Le congrès du PND
vu par l’opposition
« Les politiques du PND restent les mêmes. La seule
nouveauté est la reformulation de la vision économique,
basée sur les politiques d’adaptation structurelle, de
privatisation et l’économie du marché. Même ces politiques
étaient déjà adoptées par le PND. L’autre aspect d’évolution
du PND concerne sa structure interne. On remarque aussi que
son rythme d’activité politique est constant. Mais en tant
que parti au pouvoir, il s’est avéré incapable de résoudre
les problèmes de la société égyptienne, malgré un discours
qui fait état d’une nouvelle pensée ».
Mounir Fakhri Abdel-Nour,
secrétaire général du parti du néo-Wafd.
« On confond toujours le PND et l’Etat, parce que sur le
fond, la séparation n’est pas imminente. Ceci s’applique à
tous les domaines, y compris financier. Nous avons du mal à
faire la démarcation entre l’argent de l’Etat et celui du
parti. Le problème ultime du PND, c’est qu’il lance le
slogan des réformes sans aucune réforme. Il a ouvert la
porte aux hommes d’affaires pour accumuler des richesses, en
laissant se détériorer les conditions de vie des Egyptiens.
Cette année, le PND a choisi comme slogan : Nouvelle pensée
pour l’avenir de notre pays, mais il n’existe pas d’avenir
avec ses politiques ».
Aboul-Ela Madi,
Président du parti non autorisé Al-Wassat.
« Les réunions du PND ainsi que ses slogans ne sont qu’une
sorte de divertissement, sur le fond, rien n’est sérieux. La
seule issue pour le développement de ce pays est la
disparition de ce parti, ses membres, et sa doctrine. Tant
qu’il est présent, il n’y aura aucun espoir. Le PND n’est
pas perçu dans la rue égyptienne, puisqu’il ne surgit qu’à
des occasions bien précises. En ce moment, il tente de faire
propager l’idée de la succession du fils du président. Dans
tous les cas, du 8 au 10 novembre, quelques figures
politiques se réuniront pour examiner les raisons et les
aspects de détérioration, née des politiques du PND et
causée par ce parti et proposer des solutions réelles ».
Georges Ishaq,
ancien coordinateur du mouvement Kéfaya.
« Le PND est en faille de vision réelle concernant les
problèmes de l’Egypte ou leurs solutions. Il répète toujours
le même discours, alors que le système est en ruine, avec
des problèmes qui frappent les différents secteurs, y
compris les secteurs éducatif et de santé. Ce que le parti
au pouvoir a lancé n’est pas un capitalisme réglementé, mais
un capitalisme anarchique sans surveillance ni transparence
».
Abdallah Al-Sénnawi,
membre du Parti arabe nassérien.
« Le PND maintient le monopole du pouvoir et des richesses.
Toutes ses déclarations et slogans ne servent à rien tant
que le citoyen ne sent pas de changement touchant à sa vie.
Il est incapable de garantir des élections libres, même
celles de l’Union estudiantine. Que peut-on donc attendre
d’un système pareil ? ! Sous le régime de ce parti, les
Egyptiens ont perdu leur argent trois fois. D’abord, avec
les sociétés de placement de fonds, puis avec les hommes
d’affaires qui ont fui l’Egypte avec leurs crédits bancaires
et plus récemment dans la chute de la Bourse ».
Essam Al-Eriane,
cadre des Frères musulmans.
« Le problème, c’est que le PND lance des slogans sans être
sérieux lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre. C’est
simplement de la propagande. Les hommes d’affaires occupent
des postes-clés au parti et ce sont eux qui mettent ses
politiques. Dans un tel contexte, il serait difficile à ses
membres de parler de justice sociale. Je crois que c’est un
slogan lancé par Gamal Moubarak pour gagner une popularité
perdue. Pire encore, ce que le parti au pouvoir propose
n’est pas une politique de justice sociale mais de la pure
charité. Dans un contexte de corruption et d’oppression, la
justice sociale ne peut avoir lieu. La pauvreté et la
corruption sont les deux faces d’une seule pièce ».
Hamdine Sabbahi,
Président du parti non autorisé Al-Karama.
Recueillis par Mavie Maher