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Edito Bilan
L’accord sur le statut des forces
américaines en Iraq, que vient d’approuver le Conseil présidentiel iraqien,
reflète les modestes succès d’une guerre hautement impopulaire et très
contestée. L’approbation du Conseil, composé du président Jalal Talabani
(Kurde) et de ses deux vice-présidents, un sunnite et un chiite — représentant
les trois principales communautés du pays —, lève le dernier obstacle au sein
de l’exécutif et du législatif à l’application de l’accord. Un référendum populaire
sur celui-ci est toutefois prévu en juillet.
Au crépuscule de son mandat, le
président américain George W. Bush aura dû accepter un retrait sans condition
des quelque 150 000 soldats américains répartis sur plus de 400 bases en Iraq,
en 2011, huit ans après l’invasion. Pour M. Bush, c’est l’aboutissement de
presque un an d’efforts, dont le résultat a paru parfois incertain. Ils
visaient à laisser à son successeur les meilleures conditions iraqiennes
possibles, à défaut d’avoir remporté la victoire longtemps fixée comme
objectif.
Plus de cinq ans après le début
d’un conflit supposé transformer le Proche-Orient en y imposant la démocratie,
les Etats-Unis ont perdu plus de 4 000 hommes, dépensé des milliards de dollars
et échoué à trouver des armes de destruction massive. Certes, le président
iraqien Saddam Hussein, honni des Etats-Unis, a été renversé et exécuté, mais
le résultat est loin des espérances de mars 2003 : déstabilisation de la
région, montée en puissance de l’Iran, alors que l’Iraq est loin d’être stable
et démocratique.
Le 1er mai 2003, six semaines
après le lancement de l’intervention américano-britannique, M. Bush annonçait
la fin des combats majeurs en Iraq sous la bannière « Mission accomplie ». Mais
ce n’est qu’à l’automne 2007, grâce à un plan reposant sur une augmentation des
troupes et une plus grande implication des responsables provinciaux iraqiens et
des milices sunnites reconverties contre Al-Qaëda, que l’armée américaine a
réussi à rétablir un ordre fragile. Entre-temps, l’image des Etats-Unis aura
été gravement ternie par le scandale de la prison d’Abou-Ghraib, par l’usage
reconnu de la torture et par le camp de détention de Guantanamo, à Cuba, où des
prisonniers soupçonnés de terrorisme sont détenus sans inculpation depuis des années.
Sur le terrain, la population
continue à manquer des services publics de base dans la majeure partie du pays,
la situation économique reste fragile, des millions d’Iraqiens ont choisi
l’exil et le gouvernement du premier ministre Nouri Al-Maliki est perçu comme
faible et divisé, ne survivant que grâce au soutien des Etats-Unis. Les progrès
vers la réconciliation nationale restent lents, les divisions politiques et
religieuses restent profondes, au moment où aucun mouvement politique n’est
capable de les réduire.
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