Musique.
Dans le cadre du grand projet national pour la conservation
du patrimoine de la musique arabe et en collaboration avec
la Bibliotheca
Alexandrina,
Dar
Al-Chorouq vient de publier le premier livre
documentaire retraçant l’histoire et les œuvres d’Oum
Kalsoum.
Rayonnante Oum
Kalsoum
La « Dame », la « Voix des Arabes », l’« Astre de l’Orient
», « Rossignol d’Egypte », la « Diva de l’Orient », autant
de vocables qui s’attachent à la personne d’Oum
Kalsoum, dont le chant a rayonné
sur le monde arabe et au-delà, tout au long du XXe siècle.
Encyclopédie des grands de la musique arabe, Tome I,
Oum Kalsoum
a été préparée par deux musicologues, à savoir Isis
Fathallah et Mahmoud
Kamel. Ce livre, exceptionnel
par son contenu, est le premier d’une série portant sur tous
les grands de la musique arabe. Il s’agit d’un travail
gigantesque, premier du genre, au niveau documentaire.
Ce livre est divisé en quatre parties : la première retrace
les débuts d’Oum
Kalsoum (son enfance et les
débuts de son entrée dans la musique), la deuxième est une
liste des chansons d’Oum
Kalsoum, avant un tableau très
détaillé de l’ensemble de ses œuvres (noms des chansons,
compositeurs, paroles, sources et années). La quatrième et
dernière partie du livre est relative aux textes des œuvres
d’Oum
Kalsoum.
Ce livre a la particularité de nous montrer comment
Oum Kalsoum
a pu non seulement s’adapter aux différents courants
poétiques et musicaux, mais aussi les faire évoluer à sa
façon. Elle a en quelque sorte fait une «
kalsomisation » des paroles et
de la musique, en commençant par le pionnier, le cheikh
Aboul-Ela Mohamad, passant par
Mohamad Al-Qasabgui, cheikh
Zakariya Ahmad et Riyad
Al-Sonbati, pour finir avec de
jeunes compositeurs comme Mohamad
Al-Mougi, Sayed
Mekkawi et
Baligh Hamdi.
Très jeune, la petite fille Oum Kalsoum, de son vrai nom
Fatma Ibrahim Al-Sayed Al-Beltagui, a montré des talents de
chanteuse exceptionnelle. A 16 ans, elle est remarquée par
un chanteur alors très célèbre, le cheikh Aboul-Ela Mohamad,
et par un joueur de luth, Zakariya Ahmad.
Très vite, une rencontre a été déterminante dans la vie d’Oum
Kalsoum. Celle d’Ahmad Rami, un poète qui lui écrira 150
chansons et l’initiera à la littérature française, qu’il a
étudiée à la Sorbonne.
Ce livre documentaire nous dévoile l’intelligence d’Oum
Kalsoum à vouloir diversifier les sources de sa créativité.
Oum Kalsoum ne s’est pas contentée des poètes égyptiens,
mais elle a aussi chanté pour des poètes arabes, dont le
Libanais Georges Jerdaq, le Soudanais Al-Hadi Adam et
également le Pakistanais Mohamad Iqbal, qui lui a écrit un
de ses chefs-d’œuvre Hadith al-roh (les propos de l’âme).
Dans ce livre très riche en chiffres, informations et même
en notes musicales, on apprend par exemple qu’Oum Kalsoum a
composé trois chansons dont les paroles sont d’Ahmad Rami,
une première fois en 1928, un monologue en 1936 et une
troisième fois dont la date reste inconnue.
Musique, textes et surtout la voix provoquent chez le public
d’Oum Kalsoum le plaisir du tarab : ce plaisir qui confine à
l’extase lorsque chaque note, chaque mot, chaque intonation
est goûté par le public, surtout lorsque ses récitals se
prolongent de longues heures.
Le rôle d’Oum Kalsoum ne se limite pas à faire écouter de la
belle musique à ses auditeurs, provoquant joie et plaisir
dans leurs cœurs, mais il s’agissait surtout de raffiner le
goût du public. Cette série de l’Encyclopédie des grands de
la musique arabe sera l’occasion pour les générations
futures d’une meilleure relecture de notre patrimoine
musical.
La voix d’Oum Kalsoum était l’expression réelle et sincère
de l’amour et de son appartenance à son pays.
Cette
voix
résonnera toujours
dans
l’esprit des mélomanes.
Hoda
Ghali