Patrimoine.
Raafat
Al-Khamsawi,
fondateur de l’association Al-Tag
al-malaki
lil hewayat, qui s’occupe
des loisirs, et membre de plusieurs sociétés philatéliques,
explique son hobby et les divers aspects de la philatélie.
Entretien.
« A travers les timbres, j’ai appris beaucoup
sur les différentes cultures »
Al-Ahram
Hebdo : Comment êtes-vous devenu collectionneur de timbres ?
Raafat Al-Khamsawi :
C’était vers l’âge de 12 ans, lorsque j’ai découvert une
ancienne galerie à la place Manchiya, à Alexandrie. Tous ses
articles appartenaient à l’époque royale. Cette galerie
était en fait un monde fascinant. Et là, j’ai découvert
quelques collections d’anciens timbres qui me semblaient
étranges à l’époque. Depuis, j’ai décidé de les posséder,
voire d’en faire une série. La plupart de ces timbres
portaient la photo du roi Farouq pendant son enfance, nommé
Farouq civil. Petit à petit, j’ai constaté l’importance
d’une telle collection ainsi que les critères indispensables
pour développer ce hobby.
— Quels sont ces critères ?
— Il faut savoir comment tenir les timbres sans les abîmer.
Je devais avoir une sorte de burin. Aussi les classer et les
ranger dans l’ordre. Ceci exigeait la possession d’un
catalogue de timbres ainsi qu’une mesure en zigzag pour
discerner les cadres de chaque timbre. Ces équipements sont
importants pour chaque philatéliste. Mais ce n’était pas
l’unique étape à suivre. J’ai commencé d’échanger mes
timbres avec ceux des autres afin de compléter mes
collections qui comprenaient des timbres égyptiens, arabes
et internationaux. A travers les timbres, j’ai appris
beaucoup sur les différentes cultures, civilisations et
coutumes des différents pays. Certes, mais je suis aussi
tombé dans le piège des faux timbres.
— Dans quelle mesure falsifie-t-on les timbres ?
— On falsifie surtout les anciens, datés de l’époque royale
de l’Egypte entre 1866 et 1952. A cette période, le prix de
plusieurs éditions de timbres était très élevé. Raison pour
laquelle les faux timbres sont apparus. Les falsificateurs
utilisaient de mauvais genres de papiers et de
collants. L’imitation des formes,
des cadres et des décorations était pleine de déformations
difficiles à remarquer. Cependant, nous, les philatélistes,
ayant acquis une bonne expérience, on peut les distinguer.
C’est pourquoi, chaque timbre doit avoir un certificat soit
d’une salle de ventes aux enchères reconnue ou bien d’un
philatéliste expert. Pour ce, la collecte de timbres est
basée surtout sur l’étude de l’historique de l’impression
des timbres. En même temps, j’ai participé à plusieurs
expositions mondiales qui m’ont beaucoup appris.
— En tant qu’expert, quelle est la collection la plus
importante ?
— Celles du roi Fouad sans le moindre doute. Il en a deux.
La première constitue deux timbres seulement et dont le prix
atteint actuellement 2 500 dollars. En effet, le premier
timbre a été issu en 1926, à l’occasion du 58e anniversaire
du roi Fouad. Il coûtait à l’époque 50 pts. Ce timbre a été
réédité en 1932. La seconde collection est celle qui
témoigne de l’inauguration du Port-Fouad en 1926. En cette
année, une édition de timbres avait apparu pour célébrer le
Congrès international de navigation tenu au Caire le 12
septembre 1926. Par manque de temps, les concernés avaient
imprimé sur le timbre de l’anniversaire du roi Fouad
l’emblème du CIN « PORT-FOUAD ». La seconde collection vaut
actuellement 6 000 dollars. Il ne faut oublier encore les
collections du roi Farouq. La première dite « Farouq civil »
qui représente Farouq enfant à 9 ans, en 1929. Cette
collection est restée sur le marché jusqu’à 1951. La
deuxième est celle de « Farouq maréchal », qui porte la
photo du roi en tenue de maréchal, cette collection est
composée de 18 timbres de différentes dimensions et
couleurs. En 16 octobre 1951, cette collection a apparu pour
la deuxième fois avec l’inscription « Roi de l’Egypte et du
Soudan ». Lors du déclenchement de la Révolution de 23
juillet 1952, une troisième édition est sortie avec trois
barres noires sur le visage du roi pour signaler la fin de
son règne. Cette collection témoigne, en fait, les
différentes modifications politiques qu’avait vécues l’Egypte.
D’où
vient son
intérêt pour les collectionneurs.
Doaa
Elhami