Al-Ahram Hebdo, Dossier | Les gens du Nil bercés par les rythmes du Gange
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 novembre 2008, numéro 741

 

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Dossier

Egypte-Inde. La semaine culturelle indienne au Caire a eu un énorme succès reflétant surtout un goût prononcé de nombreux Egyptiens pour la danse, la musique et la chanson de ce pays.  

Les gens du Nil bercés
par les rythmes du Gange
 

Les lumières s’éteignent et le rideau s’ouvre … Six musiciens alignés, chacun devant son instrument. Une musique monocorde mais douce résonne dans la salle du théâtre Al-Gomhouriya. Quelques secondes et les instruments se révoltent. Une musique purement occidentale prend la relève avec des rythmes rapides et éclatants et se mélange au ton oriental de ce chanteur indien. Ce jeune artiste mène sa présentation dans le cadre de la « Semaine culturelle indienne en Egypte ». C’est, en fait, dans le cadre d’un programme d’échange culturel entre les deux pays que l’Inde a décidé d’organiser ces journées de culture, qui ont eu lieu du 11 au 17 novembre. Un agenda riche et varié avec des séances culturelles et musicales, des danses folkloriques ainsi que des expositions de photographies et de peintures, à l’Opéra, au Centre culturel Saad Zaghloul, au théâtre Al-Gomhouriya, celui de Sayed Darwich à Alexandrie et au Palais de la culture à Ismaïliya. Des films sont également projetés comme « La Formation de la personnalité du Mahatma Gandhi », racontant le combat de Gandhi et son adoption de la doctrine de la non violence, la « satygraha ».

Retour sur scène … Le plaisir est à son comble. Des danseuses et danseurs montent sur les planches, vêtus de costumes traditionnels multicolores. Ils commencent leur show, ravivant assez vite l’enthousiasme des spectateurs. Chaque ville en Inde a sa propre danse. Il s’agit aujourd’hui de la danse folklorique de la ville du Goa. Cette ville est située à l’ouest de la péninsule indienne et renommée pour le goût festif de ses habitants. Et c’est ce qu’a bien prouvé cette troupe de danseurs pendant une heure et demie, en présentant 6 chansons différentes, chacune accompagnée d’une danse. En effet, chaque danse représente une ancienne histoire indienne, propre toujours au patrimoine de la ville de Goa et c’est là une caractéristique de la danse indienne. Le chanteur résume toujours l’histoire, au début de chaque danse. « Dakhni », c’est-à-dire la beauté, raconte l’histoire d’une danseuse qui captive les cœurs avec sa beauté. Les histoires se succèdent, Marcha de Fontainhas, Kunnbi Nach, Corridinho, on plonge dans un univers de  fantaisie qui ressemble aux Mille et une nuits et qui met en valeur l’esprit de rêve d’un Orient, espace culturel commun de ces deux pays. Les danseurs s’efforcent avec leurs corps, gestes et expressions de visage d’interpréter l’histoire, surtout pour ces spectateurs qui ne comprennent pas la langue indienne. « C’est superbe » lance Mona, à la fin de chaque chanson, à son amie assise à côté d’elle au troisième rang du théâtre. Mona qui prend des cours de yoga dans le Centre culturel indien au Caire, pense que l’art indien et notamment la danse font élever l’âme humaine. C’est ce qu’elle avait appris durant ces cours et ce qu’elle affirme bien sentir. A côté d’elle un couple, Mervat et son fiancé Adel, étaient tellement pris par le spectacle qu’ils semblaient détachés du monde. Mervat est une passionnée des films indiens et de la danse qui y est toujours présente, représentant un de leurs principaux ingrédients. Elle assure qu’elle « ne va rater aucun film présenté dans ce festival ». Les événements se déroulent au bord d’un fleuve, avec les rames des bateaux et filets de pêche. Des bruits de vagues se font aussi entendre de temps à l’autre. La civilisation de l’Inde et l’Egypte est liée au fleuve. L’Egypte avec le Nil et l’Inde avec le Gange. Un rapprochement de civilisations que les deux pays ont essayé de montrer durant une grande cérémonie organisée en 1992 au pied des pyramides intitulée « Nil Briyages » ou la rencontre de deux fleuves. Il s’agissait d’une grande présentation musicale, où les anciens instruments inspirés du patrimoine des deux pays fusionnaient ensemble.

L’Egypte et l’Inde maintiennent d’étroites relations culturelles. C’est ce qu’assure, Ragesh Swami, secrétaire médiatique du Centre culturel indien en Egypte. Signe de rapprochement et d’intérêt particulier : s’il existe des centres culturels indiens, dans les grandes capitales au monde, celui du Caire est l’unique dans la région arabe. Il a permis de renforcer de plus en plus les relations culturelles entre les deux pays. Des spectacles artistiques sont présentés tout au long de l’année.

Une heure et demie passe. C’est le temps du deuxième spectacle. Une présentation musicale qui s’appelle Taalvadya Katcheri où les musiciens utilisent seulement les anciens instruments musicaux indiens, comme mridangam, ghatam, tavil et khajira et tabla.

Tout à fait contraire au premier spectacle, les spectateurs, s’ils sont très pris par la musique, ils ne manifestent pas la moindre agitation. La musique indienne qui a fait tressaillir l’âme au début de la présentation, la met maintenant dans un état de repos ... de nirvana?

La présentation finit et Mervat lance avec un grande soupir à son fiancé : « Comme c’était beau mais malheureusement court ».

Aliaa Al-Korachi

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Inde 

Population : 1,095 milliard d’habitants.

Surface : 3,2 millions m2.

Langues officielles : Le hindi et l’anglais ainsi que 21 autres langues.

Religion : L’hindouisme (79,8 %) et l’islam (13,7%).

On trouve aussi des sikhs (2,1 %), des zoroastriens, des bouddhistes (0,8 %), des juifs et des chrétiens (2,5 %).

Système politique : Une démocratie parlementaire et une République fédérale.

PIB : 1 170 milliards de dollars en 2007.

PIB par habitant : 2 600 dollars.

Taux de croissance : 9,4 %.

Inflation : 4,2 %.

Taux de chômage : 10 %.

Taux d’éducation : 64,84 %.

Réserves de devises : 276,25 milliards de dollars.

Les forces armées : 1 325 000 militaires et 535 000 réservistes.

 

 




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