Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 novembre au 3 décembre 2008, numéro 742

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Wahid Abdel-Méguid
 


Edito

Piraterie

Devant l’explosion incontrôlable de la piraterie au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden, les pays arabes riverains de la mer Rouge, réunis jeudi dernier au Caire, se sont engagés à coopérer pour lutter contre la menace des pirates somaliens, sans toutefois annoncer de mesures concrètes. Pourtant, les enjeux économiques sont énormes et le temps presse. L’Egypte redoute un impact négatif de la piraterie sur le Canal de Suez, qui lie la mer Rouge à la Méditerranée, les droits de passage constituant la troisième source de revenus du pays. Actuellement, 7,5 % du commerce mondial transite par cette voie. Les pays arabes riverains de la mer Rouge craignent un déroutement du trafic maritime par le cap de Bonne-Espérance.

Défié par les pirates somaliens, le monde peine à trouver la riposte : une démonstration de force navale ou une opération coup de poing contre leurs repaires seraient difficiles à monter et pas forcément efficaces. Pourtant, l’Otan a envoyé fin octobre une flottille de quatre navires de guerre croiser dans les parages, et l’Union européenne doit prendre le relais le 8 décembre avec cinq ou six bateaux assistés par des avions de patrouille maritime. Des bateaux de nombreux pays participent aussi déjà à la sécurisation d’une zone vitale pour le commerce mondial. Entre 20 000 à 30 000 navires de commerce transitent chaque année par ce secteur.

Mais le fait que les pirates aient déjà trouvé la parade face à cette démonstration de force navale en capturant un super pétrolier saoudien le Sirius Star, à 800 km au large du Kenya, confirme la difficulté de la tâche. Grâce à l’argent des rançons — déjà 100 millions de dollars — les pirates ont accru leurs moyens, portant à 1 000 km leur rayon d’action. Le déploiement des armadas internationales pourrait les pousser à porter leurs attaques plus loin encore. Une vingtaine de navires, même aidés d’avions de surveillance, seraient alors incapables de surveiller ces milliers de kilomètres carrés.

Devant cette situation, l’ambassadeur russe à l’Otan, Dmitri Rogozine, a été le premier à évoquer l’éventualité de l’envoi d’une force terrestre internationale pour nettoyer la côte somalienne de ses nids de pirates. Mais un militaire de l’Otan estime que des actions ne suffiraient pas non plus à ramener à la raison des pêcheurs poussés à se transformer en pirates par la misère et l’insécurité dans un pays éclaté, en proie depuis 1991 à la guerre civile. Nul doute que la clé du problème se trouve en territoire somalien. Mais à l’aune des expériences afghane, iraqienne et congolaise, il faudrait du temps pour établir un Etat fort, sans parler d’un Etat de droit, en Somalie. Or, le spectre de l’intervention chaotique de 1993 en Somalie plane toujours, et ni les Etats-Unis ni leurs alliés, déjà débordés par les missions en cours dans le monde, ne sont prêts à renouveler l’expérience.

 


 

 




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