Al-Ahram Hebdo, Littérature | Zeynab Laouedj ; Nostalgie
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 décembre 2008, numéro 645

 

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Littérature

Face à la folie destructrice de la mort, la poétesse algérienne Zeynab Laouedj dit la volonté de vivre et le désir d’aimer d’une femme. Dans son dernier recueil, Les Chants de la dernière colombe, elle entraîne le lecteur au fond de son cri de survie. 

Nostalgie 

Je m’envole paroles ensorcelantes

Ouvrant les ailes aux papillons égarés

Au-delà des nuits prisonnières des regards qui

Chassent la lumière triomphante

Hors temps Hors saisons Hors joies Hors couleurs

Murmurant Tendresse Amour Promesse 

Mains ouvertes Mer saisissant les nuances d’une

Aube qui essaie de renaître à la lumière d’un

Rêve Requiem oublié au seuil d’un regard fugitif                                         

Insoumis aux feux ardents

Annonciateur de chants couleurs de vie

Annonciateur de voix qui se multiplient qui

Nous nourrissent de berceuses arc-en-ciel

Nous inventent

A jamais 

Mer … suaves de paroles

Insoumises

Comme les mélodies délicates

Hantées de passions et de libertés

Au bord des rives où

Entre soleil et soleil j’habite

L’ombre des sirènes cachées 

Je cueille les couleurs arc-en-ciel

Ombres lumineuses

Enfouies dans les cœurs oubliés et

Les yeux cachant leurs larmes

Luisantes secrets éternels

Extase de vie qui bercent

Nos rêves 

Comme un regard qui nous

Habite et nous fuit

Amours Hanîne Nostalgies

Réveillent en nous … Traits Visages absents et

La vie qui n’est que multiples voyages

En nous, énigmatiques, guetteurs de mots

Sublime et de fines traces 

Dévoile tes lumières Signe de l’errance

Attentives à nos blessures à

Nos cris débordants d’absence et de silence

Invente-nous

Encore et encore

Lumières passées Lumières présentes

Lumières qui s’accrochent au bout de nos

Espoirs fragiles et nos yeux hagards 

Effleure nos regards égarés

Rêves inachevés pleins de présence sur

Nos lèvres encore sèches qui

S’ouvrent sur l’univers comme le

Temps qui trompe et trahit 

Douleurs

Ouvrant les cicatrices de mots, de

Nos paroles cachées

Avant même que la lumière du

Temps qui voyage en nous

Avance vers l’inconnu

Aujourd’hui

Le poète est absent

Entre les lumières qui ruissellent en nous

Savoure en silence les

Saisons qui s’ouvrent et

Annonce leurs offrandes  

Noblesse

Douceur

Rayons de soleil

Avant que les méchants 

Se réveillent

Annoncent les temps maudits … nous crions

Belle … est tellement belle la vie … nous complices

Indomptables

Nous tressons les secrets des temps

Et nous scrutons le silence des mots 

Iris ou Sawsana

Offrant charme et

Transparence

 Nuances de vie

 Illuminées au bout du cœur d’un

 Enfant qui cueille

 Les étoiles des Cieux ouverts 

 Poèmes

 Espérance

 Générosité 

 Rêves couleurs de miel

 Ou plutôt

 Beauté éternelle 

 Kalimates … mes Kalimates braises ardentes

 Avancent telles mes nomades solitaires

 Réveillent les vents et voyagent avec les

 Etoiles filantes tendres et fragiles entre

 Nostalgie et absence 

 Trompent la vigilance des Dieux

 Inventent les signes des cieux pour

 Mieux dire la nostalgie des lieux et crient 

Heureux ceux qui se réveillent

Entre folies et folies

Interprètent

Nos délires

Ramassent nos mémoires traces

Inachevées des Dieux absents qui à

Chaque instant incarnent

Horreurs et châtiments 

Sous le regard fugitif de ma Luna

Aux yeux et cœur ouverts belle à

Ravir

Adoratrice de 

Parfums des rives oubliées

Aube des saisons

Uniques ouvertes sur

Les signes qui refusent 

D’être

Apprivoisés comme une

