Initiative. Pour
sensibiliser aux objectifs du millénaire des Nations-Unies, et en coopération
avec la société civile, le secteur privé ainsi que le gouvernement égyptien, la
campagne Sailing the Nile est organisée de la Haute-Egypte au Caire.
Voiles déployées pour le développement
Sailing
the Nile (naviguer sur le Nil). C’est le nom de la campagne en cours organisée
pour la troisième année consécutive par le Conseil national de l’enfance et de
la maternité, l’Association des jeunes pour l’habitation et pour le
développement, et douze différents organes des Nations-Unies en Egypte : le
Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), l’Organisation pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation internationale du travail
(ILO), l’Organisation des volontaires des Nations-Unies, entre autres. Ainsi
que et le secteur privé et des Organisations Non Gouvernementales (ONG).
Il
s’agit d’une campagne pour sensibiliser la population et encourager la
participation à l’action volontaire afin de réaliser les objectifs du
millénaire en 2015 et qui portent sur la mise en place du développement
durable, les aspects de l’environnement, la lutte contre la pauvreté, la faim
et les maladies, et l’accomplissement d’un partenariat international pour le
développement en général.
Les
gouvernorats concernés par cette campagne sont ceux de Louqsor, Assouan, Qéna,
Sohag, Assiout, Minya, Béni-Souef, Le Caire, et cette année Alexandrie a été
incluse pour accueillir l’inauguration qui a eu lieu le 18 octobre 2008. La
campagne a commencé à Assouan le 21 octobre et se poursuit jusqu’au 13 décembre
2008, date de la clôture au Caire. Il est question de tenir des activités et
ateliers sur toutes les questions selon les besoins de chaque gouvernorat. Les
questions de l’environnement figurent parmi les problèmes dont souffrent
certains gouvernorats comme Sohag, Assiout et Béni-Souef. « Dans le cadre de
cette campagne, un camp a été organisé dans le gouvernorat de Sohag concernant
le recyclage des déchets agricoles en coopération avec la FAO. Les responsables
ont expliqué ce que veut dire ce genre de déchets, comment les habitants
peuvent en tirer profit en les utilisant comme engrais organique après les
avoir mélangés à certaines matières chimiques conformes aux normes écologiques
», indique Ossama Abou-Zeid, coordinateur de terrain pour le projet dans la
Haute-Egypte. Selon lui, ces ateliers ont porté leurs fruits, puisque des
agriculteurs d’autres gouvernorats ont soumis des demandes à la FAO pour
organiser de tels ateliers dans leurs gouvernorats. A Minya, la question de
l’eau potable s’est imposée. Des ateliers ont été effectués pour rationaliser
l’utilisation de l’eau et sensibiliser les habitants à l’eau potable. Le
nettoyage des rues et l’arborisation étaient présents dans les autres
gouvernorats jouxtant le Nil. Les activités dans les gouvernorats ont été
préparées par les ONG qui s’y trouvent. Elles se sont chargées également de
l’invocation de la société locale en diffusant les programmes dans les écoles
pour que les jeunes y participent.
« Nous avons posé la première pierre »
Le Nil
dans cette campagne n’est autre que la route empruntée par les organisateurs
pour atteindre les différents gouvernorats. « Quand on a commencé en 2006, il
ne s’agissait que des gouvernorats du Saïd parce qu’ils sont les plus pauvres
en Egypte, et les habitants là-bas souffraient de la négligence par rapport aux
grands gouvernorats. Cette année, on a ajouté le gouvernorat d’Alexandrie afin
d’élargir le partenariat. Nous avons insisté aussi à ce que les hameaux et les
toutes petites communes relevant des gouvernorats soient concernés par la
campagne. Il est question pour nous d’encourager l’action volontaire, civile et
notamment du secteur privé afin que tous ces acteurs coopèrent avec le côté
gouvernemental pour résoudre les problèmes dont souffre la société de chaque
gouvernorat », explique Radwa Gado, directrice nationale de la campagne. Et
d’ajouter : « Deux ans après ce projet de campagne, nous avons remarqué
l’augmentation du nombre de jeunes, de femmes et d’ONG qui participent à notre
campagne. La sensibilisation est diffusée sur tous les plans dans les
gouvernorats concernés et tous les petits villages qui en relèvent. Nous avons
posé la première pierre, le gouvernorat et la société locale en coopération
avec les ONG et le secteur privé, autrement dit les acteurs du processus du
développement doivent poursuivre le travail. Le plus important est que chaque
gouvernorat tente de profiter de l’expérience des autres et de l’appliquer ».
