Coopération.
La région italienne de Campanie a réuni la semaine dernière
ses partenaires du sud de la Méditerranée. L’objectif était
de développer les relations commerciales pour faire face aux
conséquences de la débâcle financière mondiale.
En temps de crise, les intérêts s’unissent
De notre envoyé spéciale, Naples
Créer
un dialogue plus direct entre les pays de la région Campanie
et les pays en développement du sud de la Méditerranée. Tel
était l’objectif de la conférence tenue la semaine dernière
à Naples, en Italie, dans le but de créer des opportunités
d’échanges et de coopération entre les pays des deux rives
de la Méditerranée. Il s’agit en fait d’un rapprochement
avec 5 pays en développement : l’Egypte, la Turquie, la
Tunisie, le Maroc et Israël. La région de Campanie regroupe
également 5 grandes villes : Salerno, Avellino, Caserta,
Benevento et Naples.
Il semble donc que la crise financière qui frappe
actuellement le monde entier pousse les partenaires du sud
et du nord de la Méditerranée à chercher une bouée de
sauvetage en approfondissant leur coopération. « Les zones
développées ne sont plus un terrain fertile pour les
investissements, vu la récession résultant de la crise
financière. Les pays en développement du sud de la
Méditerranée sont en croissance malgré toutes les
instabilités qui frappent le monde entier, ce qui est pour
nous intéressant », a avoué Fernando De Angelis, responsable
de la région Campanie, chargée des relations avec les pays
de la Méditerranée.
Les 5 pays sud-méditerranéens ont réalisé ces 5 dernières
années des réformes économiques leur permettant une
croissance continue. « L’Egypte est actuellement un point de
mire pour les pays européens, notamment l’Italie. Il suffit
de signaler que les nouveaux chiffres du commerce bilatéral
révèlent une hausse de 15 % entre les deux parties et une
participation italienne dans le capital de 209 entreprises,
soit 113 millions d’euros. Le total des investissements
italiens en Egypte est de 2,5 milliards d’euros dont 1,5
milliard dans les zones franches », révèle Giancarlo
Cifarelli, président de la Chambre italienne du commerce en
Egypte.
C’est ainsi que la Campanie a décidé d’inviter quelque 200
responsables et hommes d’affaires des 5 pays partenaires
pour discuter les moyens et les domaines de coopération les
plus importants. Une délégation égyptienne regroupant 10
entreprises dans les domaines des produits alimentaires, le
prêt-à-porter et le textile et les produits en cuir,
présidée par Ali Moussa, président de la Chambre du commerce
égyptienne, s’est rendu à Naples pour discuter des
opportunités de coopération communes. « Cette visite nous a
donné la chance d’échanger avec les hommes d’affaires
italiens sur des domaines d’intérêt communs et des capacités
de chacune des deux parties. Les hommes d’affaires égyptiens
ont déjà discuté de quelques transactions dans le domaine du
prêt-à-porter et des produits en cuir qui seront finalisés
très prochainement », a déclaré à l’Hebdo Soliman Al-Wazzan,
secrétaire général de la Chambre du commerce italienne en
Egypte. « La crise actuelle qui frappe le monde entier a
offert une opportunité unique aux pays en développement du
sud de la Méditerranée. Il en est fini du rapport
étudiant-professeur entre le sud et le nord de la
Méditerranée. Nos pays sont une opportunité pour les pays
européens. Les intérêts se complètent et les deux parties
doivent chercher à donner une valeur ajoutée à leur
coopération », a signalé de son côté Ali Moussa, en assurant
que la période de crise, pendant laquelle se déroule cette
conférence, permet aux 5 pays arabes participant, y compris
l’Egypte, d’en tirer un profit maximum.
Conditions favorables
La Tunisie, le Maroc, la Turquie et Israël, n’ont pas non
plus manqué d’enthousiasme vis-à-vis de cette conférence.
Des diverses sessions spéciales ont eu lieu pour discuter
des domaines de coopération les plus importants comme le
transport, la technologie, l’agroalimentaire, la recherche,
l’énergie et le tourisme. « L’industrie animale et par
conséquent l’industrie alimentaire constitue actuellement un
terrain fertile pour les investissements. Nous avons échangé
avec des entreprises italiennes œuvrant dans ce domaine pour
une coopération sérieuse. Des représentants de quelques
entreprises se rendront en Turquie au cours des deux ou
trois mois prochains pour examiner nos capacités dans ce
domaine. Au moins deux contrats seront conclus à cet égard.
Même chose pour les sources d’énergie renouvelable »,
déclare M. Ihsan Soysal, professeur d’agronomie à
l’Université d’Istanbul. (Voir entretien).
Pour le Maroc, le domaine le plus intéressant a été le
transport et la logistique. Des représentants de l’Organisme
national des ports ont été présents à la conférence et ont
partagé, avec les responsables de la ville de Naples, les
moyens de coopérer dans ce domaine afin d’assurer des
échanges commerciaux stables et diversifiés. Quant à la
Tunisie, où l’industrie textile constitue 50 % du PIB, c’est
ce domaine qui a naturellement le plus intéressé. Et à cet
égard, des études de faisabilité des projets et de
coopération commune entre les deux parties ont été
échangées. Tandis que pour Israël, les sources de l’énergie
et d’eau ont constitué la priorité.
Ainsi pour la première fois, les pays en développement ont
eu droit de revendiquer des conditions favorables à la
coopération avec leurs partenaires développés et riches du
nord de la Méditerranée. « Cette rencontre a réussi à
identifier de nouveaux domaines de coopération entre les
deux rives de la Méditerranée et à approfondir la
coopération commerciale. C’est de cela dont nous avons
besoin aujourd’hui en temps de crise », a conclu Rosanna
Palumbo, responsable de la région Campanie.
Névine Kamel