Football.
Les rideaux sont tombés samedi sur les matchs aller du
championnat. Bilan d’un premier tour qui a vu l’émergence de
nouveaux talents en l’absence des puissances
traditionnelles.
Petrojet, champion d’hiver
Le
premier tour du championnat national s’est achevé samedi
avec les rencontres de la 15e journée, dont les résultats
étaient assez classiques sans grandes surprises.
Mais Petrojet a pu faire l’exception. Cette équipe, qui a
récemment accédé à la première division il y a trois
saisons, est la grande révélation du championnat national en
terminant le premier tour à la première place avec 30
points. C’est vrai qu’Ahli (20 points), tenant du titre de
la compétition, compte encore 5 rencontres en retard et
pourrait en cas de victoire détrôner Petrojet, mais l’équipe
de Mokhtar Mokhtar a attiré l’attention de tous les
observateurs par sa grande performance et son jeu offensif
moderne. Le milieu de l’équipe Walid Soliman a surpris tout
le monde. Ahmad Chaabane, milieu défensif international de
l’équipe, est plébiscité parmi les meilleurs milieux en
Egypte. Idem pour Ossama Mohamad, latéral gauche, qui est
visé par Ahli et Zamalek qui souhaitent l’avoir au sein de
leur équipe avec ses coéquipiers Solimane et Chaabane. Mais
la direction du club, qui pense que l’équipe est capable de
rivaliser pour le titre de cette saison, a rejeté toutes les
offres, afin de conserver l’ossature de l’équipe qui aura un
grand avenir.
« On a réalisé un excellent parcours lors des matchs allers
et notre position à la tête du classement en est témoin. Ce
grand succès nous stimulera pour continuer sur la même
lancée lors du second tour, surtout qu’on a bien retenu la
leçon de la saison dernière », explique Mokhtar Mokhtar,
directeur technique de Petrojet. Ce dernier fait allusion à
la mauvaise expérience de l’équipe lors de la saison
dernière qui a bien entamé la compétition, mais sa
performance a baissé à partir du second tour. Elle a
dégringolé vers la 7e place au classement.
Mokhtar et ses hommes doivent bien se méfier du cauchemar de
la saison dernière, car l’équipe a mal achevé le premier en
concédant deux nuls sur un score identique (1-1)
respectivement contre Tersana, le dernier au classement, et
contre Enppi.
Ce dernier a réalisé un grand succès lors du premier tour en
terminant à la troisième place avec 26 points. En effet,
l’expérience d’Enppi est un modèle à suivre.
Depuis la saison dernière, la direction d’Enppi a décidé
d’investir le grand succès de son secteur juniors, qui a
remporté la majorité des titres des compétitions de jeunes
lors des deux dernières saisons, en formant une nouvelle
équipe composée dans sa grande majorité par ces jeunes
joueurs talentueux, à l’instar d’Ahmad Al-Mohamadi, Islam
Awad, Alaa Issa, Abdel-Aziz Tewfiq et autres. Ces joueurs
ont fait preuve d’une excellente performance sous les
commandes de leur excellent directeur technique, Anwar
Salama, qui a fait un bon travail avec l’équipe. Mais reste
que l’équipe souffre d’une lacune au niveau du poste de
gardien de but. Le gardien Amer Mohamad Amer est un jeune de
19 ans qui ne possède pas l’expérience nécessaire pour
garder les filets d’une équipe qui cherche à remporter le
titre. Il a même commis des erreurs multiples lors de
plusieurs rencontres qui ont nui aux résultats, comme la
faute qu’il a commise vendredi, à la dernière minute de la
rencontre contre Petrojet, qui a donné l’occasion à Walid
Solimane de faire l’égalisation.
La bonne performance et le grand succès de Petrojet, Enppi
et Haras Al-Hodoud, 4e au classement, ont révélé que la
hiérarchie du football égyptien est en passe de changer,
donnant ainsi l’occasion aux clubs d’entreprises et
d’organismes d’émerger au détriment des clubs de cités.
