Festival International du Caire.
Un panorama de films mondiaux sur « la tolérance de l’islam
» est organisé pour la première fois à cette édition. Une
section qui lève le voile sur une production à la diffusion
limitée.
L’islam en images
Parmi les nouveautés de cette 32e édition du Festival du
Caire, le panorama intitulé La tolérance de l’islam, lequel
se donne plusieurs objectifs. Principalement de permettre à
une cinématographie objective, encore peu diffusée en
Occident, de rencontrer un public, se faire connaître et
être découverte. Celle-ci doit parier sur sa capacité à
transformer une perception caricaturale de la culture
arabo-musulmane dramatiquement aggravée après les événements
du 11 septembre. Enfin, cette nouvelle section est censée
révéler la richesse humaine et disciplinaire de l’islam et
des musulmans. Pour cela, cinéphiles et public sont
impliqués — d’après les organisateurs du festival — dans la
manifestation, comme acteurs et spectateurs à la fois.
Cette manifestation est quasiment un hommage, avec la
projection de sept films de sept pays différents, qui ont
réussi déjà à attirer l’attention des critiques et des
invités du festival, par les visions qu’ils avancent aussi
bien que par leurs ambitions artistiques et idéologiques.
« C’est cette vitalité que nous souhaitons encourager et
faire découvrir », soulignent les organisateurs du festival.
Car le panorama s’ouvrira avec Moslem (musulmans), film
emblématique du cinéma américain, réalisé par Idris Bormol.
Il relate l’histoire d’un jeune homme afro-américain, qui
essaie d’améliorer ses conditions économiques et sociales,
toutefois les souvenirs de son passé et l’opinion
préfabriquée sur les musulmans l’empêchent de réaliser ses
ambitions, ce qui le pousse à tourner un film sur l’islam et
la violence d’après l’image reflétée par les médias.
Un autre film britannique sera présenté, ayant comme titre
Niran ala marma sadiqa (tirs au vu) de Gag Mondahara. En
plus d’être le premier film britannique à aborder le thème
des bombardements qui ont eu lieu dans la station du métro
souterrain à Londres en juillet 2005, ce long métrage —
tourné entièrement sur le lieu du crime — jette la lumière
sur l’injustice et le mal-traitement des Arabes musulmans en
Grande-Bretagne, suite à ces actes de violences.
Le cinéma français dit, lui aussi, son mot, à travers le
film franco-algérien Al-Azane
(l’appel à la prière) réalisé par Rabeh
Amer Zmich. Il s’agit de
l’histoire d’un commerçant musulman qui décide de tout
laisser pour construire une mosquée et en devenir le
muezzin, donnant l’exemple à tous ceux qui l’entourent quant
à la tolérance et la bonne conduite.
Même objectif dramatique adopté par le film turc
Al-Noqta (le point) qui essaye
de démontrer à quel point le vrai musulman devient serein,
indulgent et sincère grâce à sa foi.
Des colloques et discussions seront également organisés pour
discuter les thèmes des films.
Bref, autant de découvertes à travers ce genre de films dont
la production reste encore limitée et dont les circuits de
diffusion cinématographique demeurent un privilège pour les
initiés. Hommage à l’islam, mais aussi à des cinéastes qui
ont eu le courage d’embarquer leur caméra pour filmer la
réalité d’une religion et tenter de révéler, par l’image, ce
que les politiciens et peut-être les historiens ne savent
pas dire.
Yasser
Moheb