Partager le pouvoir ne suffit pas !
Al-Sayed
Eleiwa
Le
partage du pouvoir et des richesses est un principe
politique répandu pour résoudre les longs conflits
ethniques, nationaux, religieux ou culturels que ce soit en
Orient ou en Occident, de l’Afghanistan à l’Irlande.
Les différentes parties, en Iraq et au Soudan et
vraisemblablement au Liban et en Mauritanie, proposent un
partage du pouvoir comme solution à leurs crises politiques
aux profondes racines. Mais malheureusement, il s’est avéré
que cette solution se résiste pas
à la première crise, surtout si ces conflits ont de
profondes racines culturelles, sociales, ethniques ou
religieuses et s’ils ont des dimensions économiques,
stratégiques, militaires ou technologiques. C’est d’ailleurs
le cas en Palestine, en Israël, au Darfour, au Kenya, en
Zimbabwe, dans les Basques espagnoles et dans les
républiques islamiques du Commonwealth.
L’adoption du principe du partage du pouvoir et des
richesses a certes contribué à réduire l’acuité des crises,
à combler les fossés et à introduire des compromis.
Cependant, les évolutions survenues dans la vie politique et
dans les conjonctures internationales ont contribué à
l’apparition de deux autres critères, en plus du pouvoir et
des richesses, qui influencent le développement et le
progrès de la société afin de se libérer des discriminations
criantes et du déséquilibre actuel entre les classes
sociales dans certains pays.
Les différents pays et régimes jouissent de six principales
ressources : les ressources naturelles (l’emplacement
géographique, la nature du sol, les sources d’énergie, les
matières brutes), les ressources humaines, les ressources
économiques, la technologie, les connaissances (les systèmes
d’information et les idées) et enfin le temps.
Vu l’importance croissante de ces deux derniers éléments
(les connaissances et le temps), si l’une des parties en
litige sur la scène politique possède le monopole de l’un de
ces deux éléments ou des deux, cette partie prendra le
dessus sur l’autre. D’où l’importance de l’idée du partage
de la connaissance et du temps en plus du pouvoir et des
richesses afin de résoudre les conflits et de remplacer les
différends et les hostilités par la paix et la coopération.
C’est ainsi qu’apparaît l’influence des connaissances et du
temps en plus de l’efficacité du partage des pouvoirs et des
richesses sur la réduction de l’acuité des positions
rigoureuses des parties en conflit. Le partage équilibré du
temps et l’acquisition équitable des connaissances sont à
même de garantir une meilleure entente entre ces parties. On
s’attend donc à ce qu’on appelle prochainement au partage du
pouvoir, des richesses, du temps et des connaissances pour
la résolution des litiges et des conflits entre les peuples.