Santé.
Une nouvelle ligne téléphonique d’assistance vient d’être
créée par l’Association égyptienne pour les diabétiques, en
coopération avec le ministère de la Santé, et sous les
auspices de la Fédération internationale de lutte contre le
diabète.
Diabétiques, renseignez-vous
«
Sokkar
mazbout » ou sucre bien réglé est le nom de la
nouvelle ligne téléphonique 16 363, grâce à laquelle les
malades du diabète peuvent obtenir les informations
nécessaires sur cette maladie, ses symptômes et les bonnes
habitudes à prendre par les patients. Cette ligne a été
lancée le 17 novembre, à l’occasion de la célébration de la
Journée mondiale du diabète qui a eu lieu au Palais des
congrès de Madinet
Nasr, au Caire, durant laquelle
des brochures ont été distribuées avec des informations
importantes sur la maladie. Objectif de la ligne : aider les
diabétiques à vivre avec cette maladie, surtout qu’elle
s’est propagée ces dernières années en Egypte, avec comme
explication donnée les mauvaises habitudes alimentaires, les
pressions sociales, et la non-pratique
d’activités physiques. Selon le rapport de l’Union Mondiale
du Diabète (UMD), 4,4 millions d’Egyptiens sont diabétiques.
Ce chiffre place l’Egypte parmi les dix pays les plus
touchés par cette maladie dans le monde. Plus alarmant
encore est le taux de progression de la maladie, qui se
situe selon l’UMD à environ 5 %
par an. Et la maladie touche un grand nombre de jeunes et
d’enfants. Selon Mme Brigitte Lefebvre, de l’Association
égyptienne pour les diabétiques, cette ligne a également un
objectif de sensibilisation. « La progression de la maladie
en Egypte est due à l’absence quasi totale de
sensibilisation. Depuis les années 1970, des efforts ont été
régulièrement consentis par le secteur de la santé et les
ONG pour combattre des maladies comme la bilharziose et la
poliomyélite, mais aucune attention n’a été accordée au
diabète. Or, les facteurs de risques de cette maladie, comme
le tabagisme ou l’obésité, sont très répandus dans la
société », explique-t-elle. La mise en place de cette ligne
téléphonique s’inscrit dans le cadre d’une campagne de lutte
contre le diabète, commencée en 2005, en coopération avec
trois instances, à savoir le ministère de la Santé,
l’Association égyptienne pour les diabétiques (ONG) et la
Fédération internationale de lutte contre le diabète. Les
pressions sociales, les mauvaises habitudes alimentaires et
la non-pratique d’activités
physiques en sont parmi les principales causes. La première
étape de cette campagne consiste à établir une sorte de
cartographie de la maladie au niveau national. Il s’agit de
savoir quelles sont les catégories de la population les plus
touchées et d’étudier les facteurs
de risque à chaque catégorie. Cette cartographie devrait
permettre de mieux agir face au diabète. Dans le cadre de la
campagne, des convois médicaux se rendent dans tous les
gouvernorats d’Egypte, afin de sensibiliser les citoyens. «
Ces convois se sont déjà rendus à 3 gouvernorats. Chaque
convoi comprend 4 cliniques pour le diagnostic du diabète et
ses complications », explique le Dr Ibrahim
Al-Ibrachi, directeur de
l’Institut du diabète, spécialisé dans le traitement de la
maladie auprès du ministère de la Santé. Il ajoute que parmi
le plan avenir de la campagne figure la création de
plusieurs centres pour le traitement de la maladie. « Avec
ses 4,4 millions de diabétiques, l’Egypte ne dispose que
d’un seul centre de soins spécialisé en diabète, qui est
l’Institut du diabète au Caire ».
Marianne Youssef