Al-Ahram Hebdo, Opinion | Radwan Ziyada ; La nécessité d’un dialogue
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 novembre 2008, numéro 741

 

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Opinion

La nécessité d’un dialogue
Radwan
Ziyada 

Le dialogue signifie créer une atmosphère propice à l’entente et à la coopération permettant à chacun d’engendrer des orientations plus positives et de réduire en même temps les tendances capables d’alimenter les litiges et les hostilités. Il représente la capacité d’opérer de profonds changements dans les points de vue de chaque partie.

C’est ainsi que le dialogue devient un outil de communication avec autrui pour mieux le comprendre. Mais est-il possible de fonder une relation entre les religions basée sur le dialogue ?

En général, les relations se basent sur l’équilibre des forces et des intérêts. C’est l’équilibre des intérêts qui impose le genre de dialogue, voire l’engagement même du dialogue. Tout le monde pense aujourd’hui à la civilisation mondiale comme l’a appelée Huntington. Nous devons tous contribuer à sa fondation. Ceci ne sera possible qu’à travers un dialogue basé sur le partenariat. Certains considèrent le dialogue des religions comme un contournement des conflits. Partant, il est indispensable de dépasser la problématique du dialogue des cultures à la problématique du dialogue entre les destinées culturelles et l’avenir des cultures humaines et des procédés de protection des cultures locales. Il existe un fossé entre la culture et les moyens de sa protection. Ce fossé ne peut être comblé que par le dialogue qui est la clé du développement et un moyen d’engendrer de nouvelles forces.

Engager un véritable dialogue implique tout d’abord la création d’un langage capable d’assimiler les différences et non de les refuser et de les rejeter. Par contre, si le langage de l’arrogance persiste avec tout ce qu’il englobe comme l’exclusion des autres cultures, civilisations et religions sous prétexte de leur imposer la tutelle, le dialogue devient impossible.

Le langage de l’arrogance est évident chez les deux parties comme dans les paroles de Madeleine Albright : « Nous sommes des géants, c’est pourquoi nous voyons plus loin que les autres nations », ou dans les paroles de Huntington : « L’Occident possède une combinaison spéciale qui lui a conféré des caractéristiques distinctes ». De l’autre côté, on trouve des avis comme : « Le monde islamique est le seul possédant une identité spéciale, il est le seul capable de frapper la porte du dialogue pour s’ouvrir à lui. C’est lui seul qui possède un mode de vie global capable de présenter l’alternative absente ». Si cette atmosphère chargée persiste, le dialogue demeurera un simple mécanisme ou un passe-temps que nous emploierons lorsque nous aurons besoin d’exploiter sa signification symbolique.

Chaque partie doit réaliser qu’engager un dialogue ne signifie nullement imposer ses idées aux autres cultures. Elle doit aussi être convaincue de l’égalité des civilisations et des cultures. Ce qui abolit l’idée de la supériorité d’une telle ou telle civilisation ou culture.

 

 

 

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