Démocratie, liberté, dialogue
Morsi Attalla
Dans
toute société, le dialogue ainsi que la liberté de la presse
sont la preuve de sa vitalité, de sa liberté et de sa foi en
la démocratie. En l’absence de dialogue, la peur vient
remplacer la sécurité et le langage de la soumission
s’impose. La liberté signifie le droit d’exprimer son avis,
c’est-à-dire un argument face à un argument, une logique
face à une logique et non le droit d’adresser des
accusations sans fondement. Le dialogue n’est pas un
objectif en soi. Il représente plutôt le meilleur moyen de
renforcer le sentiment d’appartenance d’une part et la
confiance en la capacité de la société d’engendrer un avenir
meilleur selon des objectifs raisonnables et déterminés
d’autre part.
Avant d’engager un dialogue autour d’un certain sujet, il
est indispensable de se mettre d’accord sur le fait que
l’intérêt de l’individu doit passer avant tout autre intérêt
soit-il économique ou social. Le véritable dialogue social
qui garantit le lien entre les générations et l’interaction
des idées est l’un des principaux éléments de la démocratie.
Cependant, il ne pourra atteindre ses visées que si on lui
assure une certaine protection contre la tutelle des
autoritaires et les perversités des enchérisseurs. Les
détails et les mécanismes du dialogue peuvent varier selon
la nature, les conjonctures et la culture de chaque société,
mais le point le plus important demeure la nécessité de bien
préparer le dialogue, c’est-à-dire prendre en considération
les dimensions juridiques, sociales et économiques de toute
question soumise à la table du dialogue. Ce afin de
permettre à toutes les tendances de s’exprimer en toute
liberté.
En Egypte, il existe un bon nombre de questions importantes
autour desquelles il est indispensable d’engager un dialogue
social transparent et intègre, avec en tête la gestion des
actifs et des propriétés de l’Etat.
La liberté de la presse est l’une des conséquences de
l’ouverture démocratique. Si cette liberté est parfois
utilisée comme outil de diffamation, nous devons en assumer
le prix, car nous ne pouvons revenir aux ères des sociétés
fermées. Il incombe au Conseil suprême de la presse et au
syndicat des Journalistes d’assumer le rôle de la protection
de la presse et du droit de la société d’accéder à la
réalité.
La guerre contre la corruption est l’un des principaux
traits du pouvoir en Egypte. Il est certain que tous les cas
de corruption n’ont pas été dévoilés. Cependant, on peut se
permettre de prétendre que tous les cas de corruption, de
déviation, ou d’abus de pouvoir qui ont été dévoilés ont été
pris au sérieux par l’Etat et les autorités. Les auteurs ont
été punis quels que soient leur identité et leur statut
social. C’est pour cela que nous devons sauvegarder la
liberté de la presse qui constitue le facteur essentiel dans
le dévoilement des cas de corruption.