Une rencontre originale avec Rahimi
Mohamed Salmawy
Les Arabes attendent l’invitation
Salama A. Salama
Démocratie, liberté, dialogue
Morsi Attalla
Double discours et souffrance
Hassan Abou-Taleb
Les tribus appelées en renfort
Après
les avoir ignorées, l’armée américaine a compris l’importance des tribus en
Iraq et dans plusieurs régions avec lesquelles elle a passé des accords qui
expliquent ses succès au cours des derniers mois. La carte tribale, avec des
alliances anti-insurrection conclues avec de puissants chefs locaux, est
désormais un atout majeur dans le jeu américain en Iraq et pourrait être
exportée ailleurs, comme en Afghanistan.
Cela a
commencé dans la province d’Al-Anbar, une région désertique à l’ouest de
Bagdad, où un cheikh, Abdel-Sattar Abou-Richa, lève à la fin de 2006 ses
guerriers contre les djihadistes islamistes, qu’il défait après huit mois de
combats. En janvier 2007, l’armée américaine nomme le capitaine Elliot Press,
de la 3e division d’Infanterie, « Tribal Engagement Officer ». Sa mission était
d’étudier les tribus, d’alimenter les rapports de renseignements et de
conseiller le commandement sur les affaires tribales. Au quartier général de
Bagdad, une équipe de spécialistes étudient sur cartographie la
complexe géographie tribale du pays. Désormais, dans les unités, les officiers
américains sont encouragés à développer et entretenir des liens avec les chefs
tribaux, même s’il ne s’agit pas d’une politique systématique et que cela varie
d’une base et d’un commandant à l’autre.
C’est
ainsi que l’armée américaine en Iraq a passé des accords informels de
cessez-le-feu avec des groupes d’insurgés sunnites, libéré des détenus après
avoir obtenu des garanties de bonne conduite des cheikhs et embauché les
milices tribales comme agents de sécurité. Désormais, dans de nombreuses
régions — la plupart sunnites mais aussi quelques chiites —, les guerriers
tribaux forment le noyau des Sahwa, ces milices qui ont mis les djihadistes en
déroute. Dans le même temps, l’armée iraqienne, appuyée par les soldats
américains, a frappé durement l’Armée du Mahdi, la puissante milice du leader
radical chiite Moqtada Sadr, notamment dans ses fiefs de Bassora (sud) et Sadr
City à Bagdad.
Cette
nouvelle approche tribale, combinée aux attaques contre les Sadristes, s’est
traduite par une baisse considérable de la violence et une accélération du
transfert des provinces aux forces iraqiennes, après des années sanglantes où
l’insurrection tenait le haut du pavé. Elles sont aujourd’hui 13 provinces, sur
un total de 18, à être aux mains des autorités iraqiennes. Dans ces régions,
les forces américaines sont désormais cantonnées dans leurs bases et
n’interviendront dans des opérations de sécurité qu’à la demande du gouverneur
de la province. Deux autres provinces devraient prochainement retourner dans le
giron du pouvoir iraqien. Il s’agit du gouvernorat de Kirkouk, une région
pétrolifère âprement disputée par les Kurdes, les Arabes et les Turcomans, et
de celui de Salaheddine qui fut longtemps un bastion de l’insurrection sunnite.
Il ne restera alors que trois provinces sous contrôle américain : Bagdad, et
les deux régions où les violences sont les plus fortes actuellement : Ninive
avec sa capitale Mossoul, et Diyala et son chef-lieu Baaqouba.