Al-Ahram Hebdo, Dossier | Hussein El Chehrestani, « Les spéculateurs ne conduisent plus le marché à la hausse »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 décembre 2008, numéro 743

 

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Dossier

OPEP. Le ministre du Pétrole iraqien, Hussein El Chehrestani, présent à la réunion de l’Opep au Caire samedi dernier, explique pourquoi le cartel estime les prix actuels trop bas.  

« Les spéculateurs ne conduisent plus le marché à la hausse » 

Al-Ahram Hebdo : Comment interprétez-vous la baisse actuelle des cours du brut ?

Hussein El Chehrestani : Je pense que les industriels passent par une crise profonde. Il s’agit d’une récession économique, et en plus de cela, le marché souffre actuellement d’un surplus de l’offre.

— A combien estimez-vous ce surplus ?

— Le secrétariat général de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole fait actuellement ses calculs, et nous annoncerons les chiffres exacts à Oran en Algérie, le 17 décembre, date à laquelle se tiendra notre prochaine réunion extraordinaire. Mais il existe déjà des preuves de cela : certains pays exportateurs ne trouvent par exemple plus d’acheteurs sur le marché instantané.

— Mais quand les prix étaient très hauts, vous avez parlé aussi d’un surplus de l’offre, et en mai dernier, vous avez blâmé les spéculateurs. L’Opep n’est-elle jamais en tort ?

— A l’heure actuelle, les spéculateurs ne conduisent plus le marché à la hausse, car il y a un sentiment prévalent de la crise économique. Et, ce sentiment est appuyé par un manque énorme de demande sur le brut, à cause de la baisse de l’activité économique. Il suffit de mentionner que la demande des Etats-Unis sur le brut a baissé de 1,2 million de barils par jour (mbj), pendant le troisième trimestre. C’est le premier consommateur mondial, et il représente à lui seul la moitié de la demande mondiale.

— Pourquoi estimez-vous qu’en dessous de 50 dollars, comme en ce moment, le prix du baril est trop bas ?

— Un prix raisonnable est certainement au-delà de 45 dollars. Ce prix ne traduit pas la valeur du brut, ni ne procure assez de revenus pour les pays producteurs, ce qui entraînerait un manque dans les investissements indispensables à l’industrie. Pour l’Iraq, ce prix est trop bas, il ne lui permet pas de poursuivre son plan de restructuration massive. Vous savez, la semaine dernière, le gouvernement iraqien a dû revoir à la baisse son budget, en raison de la baisse de moitié des cours pétroliers. C’est pourquoi l’Iraq a opté pour une baisse de production, qui soit annoncée au Caire, au lieu d’attendre encore deux semaines. Mais les décisions sont prises par consensus au sein de l’Opep. Nous respectons cela. D’autant plus que la baisse de la production ne va pas nous toucher directement.

— Et pourquoi pas ?

— Car l’Iraq est exempté du système des quotas, qui indique à chaque pays membre la quantité qu’il doit produire. Cela est pour permettre à l’Iraq d’accroître sa production, pour combler les dépenses indispensables à la reconstruction. L’Iraq produit actuellement 2,1 mbj.

Propos recueillis par Marwa Hussein
et Salma Hussein

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Domination saoudienne 

La production des pays membres de l’Opep a atteint 32,4 millions de baril/jour en septembre 2008. Ce chiffre représente environ 40 % de la production mondiale. L’Arabie saoudite, à elle seule, produit un cinquième de l’ensemble de la production du cartel. Ce dernier renferme 12 pays : Arabie saoudite, Iran, Emirats arabes unis, Koweït, Venezuela, Iraq, Nigeria, Angola, Libye, Algérie, Qatar et Equateur.

 




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