Société.
Prenant la défense des trottoirs, une de nos lectrices lance
un appel aux responsables afin de mieux les protéger pour le
bien de tous.
Appel aux gouverneurs du Caire et de Guiza
Vous n’avez probablement jamais entendu parler de ce nouveau
syndicat des trottoirs, qui vient de se constituer comme
dernier recours pour plaider la cause de ses membres, les
trottoirs, auprès des autorités. Nous sommes, messieurs, une
catégorie brimée, maltraitée, défigurée et ignorée, malgré
le fait que nous soyons indispensables. Souvent, nous
n’existons même pas. Oh, combien notre situation a changé
depuis un siècle. Dans le temps, on nous faisait larges et
confortables, on nous recouvrait d’arcades pour nous
protéger du soleil (souvenez-vous du passage Behler ou de la
rue Clot bey, les seuls qui restent). La rue Mohamad Ali
était alors un bel exemple de cette conception des
trottoirs. Mais qu’est-elle devenue aujourd’hui ? En cette
époque bénite, on nous arrosait chaque soir et on nous
balayait régulièrement, parce que notre utilité était
reconnue : nous permettions aux piétons de se déplacer
confortablement d’un point à l’autre de la ville — sans
courir le danger d’être écrasés. Nous permettions de marcher
à ceux qui en avaient envie — sans devoir pour cela se
rendre dans un club ou au désert. Nous permettions aux
commerçants de voir un flux de clients potentiels défiler
devant leurs vitrines — ce qui augmentait sans doute leur
chiffre d’affaires.
Aujourd’hui, notre rôle semble être ignoré. Même dans les
endroits où nous existons encore, nous sommes devenus des
garages, des jardinets, des dépotoirs, des poubelles, des
trous, des montagnes, des murets, des étalages, des
chantiers. Et ne parlons pas des différences de niveau qui
nous accablent : devant le magasin de monsieur Abdel-Hamid,
le trottoir est cinquante centimètres plus haut que
l’asphalte de la rue, tandis que devant l’épicerie de
monsieur Abdel-Wahed, il est vingt centimètres plus bas.
Cette anomalie a un rapport direct avec les intérêts de ces
deux messieurs, et aucun rapport avec les lois de
l’urbanisme et les permis de construire. Tant pis pour celui
qui se casse le cou pour avoir voulu marcher entre le
magasin de monsieur Abdel-Hamid et celui de monsieur
Abdel-Wahed sans pour cela descendre sur la chaussée.
Nos amis les commerçants, loin de comprendre notre utilité,
font tout le nécessaire pour nous accaparer, nous couper,
nous morceler, en marquant par un signe insurmontable
(jardin, mur, marche vertigineuse, étalage) l’idée qu’ils se
font de nous : nous n’appartenons pas au public, nous sommes
une partie intégrante de leur fonds de commerce. Nous savons
bien que cette invasion de l’espace public est sévèrement
défendue et que de temps à autre des inspecteurs de vos
bureaux viennent voir ce qui se passe, sans que rien ne
change. Une fois, une dame s’est rendue chez monsieur le
gouverneur de Guiza pour lui demander de libérer les
trottoirs de Mohandessine de l’incroyable fatras qui les
encombre. Monsieur le gouverneur a été rapide et efficient
et a envoyé le lendemain une équipe pour s’occuper de la
chose : le seul encombrement qui a été enlevé dans toute la
région a été la « marquise » qui marquait l’entrée de
l’immeuble de ladite dame qui — soit dit en passant —
n’encombrait nullement le trottoir, étant suspendue en
l’air. Tout le reste (jardinets, murs, panneaux
publicitaires, poubelles, étalages, gravats) est
scrupuleusement à sa place, et les trottoirs de Mohandessine
(pour ne faire qu’un exemple) sont aussi impraticables que
jamais.
Nous, syndicat des trottoirs, demandons aux messieurs les
gouverneurs de se pencher personnellement sur la question et
de faire eux-mêmes des inspections. Les raisons de cette
requête sont importantes. Non seulement des trottoirs
praticables pourraient augmenter le chiffre d’affaires de
ces mêmes commerçants qui nous défigurent et nous
massacrent, mais ils procureraient d’autres avantages,
notamment sur la santé publique et la fluidité du trafic. Si
nous, les trottoirs, pouvions accomplir notre rôle,
peut-être que les habitants du Caire et de Guiza feraient de
la marche, maigriraient un peu, ne seraient pas en proie aux
maladies du cœur et des artères (pour ne pas parler des
entorses). Si le commun des mortels pouvait marcher sur
nous, sans que cette marche ne devienne un exercice pour des
troupes d’assaut, il ne serait plus nécessaire de prendre la
voiture pour aller acheter son journal 500 mètres plus loin.
