Les maux de la jeunesse
Morsi Attalla
Comment
est-il possible de réussir ? Comment est-il possible de
combattre le pessimisme et de rester optimiste dans ces
conditions sociales et économiques ?
Ce sont là les questions que se posent les jeunes
d’aujourd’hui. Ils ressentent que les occasions qui se
présentent à eux sont minimes, que les difficultés de la vie
sont devenues plus compliquées et que le monde d’aujourd’hui
n’est plus celui dont ils ont entendu leurs grands-parents
et leurs parents parler.
Ces questions méritent d’être discutées par le congrès du
Parti National Démocrate (PND, au pouvoir), il est en cours.
Ce jeune âge est celui de l’espoir, des ambitions, de la
confiance en soi, de la capacité de ne pas capituler face
aux problèmes. Comment donc sont-ils devenus si pessimistes
? Comment ont-ils perdu toute confiance en soi ? Il est vrai
que les jeunes affrontent beaucoup de problèmes. Cependant,
il faut reconnaître que les médias ont joué un rôle négatif
dans ce contexte. Ils ont mis en lumière les conjonctures
difficiles dues aux mutations internationales survenues ces
dernières années sans pourtant montrer que les chances de
réussir sont toujours possibles et qu’elles sont mêmes plus
grandes après la hausse des niveaux de vie.
Il est indispensable d’engager un large dialogue avec les
jeunes pour dissiper leurs craintes et leurs doutes. Nous
devons nous demander : qu’est-ce qui pousse ces jeunes à
avoir ce sentiment de manque de confiance en leur présent et
ce sentiment de désespoir en l’avenir ? La politique de la
sourde oreille ne peut mener qu’à l’avortement de leurs
rêves et de leur capacité de transformer les rêves en
réalité. C’est grâce à ce dialogue que l’on pourra faire
comprendre aux jeunes que notre réalité contemporaine a
imposé une nouvelle notion du travail. La notion du travail
routinier dans les bureaux gouvernementaux a totalement
disparu à la lumière de l’évolution économique et sociale
dans le monde entier. Le véritable sens du terme travail est
la capacité d’accomplir une réalisation. C’est ce que
doivent comprendre les jeunes. Ils ne doivent pas rester les
bras croisés sur les cafés en attendant le travail que leur
présentera l’Etat.
La technologie contemporaine présente aujourd’hui de larges
offres d’emploi, de créativité et de réalisation. Les jeunes
peuvent réussir dans ce domaine à condition de ne pas rêver
de choses qu’ils ne sont pas assez qualifiés pour réaliser.
Il est fort dangereux pour les jeunes de rêver au-delà de
leurs capacités et de leurs compétences, car cela peut les
exposer à l’échec, à la perte de confiance et à la
domination des sentiments de désespoir et de dépression. Le
travail et le travail seul est capable de briser les
sentiments de désespoir et de dépression et d’apporter le
réconfort et le bien-être qui sont le fondement du bonheur
et de la confiance en soi.
J’espère que le PND promulguera au terme de son congrès
annuel un message clair à tous les jeunes où il dira : «
Accomplissez le travail qui se présente de bon gré et de
toute votre énergie et vous parviendrez certainement aux
objectifs aspirés ».