La gestion des avoirs publics
Morsi Attalla
Je
crois que le dialogue élargi tenu cette semaine par le Haut
Conseil des politiques du Parti National Démocrate (PND, au
pouvoir) sur le projet de loi relatif à la gestion des
avoirs et des propriétés de l’Etat a contribué en grande
partie à dissiper l’équivoque et l’ambiguïté qui a entouré
les dimensions économiques et sociales de cette loi en
question.
De prime abord, je pourrais dire que le fait de proposer ce
projet malgré les difficultés et les défis de la crise
monétaire mondiale vient démontrer l’intention de l’Egypte
d’aller de l’avant dans le programme de la privatisation,
mais en le plaçant dans le cadre d’une nouvelle vision
évitant les vices et les retombées du capitalisme libéral
qui a été complètement discrédité sur les plans économiques
et sociaux. C’est une vision qui consiste à accorder une
grande importance à l’interventionnisme de l’Etat capable de
contrôler et garantissant une transparence sans pour autant
dominer.
En réalité, l’intérêt majeur et notamment celui de la plus
large tranche de citoyens modestes transcende de loin la
poursuite du programme de privatisation, prônant un retour
aux politiques de capitalisme national. Ce qui importe à
l’opinion publique tourne fondamentalement autour des
déclarations du président Moubarak à propos de la création
du « Fonds des générations ». Ce serait un fonds possédant
et gérant une partie des avoirs qui resteront publics, pour
que les générations à venir bénéficient de la maximisation
de ses revenus.
D’aucuns pourraient croire que ce projet de loi n’est qu’une
légalisation de situations déjà existantes. D’autres
avanceraient qu’il s’agit de procurer une couverture
législative à n’importe quelle décision concernant la
gestion des avoirs publics dans l’avenir. Mais à mon sens,
l’objectif essentiel est d’élargir la base de la propriété
de ces entreprises publiques après leur privatisation avec
une transparence qui dissiperait tout éventuel doute sur la
valeur de ces actifs après leur soumission aux critères de
l’offre et de la demande du marché.
A mon avis, la question va bien au-delà de l’activation de
ces avoirs dans le sens d’investissement bénéfique
conformément aux données du marché et aux retombées de la
crise monétaire mondiale qui limiteraient sans doute le flux
de fonds en provenance des investisseurs étrangers. Sous de
telles conjonctures, il serait plus raisonnable d’accorder
la priorité à une plus grande participation populaire dans
le processus de développement et d’investissement dans les
années à venir.
C’est cet arrière-plan qui soutient la tendance estimant
bénéfique d’augmenter les fonds dirigés vers le « Fonds des
générations » provenant des revenus des avoirs publics. Ce
serait une manière de barrer la route aux revendications
non-étudiées appelant à la création d’un fonds pour le
chômage, alors que d’autres désirent trouver une issue pour
utiliser les revenus de ces avoirs dans le financement des
dépenses actuelles.
Nous devons bien comprendre que la création d’un Fonds pour
les générations qui sera financé par les revenus du
programme de privatisation est l’un des piliers de la
philosophie de la justice sociale. D’autant plus qu’il est
supposé que les principes de la justice sociale doivent
s’éloigner des concepts d’assistance sociale pour s’orienter
plutôt vers l’investissement. Ce afin de procurer les
opportunités d’emploi d’une part et de régulariser le rythme
du marché monétaire et économique d’autre part.
Au final, je dirais que le message le plus important que
nous livre le projet de la gestion des avoirs publics est
celui disant non au retour en arrière, non à l’économie
totalitaire, oui à l’avancée et à la rationalisation de
l’économie libre. J’ai essayé par cet article de faire part
au lecteur de ce que j’ai compris du projet de la gestion
des avoirs publics.