Au fil des pages
Arab
Women
Writers, A Critical
Reference Guide (femmes arabes
écrivaines, guide critique), sous la direction de
Radwa
Achour, Ferial
Ghazoul et
Hasna Reda-Mekdashi, AUC
Press, 2008.
Cet ouvrage encyclopédique a d’abord été publié en arabe en
2004. Il se penche sur l’œuvre des femmes écrivaines
pionnières, et retrace son développement jusqu’à la fin du
XXe siècle. La première partie de cet ouvrage propose neuf
essais qui analysent l’origine et l’évolution des œuvres des
femmes dans chaque pays du monde arabe (roman, poésie,
théâtre, autobiographie). La seconde propose des entrées
bibliographiques pour 1 200 écrivaines femmes arabes, à
partir du dernier tiers du XIXe siècle jusqu’à 1999. Chaque
entrée contient une courte biographie et une bibliographie
des œuvres de l’auteur. Un ouvrage indispensable pour tous
ceux qui veulent approfondir leur connaissance de la
littérature arabe.
Avec des contributions de Emad Abu-Ghazi, Radwa Ashour,
Mohammad Berrada, Ferial J. Ghazoul, Subhi Hadidi, Haydar
Ibrahim, Yumna Al-Id, Suad Al-Mani, Iman Al-Qadi, Amina
Rachid, Huda Al-Sadda et Hatim Al-Sakr.
Mohammad Muwaylihi, Trois Egyptiens à Paris, traduit de
l’arabe par Randa Sabry,
Collection Le Simoun.
Ce que nous conta Issa Ibn Hicham, chronique satirique d’une
Egypte fin de siècle par Muwaylihi, avait déjà été traduit
par Randa Sabry. La traductrice a décidé de rendre
accessible au lecteur francophone la suite de l’œuvre de
Muwaylihi, qu’elle présente ainsi : 1900 : L’Exposition
universelle de Paris bat son plein. Parmi la foule des
visiteurs, un écrivain égyptien, Mohammad Al-Muwaylihi,
francophone, fin lettré, tout acquis aux idées des
réformistes de la renaissance arabe. Venu déjà comme exilé à
Paris vers 1884, il y débarque 16 ans plus tard et se livre
à un curieux déchiffrage des mythes modernes que diffuse
avec exubérance l’espace fantasmagorique de l’Exposition.
Mais au lieu de produire une simple relation de voyage,
l’auteur préfère très habilement projeter à Paris trois amis
inséparables, sortis tout droit de son précédent roman. Ils
échangent leurs impressions à propos de tous les spectacles
qui s’offrent à eux dans la ville lumière, d’où un
témoignage très vivant et contrasté qui ressuscite pour nous
l’Exposition universelle et ses mirages, à travers le prisme
de trois regards égyptiens. En
plaçant au milieu de ce trio de touristes un orientaliste
français, anticolonialiste et philosophe, Muwaylihi nous
propose, bien au-delà d’un récit mêlant document et fiction,
un texte placé sous le signe de la controverse comme de la
causerie amicale, un texte qui trouve toute sa place dans
l’histoire du dialogue entre Orient et Occident.
Confessions d’une religieuse, Flammarion, 2008
J’ai 100 ans et je voudrais vous dire … Interview avec J.
Duquesne
et
A. Cayrol, Plon, 2008.
C’est ainsi qu’elle l’avait souhaité, que ses livres
paraissent après sa mort, comme un ultime témoignage de sa
vie, comme un dernier adieu pour que son œuvre ne s’arrête
pas avec elle. D’une part, une longue interview donnée à
deux journalistes, de l’autre, Confessions d’une religieuse
qu’elle écrivit seule sur sa vieille machine à écrire.
Partout le même ton simple et sincère, la même joie de vivre
et de se sentir partir après avoir accompli sa vie du mieux
qu’elle put. Sœur Emmanuelle raconte son arrivée au Moqattam,
sans un sou en poche, les premiers jeux qu’elle organisa
pour les enfants, les difficultés qu’elle surmonta, mais
aussi ses échecs et ses pensées profondes. Ce sont deux
livres de plénitude, sans orgueil ou vanité, sans haine ou
regrets, mais chargés d’amour, de gentillesse, d’humilité et
de naturel.