Al-Ahram Hebdo,Dossier | Quand les choses vont de mal en pis
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 décembre 2008, numéro 645

 

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Dossier

UE-Israël. Le « rehaussement » annoncé des relations euro-israéliennes intervient à l’heure où les Palestiniens subissent de plus en plus des pressions israéliennes, compromettant toute chance de règlement. 

Quand les choses vont de mal en pis

Le moment est mal venu. Celui de l’annonce d’une future intensification des relations entre l’Union Européenne (UE) et Israël. Les Européens ont décidé de multiplier les contacts de haut niveau avec Israël dans le cadre d’un accord qui devrait être adopté en avril 2009, selon une déclaration approuvée à Bruxelles. Or, il est évident qu’un tel processus intervient à un moment peu favorable. C’est que les pressions dont font objet les Palestiniens et le déni de leurs droits même les plus élémentaires par Israël ont atteint leur paroxysme à l’heure. Parallèlement, le processus de paix semble s’acheminer vers une voie de garage, avec la période de vide qui va s’installer avec le changement de locataire à la Maison Blanche et les élections israéliennes anticipées qui verront, selon les prévisions, le succès d’un Likoud de plus en plus extrémiste. Les Palestiniens ne veulent cependant pas baisser les bras et l’on essaye de redonner un espoir, qui ne serait qu’un leurre finalement.

Ainsi, la rencontre prévue du  président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, avec le président américain George W. Bush, le 19 décembre à la Maison Blanche, ne sera sans doute qu’une formalité d’adieu en quelque sorte. Elle devrait marquer cependant une sorte de confirmation d’un maintien du processus de paix en général, celui né à Annapolis, en particulier, bien qu’il n’ait apporté aucune avancée. De plus, l’entretien se déroule à un moment où les choses se compliquent de plus en plus dans la région, Israël se souciant peu d’un règlement et des droits fondamentaux des Palestiniens. Ce qui est à relever c’est qu’aucune percée n’a été enregistrée dans des dossiers aussi cruciaux que celui de Jérusalem, des réfugiés palestiniens ou des frontières.

Outre l’absence de percée, l’incertitude sur l’issue des négociations a été renforcée par la perspective d’une victoire du Likoud (opposition de droite) aux élections anticipées israéliennes prévues le 10 février 2009.

Le Likoud, dirigé par l’ancien premier ministre Benyamin Netanyahu, est en effet opposé à des retraits territoriaux en Cisjordanie et à la création d’un Etat palestinien ayant tous les attributs de souveraineté, ce qui constitue la revendication centrale des Palestiniens et qui répond d’ailleurs à la légalité internationale. Israël a bel et bien conquis la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza lors de l’agression de juin 1967. Et tout règlement devrait consister à les restituer.

D’ailleurs, le discours israélien se fait de plus en plus négatif et anti-palestinien de manière que l’on dirait racial, rejetant le Palestinien en tant que tel. La ministre israélienne des Affaires étrangères et chef du parti centriste Kadima, Tzipi Livni, que l’on dit modérée a souligné qu’une fois l’Etat palestinien créé, « nous pourrons dire aux citoyens palestiniens d’Israël, ceux que nous appelons les Arabes d’Israël, la solution à vos aspirations nationales se trouve ailleurs ». Le député arabe israélien d’opposition, Ahmad Tibi, avait dénoncé ces propos en affirmant que Tzipi Livni « qui brigue le poste de premier ministre se doit de dire les choses clairement », en référence aux élections législatives du 10 février en Israël. « Propose-t-elle de laisser ici (en Israël) un million de citoyens sans droits politiques et identité nationale ou bien a-t-elle l’intention de transférer d’ici un million de citoyens arabes vers l’Etat palestinien, une fois cet Etat créé ? », s’était interrogé Ahmad Tibi.

Livni a tenté de se rattraper en disant qu’« il n’est pas question de procéder à un transfert ou de les pousser au départ ». Mais rien ne vient clarifier ses intentions.

Autre déni des droits palestiniens, celui de Netanyahu, pour lui, les négociations israélo-palestiniennes devraient, à l’heure actuelle, porter sur l’économie palestinienne et non sur les questions-clés du conflit. Le sort de Jérusalem, les colonies juives en Cisjordanie occupée, les réfugiés palestiniens et le tracé des frontières figurent parmi ces questions-clés du conflit. Que négocier donc ? On le voit bien, Israël ne veut guère restituer aux Palestiniens leurs droits et leurs territoires. Avec le « rehaussement » des relations UE-Israël, les choses vont de mal en pis pour les Palestiniens.

Ahmed Loutfi

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Chronologie 

— 1970 : Réunion de Munich.
La coopération politique européenne amorce l’harmonisation des positions des Etats membres sur le conflit israélo-arabe.
 

— 1971 : Document Schuman.
Ce document trace les grandes lignes de la position européenne sur le conflit israélo-arabe.
 

— 1973 : Le sommet européen de Copenhague.
La déclaration de ce sommet rappelle la conviction que le problème du Proche-Orient ne pourra se faire résoudre que par le respect de la résolution 242 des Nations-Unies et par la prise en considération des droits légitimes des Palestiniens.
 

— 1977 : Déclaration de Londres.
Etape importante dans l’évolution de la position européenne sur la question palestinienne. Les Palestiniens sont considérés comme un « peuple avec une identité nationale », mais il ajoute que ce peuple a « besoin d’une patrie ».

— 1980 : Déclaration de Venise.
La nouveauté dans cette déclaration réside dans une plus grande précision des termes employés, parlant de « la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien ». « Les colonies de peuplement, ainsi que les modifications démographiques et immobilières dans les territoires arabes occupés, sont illégales au regard du droit international ». 

— 1991 : Conférence de Madrid.
Accueillie par l’Espagne, cette conférence fut la première tentative de la communauté internationale pour engager un processus de paix au Proche-Orient par le biais de négociations impliquant Israël et les pays arabes, dont la Syrie, le Liban, la Jordanie et les Palestiniens.
 

— 1993 : Conférence d’Oslo.
Les accords d’Oslo au Norvège sont les résultats d’un ensemble de discussions menées en secret entre des négociateurs israéliens et palestiniens pour poser les premières pierres à une résolution du conflit isrélo-palestinien.
 

— 1995 : Processus de Barcelone ou Euromed.
La Conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères constitue l’acte fondateur de ce partenariat. Les Etats participants, les 15 membres de l’UE et les 12 partenaires des rives sud et est de la Méditerranée, ont adopté une Déclaration assortie d’un programme de travail.
 

— 1996 : Nomination d’un envoyé spécial pour le Proche-Orient.
Miguel Angel Moratinos est le premier désigné comme envoyé spécial de l’UE. Il a pour mission d’établir et de maintenir des contacts étroits avec toutes les parties au processus de paix, afin d’œuvrer avec elles au renforcement du processus de paix.
 

— 1995 : L’accord d’association UE/Israël.
Signature de l’accord, mais il n’entre en vigueur qu’en 2000, après avoir été ratifié par le Parlement européen, la Knesset et les Parlements nationaux des Etats membres.
 

— 2002 : Le Quartette pour le Proche-Orient.

Un groupe formé de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie et des Nations-Unies décide de réaliser une médiation dans le processus de paix israélo-palestinien.

 




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