La grandeur de l’Egypte
dans une exposition sur Bonaparte
Mohamed Salmawy
La grippe aviaire
Salama A. Salama
Les maux de la jeunesse
Morsi Attalla
L’après-raid
américain sur la Syrie
Hassan Abou-Taleb
Contagion
La
chute des cours du brut pourrait, paradoxalement, nuire aux pays arabes non
pétroliers si elle provoquait un ralentissement prolongé des économies des
monarchies pétrolières du Golfe et une chute des transferts financiers en
provenance de cette région.
A
court terme, la crise financière mondiale a bien sûr un effet déflationniste et
rend la vie plus facile pour les pays non producteurs de pétrole. Pour les pays
arabes dépourvus de ressources pétrolières, importateurs nets d’énergie,
l’effet immédiat est un pétrole moins cher, ce qui améliorera leurs balances
des paiements. Pour des pays comme l’Egypte, récemment confrontés à une
explosion des prix à la consommation lorsque le cours du baril approchait en
juillet les 150 dollars, la chute du prix du pétrole devrait entraîner la
baisse des prix d’autres produits, notamment alimentaires. Il est à rappeler
que tous les pays arabes sont des importateurs nets de produits alimentaires.
Mais
l’équation dépasse la simple question de la facture pétrolière en raison de
l’importance des transferts financiers effectués par les ressortissants arabes
travaillant dans les monarchies pétrolières du Golfe et des investissements en
provenance de celles-ci, qui risquent de souffrir d’un ralentissement des
économies du Golfe. Les transferts d’argent vers l’Egypte ont atteint l’an
dernier 5,9 milliards de dollars, soit 5 % de son Produit Intérieur Brut (PIB).
Mais leur poids est encore plus énorme pour d’autres pays arabes : ils ont
ainsi représenté 20 % du PIB de la Jordanie (quelque 3 milliards de dollars) et
23 % de celui du Liban (5,8 milliards de dollars), selon des statistiques de la
Banque mondiale. La totalité de ces transferts ne provenait certes pas du
Golfe, mais ces trois pays ont de larges communautés dans la région, qui
risquent de souffrir du ralentissement économique prévu dans les monarchies du
Golfe.
Les
gouvernements et le secteur privé de celles-ci devraient procéder à une
réduction des méga-projets qui reposaient sur des
prévisions optimistes selon lesquelles les cours du brut ne tomberaient pas
sous les 100 dollars le baril. Il ne devrait cependant pas y avoir de risque de
licenciements massifs de travailleurs étrangers, et donc d’une baisse drastique
des transferts financiers vers leurs pays. Les pays du Golfe ont toujours
établi leurs budgets sur la base d’un baril à environ 50 dollars, leur activité
économique ne devant pas souffrir si le cours du pétrole reste autour de 60
dollars. Ce qui est le cas aujourd’hui.