Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 10 au 16 décembre 2008, numéro 744

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Ahmed Youssef Al-Qoraï
 


Edito

Bilan

L’accord sur le statut des forces américaines en Iraq, que vient d’approuver le Conseil présidentiel iraqien, reflète les modestes succès d’une guerre hautement impopulaire et très contestée. L’approbation du Conseil, composé du président Jalal Talabani (Kurde) et de ses deux vice-présidents, un sunnite et un chiite — représentant les trois principales communautés du pays —, lève le dernier obstacle au sein de l’exécutif et du législatif à l’application de l’accord. Un référendum populaire sur celui-ci est toutefois prévu en juillet.

Au crépuscule de son mandat, le président américain George W. Bush aura dû accepter un retrait sans condition des quelque 150 000 soldats américains répartis sur plus de 400 bases en Iraq, en 2011, huit ans après l’invasion. Pour M. Bush, c’est l’aboutissement de presque un an d’efforts, dont le résultat a paru parfois incertain. Ils visaient à laisser à son successeur les meilleures conditions iraqiennes possibles, à défaut d’avoir remporté la victoire longtemps fixée comme objectif.

Plus de cinq ans après le début d’un conflit supposé transformer le Proche-Orient en y imposant la démocratie, les Etats-Unis ont perdu plus de 4 000 hommes, dépensé des milliards de dollars et échoué à trouver des armes de destruction massive. Certes, le président iraqien Saddam Hussein, honni des Etats-Unis, a été renversé et exécuté, mais le résultat est loin des espérances de mars 2003 : déstabilisation de la région, montée en puissance de l’Iran, alors que l’Iraq est loin d’être stable et démocratique.

Le 1er mai 2003, six semaines après le lancement de l’intervention américano-britannique, M. Bush annonçait la fin des combats majeurs en Iraq sous la bannière « Mission accomplie ». Mais ce n’est qu’à l’automne 2007, grâce à un plan reposant sur une augmentation des troupes et une plus grande implication des responsables provinciaux iraqiens et des milices sunnites reconverties contre Al-Qaëda, que l’armée américaine a réussi à rétablir un ordre fragile. Entre-temps, l’image des Etats-Unis aura été gravement ternie par le scandale de la prison d’Abou-Ghraib, par l’usage reconnu de la torture et par le camp de détention de Guantanamo, à Cuba, où des prisonniers soupçonnés de terrorisme sont détenus sans inculpation depuis des années.

Sur le terrain, la population continue à manquer des services publics de base dans la majeure partie du pays, la situation économique reste fragile, des millions d’Iraqiens ont choisi l’exil et le gouvernement du premier ministre Nouri Al-Maliki est perçu comme faible et divisé, ne survivant que grâce au soutien des Etats-Unis. Les progrès vers la réconciliation nationale restent lents, les divisions politiques et religieuses restent profondes, au moment où aucun mouvement politique n’est capable de les réduire.

 




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