Otan.
Le ministre des Affaires étrangères,
Ahmad
Aboul-Gheit, était présent à la réunion des
chefs de la diplomatie de l’Alliance atlantique qui s’est
tenue la semaine dernière à Bruxelles. Une occasion pour l’Egypte
d’exposer ses points de vue concernant les différentes
questions régionales et internationales.
« L’UE et les Etats-Unis doivent déployer d’intenses efforts
pour un règlement au Proche-Orient en 2009 »
Bruxelles,
de notre envoyée spéciale
Al-Ahram
Hebdo : En quoi a consisté la participation de l’Egypte à la
réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance
atlantique ?
Ahmad Aboul-Gheith :
La participation de l’Egypte est la troisième du genre dans
le cadre du dialogue entre l’Otan et les pays du sud de la
Méditerranée. L’objectif cette fois-ci était d’aborder
ensemble les questions brûlantes de l’actualité qui nous
concernent. En premier lieu, nous avons abordé la question
de la piraterie dans la région de la Corne de l’Afrique et
dans le Golfe d’Aden. Cette réunion nous a permis d’échanger
des vues avec les pays occidentaux, les Européens et les
Etats-Unis. Il a aussi été question de la situation épineuse
et de la crise actuelle entre le Pakistan et l’Inde et ses
éventuels risques sur la région. Et bien sûr, des sujets
chauds du Proche-Orient.
— A ce sujet justement, que peut-on attendre de la part des
Occidentaux en ce qui concerne le dossier
israélo-palestinien, alors que la situation sur place est
désastreuse et que l’espoir diminue de jour en jour ?
— Au cours de cette réunion, j’ai présenté aux membres de
l’Otan et aux autres participants représentant le pourtour
méditerranéen la vision de l’Egypte sur cette question et
les efforts déployés par Le Caire
dans le processus de paix. C’était l’un des sujets qui ont
été discutés avec profondeur, vu la situation qui prévaut
actuellement. Il est clair que l’on attend des pas concrets
de la réunion du Quartette international qui doit se tenir à
la mi-décembre à New York, d’autant plus que quelques
semaines plus tard, la nouvelle Administration américaine
prendra ses fonctions.
— Qu’en est-il des relations entre l’Alliance atlantique et
les pays du sud de la Méditerranée ?
— Ces relations sont bonnes et les résultats du dialogue
Atlantique-Méditerranée ont été
excellents, puisque chaque partie a exprimé clairement ses
vues concernant les problèmes pressants et importants. L’Egypte
a rappelé à cet effet l’impasse du dossier
israélo-palestinien alors que nous approchons de l’échéance
de la fin 2008 et qu’aucune évolution notable n’a été
enregistrée. J’ai aussi insisté sur le fait qu’il est
nécessaire que l’Union européenne et la nouvelle
Administration américaine déploient des efforts conjoints,
parallèlement aux efforts des pays arabes, afin qu’il
devienne possible d’aboutir à un règlement du conflit
israélo-palestinien durant 2009. Il est important que la
nouvelle Administration américaine se penche sérieusement
sur ce sujet dès sa prise de fonction.
— Outre le dossier israélo-palestinien, quel espoir pour
celui palestino-palestinien et
des différends entre le Hamas et le Fatah ?
— Malheureusement, malgré nos intenses efforts, le blocage
persiste. Cependant, nous, ministres arabes des Affaires
étrangères, avons demandé au président palestinien Mahmoud
Abbass de rester et d’assumer
ses responsabilités, et ce, malgré la position du Hamas à ce
sujet. D’autant plus qu’en vertu de la Constitution
palestinienne, Abbass a le droit
de rester au pouvoir jusqu’en 2010. C’est aussi dans
l’intérêt national palestinien que
Abbass reste à la présidence jusqu’à la fin de son
mandat.
— Concernant la situation en Somalie et la multiplication
des actes de piraterie depuis plusieurs semaines, quelles
mesures doivent être prises ?
— L’Egypte a demandé au Conseil de sécurité de l’Onu de se
pencher sérieusement sur cette question qui prend une
ampleur grave. Il est nécessaire de mettre en place un plan
complet avec tout un contenu législatif et militaire pour
lutter contre le phénomène de la piraterie, d’autant plus
qu’à l’heure actuelle, le dispositif législatif est
insuffisant. Toutefois, l’Otan est consciente de la gravité
de ce problème et c’est pour cela qu’une force navale
antipiraterie de l’UE a débuté
ses opérations au large de la Somalie lundi 8 décembre. La
flottille de l’UE a une triple mission : escorter des
bateaux de marine marchande et les navires du Programme
Alimentaire Mondial (PAM) qui livrent une aide humanitaire
en Somalie, et mener des opérations de « contrôle de zone »
avec l’appui d’avions de patrouille maritime. Je crois donc
que la communauté internationale bougera avec efficacité
dans les semaines à venir pour mettre un terme à ce
problème.
Aïcha
Abdel-Ghaffar