Le nombre de voitures en circulation diminuerait et par
conséquent diminuerait l’émission de monoxyde de carbone
dans l’air que nous respirons. Si nos citadins pouvaient
nous parcourir tranquillement, ils ne marcheraient plus au
milieu de la rue, n’ayant pas d’autre place où mettre les
pieds, et les voitures pourraient rouler moins lentement, ce
qui rendrait le trafic plus rapide et plus fluide.
La liste des avantages que nous, les trottoirs, pouvons
apporter à une ville, est incalculable. Il suffit d’aller
faire un tour ailleurs pour s’en rendre compte. Nous pensons
sincèrement que nous avons un rôle essentiel dans l’économie
urbaine et que nous méritons pleinement que vous, messieurs
les gouverneurs, vous vous penchiez personnellement sur
notre sort.
Katia Sabet,
Le Caire.
Requête
Dans votre article relatant l’entretien que vous avez eu
avec Monsieur Zoheir Garana, ministre égyptien du Tourisme,
paru dans la semaine du 3 au 9 décembre 2008 (numéro 743) et
intitulé « L’Egypte a reçu cette année plus de 13 millions
de touristes » (Propos recueillis par Madame Dalia Farouk),
vous avancez certaines données chiffrées, à savoir le nombre
de nuitées, d’arrivées et de recettes que l’Egypte a
enregistrées durant la saison touristique 2008. Cependant,
je voudrais savoir avec précision à quelle période en termes
de mois correspondent ces chiffres. Je vous remercie
d’avance pour votre aide et vous souhaite une agréable fin
de journée.
Cordialement
Zineb Talby,
Le Caire.
NDLR :
Ce chiffre est global pour l’année 2008.
Mission impossible
Franchement, je ne peux pas m’empêcher d’exprimer ma joie
unique de voir les rues du Caire et l’incroyable circulation
aussi belles comme lors des deux premiers jours de la fête.
C’est presque un rêve. Non, c’est un véritable rêve.
Conduire dans les rues du Caire est une mission impossible,
sauf pendant les deux premiers jours de la fête. Comment
faire pour que ce rêve devienne réalité ? Miracle. Miracle.
Ayman Mohamed,
Le Caire.
Hommage à Madbouli
A l’occasion du Nouvel an, je présente mes meilleurs vœux à
toute l’équipe d’Al-Ahram Hebdo que je félicite sincèrement
pour tout le travail fourni. Permettez-moi de faire quelques
remarques concernant le numéro 744, datant du 16 décembre.
Tout d’abord, en ce qui concerne Madbouli, figure de marque
de l’édition dans le monde arabe, je pense qu’il méritait
plus qu’un simple article. Vu l’importance et la place
réservées à cet homme, il faudrait peut-être penser à faire
tout un dossier sur lui, montrant toutes les facettes de
celui qui restera pour toujours un symbole de l’amour du
livre.
Ensuite, je dirais bravo à May Sélim (voir article La
redécouverte de Salah Taher, P 23) et Névine Lamei (voir
article Des citadins dans tous leurs états, P 23) qui ont
écrit des articles aussi intéressants l’un que l’autre.
L’article sur Salah Taher nous fait visiter une exposition
comme si on y était avec des œuvres que nous voyons pour la
première fois. L’article sur l’exposition des 26 artistes
est très intéressant car vivant et riche.
Amir Hassan,
Le Caire.
La richesse des livres dans Al-Ahram Hebdo
D’abord, un grand bonjour à toute l’équipe d’Al-Ahram Hebdo,
et particulièrement à la rubrique Livres de votre
hebdomadaire.
Car c’est la diversité des livres présentés chaque semaine
qui fait la richesse de ces pages.
Quelle grande surprise lorsque, en rentrant de France pour
un voyage professionnel, je tombe sur un article dans
Al-Ahram Hebdo, intitulé « Une noblesse dans la rue ».
En effet, j’ai pu voir là-bas qu’un grand nombre de Français
ont une image de l’Egypte souvent limitée aux Pyramides et
aux pharaons comme le dit l’article.
Et je pense d’une manière personnelle qu’il est de notre
devoir d’agir pour que cette image ne soit pas limitée
uniquement au glorieux passé de notre pays.
Mais aussi à son présent et à ses charmes actuels.
A mon avis, le problème vient du fait que les touristes ne
sortent pas beaucoup du cadre des voyages organisés.
Citons à titre d’exemple la croisière sur le Nil ou les
forfaits tous inclus dans les hôtels luxueux.
Pour répondre à la question posée dans l’article, je pense
que le livre sera bien perçu car il y a une volonté de
changer l’image de l’Egypte à l’étranger et aussi en Egypte.
Alors bravo à l’auteur du livre et à l’auteur de l’article
d’avoir essayé de faire changer les choses !
Mes meilleurs vœux et bonne fête de fin d’année à toute
l’équipe d’Al-Ahram Hebdo.
Yassin Samir,
Le Caire.