cette victoire sera pour le bien du foot égyptien car c’est le même conseil d’administration qui poursuivra le travail entamé. Ce conseil a réalisé de bonnes performances avec en tête deux titres de champion d’Afrique pour la sélection nationale. Outre le développement de la fédération qui commence à avoir ses propres sources de financement grâce au système de marketing. Mais il n’a pas encore achevé ses missions, dont la plus importante est la qualification de l’Egypte pour la Coupe du monde 2010.

Bref, les nouveaux conseils d’administration ont beaucoup de travail à faire afin d’atteindre leurs objectifs qui sont des médailles olympiques en 2012, pour les fédérations olympiques, et la Coupe du monde pour les autres. Mais sur le long terme, le sport égyptien a besoin d’un changement radical dans l’administration en appliquant les systèmes internationaux, qui offrent aux athlètes un aspect professionnel avec une bonne organisation et un plan qui s’étend jusqu’en 2012.

Doaa Badr

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