La nécessité d’un dialogue
Radwan
Ziyada
Le dialogue signifie créer une atmosphère propice à
l’entente et à la coopération permettant à chacun
d’engendrer des orientations plus positives et de réduire en
même temps les tendances capables d’alimenter les litiges et
les hostilités. Il représente la capacité d’opérer de
profonds changements dans les points de vue de chaque
partie.
C’est ainsi que le dialogue devient un outil de
communication avec autrui pour mieux le comprendre. Mais
est-il possible de fonder une relation entre les religions
basée sur le dialogue ?
En général, les relations se basent sur l’équilibre des
forces et des intérêts. C’est l’équilibre des intérêts qui
impose le genre de dialogue, voire l’engagement même du
dialogue. Tout le monde pense aujourd’hui à la civilisation
mondiale comme l’a appelée Huntington.
Nous devons tous contribuer à sa fondation. Ceci ne sera
possible qu’à travers un dialogue basé sur le partenariat.
Certains considèrent le dialogue des religions comme un
contournement des conflits. Partant, il est indispensable de
dépasser la problématique du dialogue des cultures à la
problématique du dialogue entre les destinées culturelles et
l’avenir des cultures humaines et des procédés de protection
des cultures locales. Il existe un fossé entre la culture et
les moyens de sa protection. Ce fossé ne peut être comblé
que par le dialogue qui est la clé du développement et un
moyen d’engendrer de nouvelles forces.
Engager un véritable dialogue implique tout d’abord la
création d’un langage capable d’assimiler les différences et
non de les refuser et de les rejeter. Par contre, si le
langage de l’arrogance persiste avec tout ce qu’il englobe
comme l’exclusion des autres cultures, civilisations et
religions sous prétexte de leur imposer la tutelle, le
dialogue devient impossible.
Le langage de l’arrogance est évident chez les deux parties
comme dans les paroles de Madeleine Albright : « Nous sommes
des géants, c’est pourquoi nous voyons plus loin que les
autres nations », ou dans les paroles de Huntington : «
L’Occident possède une combinaison spéciale qui lui a
conféré des caractéristiques distinctes ». De l’autre côté,
on trouve des avis comme : « Le monde islamique est le seul
possédant une identité spéciale, il est le seul capable de
frapper la porte du dialogue pour s’ouvrir à lui. C’est lui
seul qui possède un mode de vie global capable de présenter
l’alternative absente ». Si cette atmosphère chargée
persiste, le dialogue demeurera un simple mécanisme ou un
passe-temps que nous emploierons lorsque nous aurons besoin
d’exploiter sa signification symbolique.
Chaque partie doit réaliser qu’engager un dialogue ne
signifie nullement imposer ses idées aux autres cultures.
Elle doit aussi être convaincue de l’égalité des
civilisations et des cultures. Ce qui abolit l’idée de la
supériorité d’une telle ou telle civilisation ou culture.