Al-Ahram Hebdo, Dossier | Consensus et message indirect 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 décembre 2008, numéro 743

 

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Dossier

OPEP. Lors de la réunion consultative tenue au Caire le 29 novembre, l’organisation a demandé une hausse de 35 % des prix du baril, sans préciser l’ampleur de la baisse de production. 

Consensus et message indirect  

Parler de prix plus haut n’implique-t-il pas une production moins importante ? Si l’Opep a reporté de deux semaines l’annonce de la baisse exacte de la production de brut, elle n’a pas raté l’occasion de la réunion de consultation au Caire, le 29 novembre, pour annoncer qu’elle opte pour une augmentation des prix de 35 %. Le signal le plus fort a été transmis par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, premier producteur mondial, quand il a déclaré à un journal koweïtien, le jour même de la réunion, qu’il favorisait un prix à 70 dollars le baril, contre quelque 45 dollars actuellement.

Pour augmenter le prix de 25 dollars, la baisse devra être de grande ampleur. Surtout que la demande sur le brut, pendant le 3e trimestre 2008, a beaucoup fléchi pour cause de récession mondiale. Le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, a estimé dimanche que le marché pétrolier mondial souffrait d’un excédent de l’offre de deux millions de barils par jour. « Il y a un excédent de deux millions de barils par jour sur le marché et nous cherchons à créer un équilibre entre l’offre et la demande », a-t-il dit à la presse à l’occasion d’un forum sur le pétrole et le gaz à Téhéran.

Ainsi, d’ici le 17 décembre, le secrétariat général du Cartel observera le marché et étudiera l’impact des précédentes baisses de quotas, lors de leur réunion exceptionnelle qui aura lieu à Oran (Algérie).

Qu’y aura-t-il de neuf d’ici deux semaines ? L’Opep, qui représente 40 % de la production mondiale de brut, fait entendre la voix de prudence. Ainsi, pour ne pas créer de désaccord dans un moment si critique, les pays connus par leurs positions radicales ont atteint un compromis avec l’Arabie saoudite et les autres pays du Golfe, grands fournisseurs de brut aux Etats-Unis. « Notre opinion est celle de l’Opep », a annoncé lors d’une conférence de presse, Rafael Ramirez, ministre vénézuélien du Pétrole, à la fin de la réunion exceptionnelle. Par ailleurs, l’effet de l’hiver, qui commence à se ressentir, peut à lui seul freiner la baisse des cours. La « wait and see » attitude s’explique aussi par le fait que le Cartel a décidé, le 24 octobre, une réduction de sa production de 1,5 million de barils par jour (mbj), entrée en vigueur le 1er novembre. Un mois auparavant, l’organisation avait appelé ses membres à ne pas dépasser leurs quotas, ce qui équivalait à une baisse de production de 500 000 barils par jour. Ces décisions qui ont réduit de 7 % la production de l’Opep n’ont cependant pas eu l’effet souhaité sur les prix qui ont continué de baisser.

 

Investissements menacés

En quatre mois, le prix du panier de l’Opep qui indique le prix moyen des produits des 12 pays membres a chuté à moins de 50 dollars le baril, contre un niveau record de quelque 140 dollars en juillet dernier. Une chute qui ne plaît à aucun des membres. Même pas au plus grand producteur mondial, dont les coûts de productions sont les plus bas au monde. Le roi Abdallah de l’Arabie saoudite, souverain du premier producteur mondial du brut, a déclaré samedi, dans une interview au quotidien koweïtien Al-Sieyassah, que 70 dollars le baril serait un prix « équitable ». Pour le Qatar également, un plancher à 70 dollars est « nécessaire », a déclaré son ministre du Pétrole, Abdallah Al-Attiyah, sans quoi « il y aura peut-être une pénurie (de pétrole) quand la demande repartira ». L’Iran et l’Iraq, deux économies qui dépendent lourdement des revenus pétroliers, ont dû revoir à la baisse leurs dépenses publiques pour l’année prochaine suite à la chute des prix. Certaines multinationales comme Total ont averti qu’un baril inférieur à 70 dollars sera non profitable. De plus, les nouveaux investissements dans le domaine, comme la construction de nouvelles raffineries, sont menacés d’être suspendus si les prix ne se redressent pas. Ainsi, pour aboutir à ce prix, il faut inviter d’autres producteurs à prendre des mesures parallèles à celles de l’Opep. La Russie est le plus grand producteur hors Opep. Son ministre du Pétrole, Sergei Shmatko, a indiqué que son pays pourrait également baisser la production, pour soutenir l’Opep à redresser les prix.

 

Baisse trop faible

La réunion du Caire a abordé l’ampleur d’une réduction des quotas de production en décembre, la baisse étant un sujet de consensus. L’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole, dont l’Egypte a accueilli la réunion exécutive, le même jour, a appelé à une baisse de 1,5 million de barils par jour. Mais cette baisse est trop faible pour produire seule l’impact souhaité. Hussein Abdallah, expert pétrolier, estime que quelle que soit la baisse qui sera annoncée, elle ne pourra pas réaliser la hausse des prix souhaitée. « Il y a des positions politiques qui s’imposent à chacun des pays. Si l’Iran propose une baisse de 3 millions de barils par jour, le Koweït en proposera 500 000, et un compromis sera ainsi atteint », explique-t-il. Ainsi pour lui, « les 1,5 mbj ne feront pas augmenter les prix, surtout si la spéculation renchérit la tendance à la baisse des prix ».

Les prix n’atteindront pas 70 dollars en deux semaines. Sauf si les grands producteurs hors Opep, comme la Russie, le Mexique et la Norvège sacrifient eux aussi une partie de leur production. Il faut attendre encore deux semaines avant que plus d’informations ne soient dévoilées à Oran.

Marwa Hussein
Salma Hussein

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Entente pour une étude

La réunion consultative de l’Opep s’est tenue en marge de la 81e réunion de l’Oapep (Organisation des pays arabes exportateurs du pétrole), qui a eu lieu samedi 29 novembre au Caire. Les onze membres se sont accordés, à l’initiative du ministre égyptien du Pétrole Sameh Fahmi, sur la nécessité de préparer une étude globale sur les répercussions de la crise financière mondiale sur l’industrie arabe du pétrole et du gaz et de pétrochimie. Sameh Fahmi sera le président de l’organisation au cours de la prochaine période qui commencera en janvier 2009. Les pays de l’Oapep ont produit en 2006 environ 30 % de la production  mondiale de pétrole et leurs réserves dépassent les 56 % des réserves mondiales selon les chiffres de l’organisation.

 




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