Al-Ahram Hebdo, Opinion | Morsi Attalla ; La gestion des avoirs publics
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 novembre 2008, numéro 741

 

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Opinion

La gestion des avoirs publics
Morsi Attalla
 

Je crois que le dialogue élargi tenu cette semaine par le Haut Conseil des politiques du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) sur le projet de loi relatif à la gestion des avoirs et des propriétés de l’Etat a contribué en grande partie à dissiper l’équivoque et l’ambiguïté qui a entouré les dimensions économiques et sociales de cette loi en question.

De prime abord, je pourrais dire que le fait de proposer ce projet malgré les difficultés et les défis de la crise monétaire mondiale vient démontrer l’intention de l’Egypte d’aller de l’avant dans le programme de la privatisation, mais en le plaçant dans le cadre d’une nouvelle vision évitant les vices et les retombées du capitalisme libéral qui a été complètement discrédité sur les plans économiques et sociaux. C’est une vision qui consiste à accorder une grande importance à l’interventionnisme de l’Etat capable de contrôler et garantissant une transparence sans pour autant dominer.

En réalité, l’intérêt majeur et notamment celui de la plus large tranche de citoyens modestes transcende de loin la poursuite du programme de privatisation, prônant un retour aux politiques de capitalisme national. Ce qui importe à l’opinion publique tourne fondamentalement autour des déclarations du président Moubarak à propos de la création du « Fonds des générations ». Ce serait un fonds possédant et gérant une partie des avoirs qui resteront publics, pour que les générations à venir bénéficient de la maximisation de ses revenus.

D’aucuns pourraient croire que ce projet de loi n’est qu’une légalisation de situations déjà existantes. D’autres avanceraient qu’il s’agit de procurer une couverture législative à n’importe quelle décision concernant la gestion des avoirs publics dans l’avenir. Mais à mon sens, l’objectif essentiel est d’élargir la base de la propriété de ces entreprises publiques après leur privatisation avec une transparence qui dissiperait tout éventuel doute sur la valeur de ces actifs après leur soumission aux critères de l’offre et de la demande du marché.

A mon avis, la question va bien au-delà de l’activation de ces avoirs dans le sens d’investissement bénéfique conformément aux données du marché et aux retombées de la crise monétaire mondiale qui limiteraient sans doute le flux de fonds en provenance des investisseurs étrangers. Sous de telles conjonctures, il serait plus raisonnable d’accorder la priorité à une plus grande participation populaire dans le processus de développement et d’investissement dans les années à venir.

C’est cet arrière-plan qui soutient la tendance estimant bénéfique d’augmenter les fonds dirigés vers le « Fonds des générations » provenant des revenus des avoirs publics. Ce serait une manière de barrer la route aux revendications non-étudiées appelant à la création d’un fonds pour le chômage, alors que d’autres désirent trouver une issue pour utiliser les revenus de ces avoirs dans le financement des dépenses actuelles.

Nous devons bien comprendre que la création d’un Fonds pour les générations qui sera financé par les revenus du programme de privatisation est l’un des piliers de la philosophie de la justice sociale. D’autant plus qu’il est supposé que les principes de la justice sociale doivent s’éloigner des concepts d’assistance sociale pour s’orienter plutôt vers l’investissement. Ce afin de procurer les opportunités d’emploi d’une part et de régulariser le rythme du marché monétaire et économique d’autre part.

Au final, je dirais que le message le plus important que nous livre le projet de la gestion des avoirs publics est celui disant non au retour en arrière, non à l’économie totalitaire, oui à l’avancée et à la rationalisation de l’économie libre. J’ai essayé par cet article de faire part au lecteur de ce que j’ai compris du projet de la gestion des avoirs publics.

 

 

 

 

 

 

 

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