Football.
Ahmad Hassan a misé sur Ahli pour son retour en Egypte, et
le voilà qui remporte la Ligue d’Afrique, premier titre
continental de sa carrière. Il se prépare maintenant à la
Coupe du monde des clubs, au Japon le mois prochain.
Carte gagnante
«
C’est le titre le plus important de toute ma carrière. Je
suis vraiment heureux d’avoir pu contribuer, avec tous mes
collègues, à réaliser ce sacre et cet exploit », déclare,
ému et à bout de souffle et de joie, Ahmad Hassan, après le
nul d’Ahli (2-2) face au Coton Sport à Garoua, dimanche
dernier. Décrochant ainsi un sixième titre pour son club en
Ligue d’Afrique. Hassan a marqué de son empreinte la finale
en marquant le premier but des Rouges à la 38e minute sur
une belle frappe, après un centre de Mohamad Abou-Treika. Un
but qui a placé les hôtes face à une montagne quasi
insurmontable et les quatre buts dont ils avaient besoin
pour s’imposer (NDLR : Ahli a remporté l’aller au Caire
2-0). Pendant la rencontre, le capitaine des Pharaons a
déployé d’énormes efforts en couvrant une zone de presque 50
mètres défensivement et offensivement. Pas de surprises donc
qu’il ait été forcé de quitter le terrain au milieu de la
deuxième période, après avoir été victime de blessure.
Cette coupe a un goût particulier pour Hassan, puisque c’est
son premier titre majeur au niveau des clubs et son premier
grand trophée avec Ahli (NDLR : Hassan a remporté la
Supercoupe d’Egypte 2008 avec Ahli). Recruté en juin
dernier, le milieu international de 33 ans n’avait qu’un
seul objectif en tête : récolter la gloire avec Ahli lors
des quelques saisons restantes de sa carrière. Il était
d’ailleurs le sujet d’un long débat et concurrence entre
Ahli et Zamalek, qui l’ont courtisé pendant plus de 12 mois.
Finalement l’ancien joueur d’Anderlecht (Belgique) a misé
sur Ahli, et il semble qu’il ait décroché le gros lot. «
J’avais décidé que la saison 2007/2008 serait ma dernière en
Europe et que je dois rentrer en Egypte pour des raisons
familiales. J’ai choisi Ahli pour des raisons purement
professionnelles et pas financières comme certains le
disent, car ce n’était pas du tout mon objectif. Quel que
soit le montant de mon contrat avec Ahli il n’est pas à
comparer avec ce que je recevais en Belgique (NDLR : Hassan
percevait un salaire annuel de 1,2 million d’euros avec
Anderlecht) », explique-t-il.
Il a des débuts en fanfare en marquant le but de la victoire
face à Zamalek, (2-1), à l’occasion du match d’ouverture de
la phase de poule et de son premier match officiel avec les
Rouges. Une semaine après, il mena Ahli au titre de la
Supercoupe d’Egypte encore une fois face à Zamalek, (2-0).
Hassan est devenu ensuite un pion essentiel dans l’échiquier
du directeur technique, Manuel José, et il lui a donné
beaucoup de flexibilité tactique, tantôt en évoluant au
milieu défensif ou en lui donnant une liberté d’action dans
le compartiment offensif.
Digne de sa réputation
Effort abondant, expérience et talent, le technicien
portugais ne peut que se vanter de son nouvel atout. «
Hassan va amener un important apport au jeu d’Ahli.
Maintenant José peut compter sur un autre meneur de jeu,
évoluant un peu en retrait derrière Abou-Treika, surtout que
les joueurs évoluant à ce poste n’ont pas de bonne vision
offensive de jeu ni de tendance vers les buts adverses »,
dit Taha Ismaïl, ancien sélectionneur d’Egypte. En effet,
Abou-Treika a maintenant moins de pression sur les épaules,
et José tend même beaucoup à lui donner un rôle d’attaquant
franc notamment après le départ de Emad Metaab. Car, selon
Ismaïl, Hassan comblera ce poste à la perfection. « Je ne
comprends pas pourquoi on nous a critiqué tellement. Est-ce
pour avoir fait signer à un joueur de 33 ans un contrat de
trois saisons ? L’âge n’est pas le principal, ce qui l’est
c’est sa contribution sur le terrain. A mon avis, Hassan
pourra maintenir son allure pendant encore plus de trois
saisons », estime par ailleurs Adli Al-Qii, directeur de
marketing à Ahli.
Le meilleur joueur de la Coupe d’Afrique des nations 2006 a
été digne de sa réputation et a pu se situer parmi les héros
de l’équipe, tels qu’Abou-Treika, Mohamad Barakat et
l’attaquant angolais Amado Flavio, pour faire taire toutes
les mauvaises langues qui doutaient de ses capacités avec
Ahli. « Nous devons maintenant nous préparer pour la Coupe
du monde des clubs, qui aura lieu au Japon le mois prochain
», dit Hassan.
Un autre grand teste l’attend alors. Ahli avait terminé
médaillé de bronze lors de sa dernière participation en
2006. Les Rouges pourront-ils aller plus loin cette année ?
Premier rendez-vous face au club mexicain de Pachuca,
champion de la CONCACAF (Confédération de l’Amérique du Nord
et centrale), le 13 décembre prochain.
Karim
Farouk