Des relations d’amitié lointaines
Morsi Attalla
J’estime
que les Etats-Unis ont besoin de faire une relecture des clauses relatives à
leurs politiques étrangères en général et celles qui se rapportent aux Arabes
et aux musulmans à titre particulier. Et ceci pour que la nouvelle
Administration sous le commandement de Barack qui brandit le slogan du «
changement » puisse bâtir ses positions sur des informations correctes et non
sur des témoignages falsifiés qu’apportent volontairement ceux qui prétendent vouer
une amitié aux Etats-Unis. Bien que ces personnes soient les premières à se
retourner contre l’Oncle Sam, une fois qu’émergera une nouvelle superpuissance
possédant l’épée et l’or.
En
réalité, si l’on donne la peine à Washington de réviser avec honnêteté le
dossier des relations arabo-américaines, on se rendra compte immédiatement que
les Arabes pariaient de tout temps sur l’amitié de l’Amérique et déployaient
tous leurs efforts pour s’attirer sa sympathie, sur fond de confiance bien sûr
et non pas de peur ou d’hypocrisie.
Les
Arabes ne ressentaient aucune animosité à l’égard des Etats-Unis jusqu’à l’aube
des années 1960 et avant d’afficher de manière insultante leur alignement
aveugle et leur soutien inconditionné aux politiques agressives et expansionnistes
d’Israël aux dépens des droits et des intérêts arabes.
Ceux
qui ne cessent de répéter nuit et jour cette prétention selon laquelle il
existe une animosité arabo-islamique enracinée doivent être totalement
conscients que les Etats-Unis étaient l’unique superpuissance que les Arabes
aimaient et respectaient notamment pendant la guerre de Suez. Et ce, lorsque
l’Administration du président américain Eisenhower à l’époque a obligé Israël,
la Grande-Bretagne et la France à mettre fin à l’agression tripartite menée
contre l’Egypte.
Personne,
dans le monde arabe n’a dit à l’époque que la position américaine émanait d’une
crainte d’une éventuelle réaction arabe soutenant l’Union soviétique. On
répétait que les Etats-Unis œuvraient selon les données du droit et de la
légitimité internationaux sans prendre en compte que cette position allait se
heurter aux ambitions et aux intérêts des trois pays qui s’avéraient leurs plus
proches alliés.
Quels
sont alors les responsables de ce recul de la popularité américaine dans la
région et pour l’intérêt de qui ils chantent de nouveau la mélodie de
l’animosité enracinée dans les esprits et les âmes arabes contre tout ce qui
est américain pour reprendre leurs allégations ?
Le
monde arabe a soutenu les Etats-Unis d’Amérique en 1991 lorsqu’ils se sont
soulevés et se sont érigés au nom de la défense du Koweït contre l’invasion
iraqienne. Mais il a commencé à sentir un choc, et rapidement, les angoisses et
les doutes ont commencé à planer autour des intentions américaines. D’autant
plus que la politique américaine envers la région en général et envers l’Iraq à
titre particulier n’était pas une réelle victoire de la légitimité
internationale, mais c’était plutôt un moyen pour soumettre la région, et
notamment les pays du Golfe et l’Iraq, à l’hégémonie américaine.
Les
erreurs fatales commises dans la politique de l’Administration Bush envers le
Moyen-Orient pourraient devenir une bonne occasion pour consacrer la victoire
de l’Administration de Barack Obama. Quant à nous, nous devons suivre les
événements avec précaution et attention et surtout attendre avant de porter des
jugements incitant à l’optimisme ou au pessimisme.