Pâle figure des grands
D’autre part, les puissances classiques, à savoir Ahli,
Zamalek et Ismaïli ont fait une pâle figure cette saison. A
commencer par Ahli, le tenant du titre, qui occupe
actuellement la 6e place avec 20 points. C’est vrai que
l’équipe compte encore 5 rencontres en retard et sa victoire
probable est capable de le faire revenir à la compétition
pour le titre d’une façon sérieuse. Mais certains
observateurs doutent sur la capacité des Rouges à remporter
ces 5 rencontres, vu le niveau médiocre d’Ahli cette saison,
soit en championnat ou lors de la Coupe du monde des clubs,
car il a perdu 10 points dans 10 rencontres en championnat
national. Sans compter que deux des 6 victoires remportées
étaient très difficiles et à la dernière minute contre
Masriya Lil Etisalat (3-2) et Ghazl Al-Mahalla (1-0). Après
les mauvais résultats de l’équipe lors de la Coupe du monde
de clubs, les Rouges doivent impérativement défendre leur
réputation dans le championnat.
Pour Ismaïli, la situation est complètement différente ;
cette équipe talentueuse est vraiment bizarre. C’est vrai
qu’elle a terminé le premier tour à la 2e place avec 29
points, mais personne ne peut prévoir le résultat d’une
rencontre des Derviches. C’est une équipe imprévisible.
Parfois, elle confirme qu’elle mérite le nom du Brésil de l’Egypte
et parfois on a l’impression qu’il s’agit d’une équipe
amatrice.
Quant à Zamalek, c’est la même histoire depuis 4 saisons. Il
patauge dans les mêmes problèmes internes en occupant la 5e
place avec 21 points, après avoir subi 5 défaites et concédé
trois nuls dans 14 rencontres. Mais il a réussi, samedi, sa
première victoire depuis 6 journées contre Ittihad Al-Chorta
3-1.
Nouveaux buteurs
Cette saison a connu aussi l’apparition de nouveaux buteurs.
A l’exemple de l’Iraqien Moustapha Karim, actuel buteur du
championnat avec 8 buts, confirmant ainsi son talent depuis
la saison dernière. On peut citer aussi Ahmad Gaafar,
attaquant d’Al-Masriya Lil Etisalat, qui se trouve derrière
Karim. Arrivé à cette équipe au début de cette saison de
Sers Al-Layane (D3), il a pu faire de bons résultats au sein
de l’équipe de Helmi Toulane. C’est un attaquant puissant et
rapide, un vrai casse-tête pour tous les défenseurs.
Derrière ce duo se trouve Abdallah Al-Saïd, le milieu d’Ismaïli,
avec 6 buts, tout comme Mohamad Al-Gabbas, l’attaquant de
Masri, Ahmad Raouf, le buteur d’Enppi, et Ahmad Abdel-Ghani,
l’attaquant international de Haras Al-Hodoud. Mais le milieu
d’Ismaïli Abdallah Al-Saïd se distingue par le fait que 5 de
ses 6 buts étaient dus à des coups francs en dehors de la
surface.
En fait, les buteurs classiques ont presque disparu ; ils
occupent les dernières places dans le classement des buteurs
comme l’Angolais Amado Flavio, buteur d’Ahli et du
championnat en 2006, qui n’a marqué que trois buts, et Gamal
Hamza, buteur de Zamalek, dont le tableau affiche zéro but.
Mauvais arbitrage
L’arbitrage est le grand débat de cette saison. Plusieurs
entraîneurs l’ont critiqué à plusieurs reprises. En effet,
les erreurs étaient multiples cette saison de sorte que la
sortie des arbitres à la fin des rencontres était souvent
sous la protection remarquée des forces de l’ordre. Il faut
dire que les erreurs font partie du jeu, mais cela a affecté
les résultats de plusieurs rencontres. Hossam Al-Badri,
l’entraîneur d’Ahli, a critiqué sévèrement l’arbitrage suite
à la défaite de son équipe face à Ittihad Al-Chorta. « C’est
vrai que les erreurs des arbitres font partie du jeu, mais
c’est illogique et insupportable que dans une seule
rencontre l’arbitre annule un but correct pour mon équipe
avant de siffler un penalty imaginaire contre elle, puis
néglige un vrai penalty pour nous. Je demande à la
fédération la révision de la stratégie concernant
l’arbitrage », explique Hossam Al-Badri, entraîneur d’Ahli.
Face à ces grandes critiques et ces multiples erreurs, la
Fédération de football a l’intention de faire des
modifications dans le comité des arbitres, mais un grand
débat se tient entre les membres sur le nom du remplaçant de
Hussein Fahmi, actuel chef du comité des arbitres. Les
responsables de la fédération sont tenus de régler ce
problème car les matchs du second tour, qui commencera le 4
février prochain, ne supporteront pas des fautes
d’arbitrage.
Mohamad Mosselhi