Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 décembre 2008, numéro 645

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Radwan Ziyada


Edito

Menace 

L’entrée en force de l’extrême droite à la direction du Likoud, toujours favori pour les législatives israéliennes du 10 février, menace de bloquer un processus de paix qui peine à reprendre.

Les primaires du Likoud, tenues la semaine dernière, ont largement favorisé le camp des faucons du parti, ceux qui n’ont pas renoncé au mythe d’un « Grand Israël » englobant toute la Cisjordanie, au cœur de l’idéologie de la droite israélienne durant des décennies. Le numéro un du Likoud, l’ancien premier ministre Benyamin Netanyahu, n’est pas parvenu à ancrer plus au centre son parti. Tout au contraire, la liste électorale du Likoud est dominée par des opposants à des compromis territoriaux, ceux-là mêmes qui avaient dénoncé le retrait de la bande de Gaza en 2005 et excluent la création d’un Etat palestinien indépendant au côté d’Israël.

Avant les primaires, M. Netanyahu avait exprimé sa crainte qu’un Likoud encore plus marqué à droite ne s’aliène une partie de l’opinion, en prêtant le flanc aux accusations d’extrémisme que lui portent ses rivaux du parti centriste Kadima au pouvoir et les Travaillistes. A ce stade, rien ne prouve cependant que les résultats des primaires amorcent un renversement de tendance et arrêtent la montée spectaculaire dans les sondages du parti, qui pourrait tripler sa représentation parlementaire le 10 février, après s’être effondré aux législatives de 2006 (12 sièges sur 120). L’opinion publique en Israël penche à droite car elle est convaincue qu’un accord de paix avec les Palestiniens n’est pas à l’ordre du jour. De sorte que la radicalisation du Likoud ne devrait pas le priver d’une victoire électorale.

La vraie question est de savoir si Netanyahu pourra gouverner avec un tel parti. Il ne le pourra probablement que si le processus de paix est au point mort. Dans le cas contraire, il se retrouvera dans la position intenable qu’il a connue quand il était premier ministre entre 1996 et 1999, pris entre des pressions internationales en faveur d’un compromis et celles de son aile dure. Netanyahu s’est toujours opposé à la création d’un Etat palestinien qui disposerait des attributs réels de la souveraineté. Pour le reste, il maintient un certain flou sur ses options politiques. Si la montée de l’extrême droite au sein du Likoud ne devrait pas entamer de façon significative la popularité du parti, elle risque en revanche d’avoir des conséquences graves le jour où Netanyahu formera le prochain gouvernement. Le chef du Likoud avait annoncé son intention de constituer un gouvernement d’union nationale avec le Kadima et les Travaillistes. S’il n’y parvient pas, il devra s’allier à des partis religieux et d’extrême droite. Dans ce cas, aucun progrès n’est à prévoir dans le processus de paix avec les Palestiniens.

 




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