Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 décembre 2008, numéro 746

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Mona Makram Ebeid
 


Edito

Baisses de prix

La baisse historique de production de 2,2 millions de barils, annoncée par l’Opep, devrait aider les prix du pétrole à se stabiliser autour de leurs niveaux actuels, mais a peu de chances de les ramener aux 75 dollars souhaités par le cartel. Calculée sur le niveau de production réel, cette baisse, la troisième en quatre mois, est la plus importante décidée depuis 1982. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui, selon ses habitudes, a savamment entretenu le flou autour des chiffres, a ramené son objectif de production à 24,84 millions de barils, contre 27,3 précédemment. Cela revient dans les faits à une réduction de 2,5 mbj des quotas.

Frappés par une contraction historique de la demande et par la fuite des investisseurs spéculatifs, les prix du brut ont perdu plus de 70 % de leur valeur en l’espace de cinq mois. La réduction annoncée devrait être suffisante pour empêcher les prix de tomber plus bas en 2009. Mais les profondes inquiétudes persistant sur la demande devraient toutefois freiner un rebond significatif des prix. Le problème qui subsiste est qu’aujourd’hui personne n’est en mesure de faire un pronostic fiable sur l’économie mondiale, et par défaut sur le niveau de la demande mondiale.

Autre élément de nature à limiter l’impact positif de la décision de l’Opep sur les prix : les opérateurs doutent fortement de la capacité de l’Organisation à respecter ses propres consignes. L’histoire de l’Opep a en effet montré que durant les périodes de chute des prix, ses membres, à l’exception notable des Saoudiens, étaient tentés de ne pas respecter les baisses de production pour maintenir leurs entrées de devises. Les baisses de production annoncées précédemment n’ont été appliquées par ses membres qu’à hauteur de 50 à 60 %. Quant à la participation des pays non-membres du cartel, elle n’a pas été prise au sérieux par le marché. La Russie et l’Azerbaïdjan se sont dit prêtes à réduire leur offre pour soutenir le cartel dans ses efforts de stabilisation des prix, mais l’Opep n’a obtenu aucun accord formel. La Russie, premier producteur hors-Opep, s’est ainsi abstenue de s’engager fermement à réduire ses approvisionnements. Pire : Moscou a écarté l’idée d’une adhésion à l’Opep, malgré des déclarations faites en ce sens par le président russe Dmitri Medvedev.

Les observateurs du marché estiment de toute façon que la baisse annoncée ne suffit pas à compenser le recul de la consommation mondiale, qui pâtit de la crise économique. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la demande mondiale de pétrole aura reculé en 2008 pour la première fois depuis 25 ans. Et si l’AIE, qui défend l’intérêt des pays industrialisés, estime toujours que la demande va rebondir l’année prochaine, la plupart des observateurs, y compris le gouvernement américain, pensent désormais le contraire.

 

 




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