Le Nil, seul moyen de rassembler les
habitants
Pour
attirer l’attention des habitants dans les gouvernorats concernés, les
responsables ont eu l’idée de louer deux bateaux avec une voile originale de
couleur jaune sur laquelle sont mentionnés les différents objectifs du
millénaire. Ces bateaux font escale dans les gouvernorats concernés et, selon
le calendrier, ils passent quelques jours à effectuer des ateliers et des
activités avec les habitants. « Symbole de la civilisation, du développement et
de la vie chez les Egyptiens, le Nil pour nous était le seul moyen de
rassembler les habitants de chaque gouvernorat sur la longue route de notre
campagne. Dès notre arrivée sur les rives, les gens commencent à poser des
questions et bien sûr avec les efforts déployés par les ONG et le secteur
privé, la campagne a pu attirer beaucoup de jeunes, d’étudiants et de femmes
qui ont participé à tous les programmes consacrés au sujet de l’environnement,
de la santé, de l’enseignement et de la société », assure Imane Gamaleddine,
directrice de la documentation de la campagne.
L’Egypte
vise à réaliser le minimum du développement dans la lutte contre la pauvreté et
la faim, le progrès sur le plan de l’égalité des chances, l’enseignement
fondamental, la santé et le développement durable. Ces objectifs ne peuvent
être réalisés qu’avec la coopération de la société civile et le secteur privé. «
Le changement dans nos gouvernorats, dans notre société est le grand exploit
que nous visons pour atteindre le minimum de ces objectifs », conclut Gado.
Le 13
décembre, date de la fin de la campagne Sailing the Nile s’achèvera au Caire
avec des spectacles destinés aux enfants, des ateliers et des colloques sur le
développement durable et les problèmes de l’enseignement.
Racha Hanafi
En bref
Conférence
Le ministre égyptien des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation et président du Conseil arabe de l’eau, Mahmoud Abou-Zeid, a participé à la 3e Conférence internationale de ressources en eau et de l’environnement Aride 2008 et au 1er Forum arabe sur l’eau, ainsi que leurs expositions qui ont été inaugurées à Riyad sous les auspices du roi Abdallah d’Arabie saoudite. La conférence, tenue du 16 au 19 novembre, a porté sur trois sessions. La première consacrée à la politique arabe de l’eau, la deuxième à la gestion des ressources hydrauliques et la troisième au processus régional du 5e Forum mondial de l’eau qui sera tenu à Istanbul en mars 2009. Plus de 400 délégués étaient présents aussi bien qu’un certain nombre d’experts et représentants d’institutions gouvernementales du Japon, de la Corée du Nord, du Vietnam, de la Suisse, de l’Italie, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et des organisations internationales comme le Fonds international pour développement agricole (IFAD).
Changement climatique
L’Afrique et l’Union européenne rêvent de s’unir à 53 pays plus 27 pour être groupés en un front uni, à la négociation décisive de Copenhague en décembre 2009 sur le changement climatique. Le continent africain, réuni la semaine dernière à Alger (43 pays dont une trentaine de ministres), vient de se doter d’une déclaration commune sur le climat, mettant notamment en avant ses besoins de financement, la reconnaissance du phénomène de migrants climatiques et l’importance des forêts africaines dont celles du bassin du Congo dans la lutte contre l’effet de serre. En décembre 2009, la communauté internationale doit avoir finalisé le nouvel accord climatique qui prendra la relève du Protocole de Kyoto dont les premiers engagements expirent fin 2012. L’Afrique demande qu’y figure en bonne place la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, qui comptent pour 20 % des émissions mondiales.
Thon
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) a fixé la semaine dernière à Marrakech à 22 000 tonnes les prises de thons rouges en 2009, une décision qualifiée de « honte » par l’Organisation mondiale de protection de l’environnement. Le quota pour les prises de thons rouges en 2008 était de 28 500 tonnes. Selon l’instance internationale, l’Union européenne a inspiré la décision prise par l’ICCAT, avec le soutien du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Egypte, de la Syrie et du Japon. Ce dernier avait dans un premier temps décidé de suivre les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Norvège, l’Islande et le Brésil, favorables à un quota de 15 000 tonnes par an, limite haute des recommandations des scientifiques de l’ICCAT.
Cette 16e réunion extraordinaire de l’ICCAT, qui regroupe 46 pays membres, avait pour objectif d’évaluer la menace que la surpêche fait peser sur le thon rouge dans le bassin méditerranéen et d’envisager des mesures pour le protéger. Les organisations écologistes et certains pays sont favorables à un moratoire pur et simple.