Vieille source de lumière qui

Invite, savoir, sagesse

Divinité et 

Beauté

En nous et

Tente de réveiller la sublimation des

Yeux angéliques 

Aux cœurs des poètes voyageurs qui

Quittent vers les profondeurs

Glacées sans couleurs, sans

Images ni rêves

Embrasés, voltigeant 

Comme les enfants

Aux visages lumineux qui

Traversent les voix du silence

Humectées de murmures

Et de chants

Rayons, blessures

Intenses qui

Nous habitent 

Comme un nuage prometteur qui

Avance comme un ciel ouvert aux

Reflets des yeux baissés

Ombres fugitives

Lumières muettes qui scrutent les regards trahis et

Y sèment fragilité, impatience, attente, absence

Nuits fugueuses cherchent nous à la lisière des rêves

Enfouis au cœur d’une flamme porteuse de signes 

Grande est la douleur des

Rimes vagabondes

Incrédules voyageuses aux cœurs des

Zéniths des saisons indomptables

Endormies dans

Les lumières ressuscitées

D’un chant berbère qui se réveille

Avec les cris de mon Algérie 

 Je la saisis comme l’air comme le temps

Elle se perd entre les lèvres d’un enfant peuplées d’amour

Attentive aux cris aux mots où germent les rêves et les

Nuits abreuvés de feux rassasiés de blessures

Ne cesses-tu pas de frémir Juste un

Instant de Répit et de Lumières Peux-tu compatir avec les

Nuits couleurs papillons qui nous

Echappent et nous accusent 

 F…E…M…M…E…S R…E…B…E…L…L…E

Ailes ouvertes sur les

Nuits qui se déversent

Corps fissurés

Etoiles brûlantes

Silence tremblant qui

Cache les voix des

Ouragans comme un 

Kanoun

Aux braises ardentes qui

Ravivent les cendres de mémoires

Lumineuses, oubliées

Au carrefour des 

Intolérances et de

Nos jours blessés au cœur des fausses

Gloires qui saignent encore sans raison

Obscurantismes, violences et 

Trahisons

Horizons … Fermés

Ombres sans … Ombres

Murmures sans … Voix

Amours … Confisqués

Soleils … Ensevelis 

Beauté … Incriminée

Intelligence … Assassinée

Lumières … Effacées

Lieux sans … Présence 

Univers sans voiles

Lumières qui

Refusent de choir et

Et interpellent les

Kyrielles des étoiles

Et les rêves en soie d’une 

Gitane égarée au bout d’une

Etreinte volée entre

Ordre et orgueil cachant ses

Rubans arc-en-ciel

Grâce

Eternelle 

Espérance

Lumières

Souffrances

Peurs

Et

Tourmentes

Hagardes mais qui 

Avancent vers

Nos ombres cachées

Déchirent la chrysalide des

Rythmes

Eteints et des prières

Avortées 

Laves noyées au fond des Yeux qui ressuscitent

Les délires sacrés et démêlent les cris

Impatient d’unInsoumis. 

Los Angeles,
Le 21/06/2000

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Zeynab Laouedj 

Poétesse algérienne, Zeynab Laouedj est née en 1954 à Tlemcen. Après une licence en littérature arabe à l’Université d’Oran, elle a obtenu, à Damas, un magistère intitulé L’évolution du concept de la révolution dans la poésie algérienne et un doctorat sur « l’aspect social dans la poésie maghrébine des années 1970 ». Professeur de lettres à l’Université Paris VIII et l’Université d’Alger, elle a entamé son parcours poétique à l’adolescence, son premier recueil a été publié en 1979 sous le titre Ya anta, man minna yakrah al-chams (qui de nous déteste le soleil ?). Elle a été élue députée au Parlement algérien, période pendant laquelle elle a mis sa production littéraire entre parenthèses, et a repris la publication en 2002, avec La Danseuse du temple et Nawara lahbila (Nawara la folle). Elle dirige la revue Cahiers de femmes, la collection Empreintes et a créé en 1998 la maison d’édition Espace-Libre. Nombre de ses œuvres sont traduites en plusieurs langues.

 




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