Al-Ahram Hebdo, Economie | Les prémices d’une nouvelle gouvernance
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 novembre 2008, numéro 741

 

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Economie

Crise Financière. Le sommet du G20 tenu samedi dernier à Washington, convoqué d’urgence par les présidents américain et français, a en partie répondu aux attentes de réforme du système mondial. Explications.

Les prémices d’une nouvelle gouvernance

« C’est un sommet historique, dans la mesure où pour la première fois, des pays aussi différents que ceux qui étaient rassemblés dans le G20, décident de prendre des initiatives en commun et que l’Administration américaine accepte de faire mouvement sur des sujets où historiquement, toutes les Administrations américaines avaient refusé de le faire », a dit le président français, Nicolas Sarkozy, lors du plan d’action promulgué par le sommet du G-20.

Il semble donc que le sommet du G20, tenu samedi dernier à Washington, a réussi à apporter des réponses structurelles et économiques à la crise financière. Selon Sarkozy, l’année 2008 sera celle qui aura marqué « l’entrée dans le XXIe siècle ».

Pour la première fois de son histoire, le G20 a établi une nouvelle « gouvernance économique », toutefois sans super-gendarme international à la satisfaction des Américains et du Canada très attachés à leur souveraineté.

La déclaration finale de la rencontre de samedi énumère une série d’actions immédiates pour empêcher l’économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l’utilisation de mesures budgétaires ou des baisses des taux d’intérêt dans certains pays pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides.

Les dirigeants du G20 ont approuvé un « plan d’action » contenant des mesures à priorité haute pour améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d’ici le 31 mars.

Ils ont salué la nécessité d’une réponse politique plus large, fondée sur une coopération macroéconomique plus étroite, pour restaurer la croissance, éviter les retombées négatives et soutenir les économies des marchés émergents et des pays en développement. « Nous étions tous d’accord sur le fait que nous devions adopter une politique économique favorisant la croissance », a expliqué George Bush.

Ils se sont également engagés à reconnaître l’importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays et à utiliser des mesures budgétaires pour stimuler leur demande intérieure.

 

Régulation ou surveillance

Et en ce qui concerne le chapitre des pays émergents, le G20 s’est engagé à mettre en œuvre des réformes pour renforcer la transparence du système financier et faire en sorte que tous les marchés, produits et acteurs de ce système, soient soumis à une régulation ou à une surveillance.

Le plus important est que les dirigeants du G20 se sont engagés enfin à réformer les institutions financières internationales pour qu’elles reflètent mieux l’évolution des poids économiques respectifs des pays dans l’économie mondiale, en particulier des pays émergents, et qu’elle soient plus efficaces.

On peut ainsi dire que les conclusions du sommet du G20 de Washington sont donc un « premier pas » vers une réforme du système financier mondial, tout en se montrant prudentes sur les réelles avancées du sommet. Car, même si le communiqué final du sommet proclame l’engagement des grands pays développés et émergents à relancer l’économie mondiale et à engager une réforme du système financier international, il contient surtout des déclarations générales et des grands principes.

Il semble néanmoins que, même au milieu de la pire crise financière depuis la Grande dépression de 1929, il était difficile pour certains pays, Etats-Unis et Canada en tête, d’abandonner un tel pan de leur souveraineté à un organisme supranational. « Le président Bush ne pouvait pas donner son accord au moindre mécanisme international doté de pouvoirs », a souligné Diana Furchtgott-Roth de Hudson Institute. « Il pouvait être d’accord avec les principes mais pas avec un quelconque mécanisme susceptible de punir les Etats-Unis ».

Le Fonds monétaire international, que la France aurait bien vu dans ce nouveau rôle, a lui aussi demandé de mieux prendre en compte la dimension financière dans ses études macroéconomiques : il lui reviendra d’identifier les points de vulnérabilité et d’anticiper les tensions potentielles, afin de jouer un rôle-clé dans le traitement des crises financières futures. Et s’il a renoncé à mettre en place un organisme supranational de régulation financière, le G20 a souligné qu’il ne laisserait aucune pratique à risque ou produit financier nouveau se développer hors de tout contrôle. « Il convient de procéder à l’examen du champ d’application de la régulation financière, en mettant l’accent notamment sur les institutions, les instruments et les marchés non régulés à l’heure actuelle et en s’assurant que toutes les institutions financières d’importance systémique seront régulées de manière appropriée », ont relevé les chefs d’Etat.

Malgré cela, l’important est sans doute ailleurs, notamment dans le fait que ce forum, créé en 1999 à la suite des crises financières asiatique et russe, se soit réuni pour la première fois au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, consacrant ainsi cette instance, dont les membres représentent plus de 85 % du produit intérieur brut mondial.

Et même si le G20 n’a pas pour l’heure détrôné le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon), les pays émergents savourent déjà l’influence nouvelle qui leur a été donnée par ce sommet.

« Je quitte Washington très heureux parce que la structure géopolitique du monde a une nouvelle dimension », a déclaré le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, à la presse après le sommet.

Névine Kamel

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Le G20 regroupe les membres du G7 plus l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Russie, la Turquie et l’Union européenne.

 




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