Al-Ahram Hebdo, Afrique | L’Onu tente d’éviter l’engrenage
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 novembre 2008, numéro 741

 

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Afrique

RD Congo. Les Nations-Unies ont dépêché l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, pour tenter de contenir la crise. Une série de consultations avec les parties en conflit, y compris le Rwanda, sont à l’ordre du jour.  

L’Onu tente d’éviter l’engrenage 

Malgré les tentatives de la communauté internationale d’apaiser les tensions, des combats lourds opposent toujours les rebelles de Laurent Nkunda aux forces armées de la République Démocratique du Congo (RDC) à une vingtaine de km de la localité stratégique de Kanyabayonga, dans la province du Nord-Kivu (est). Ces combats interviennent alors que l’émissaire de l’Onu pour la crise en RDC, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a rencontré dimanche dernier dans le Nord-Kivu le chef de la rébellion, le général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). Il s’agit d’une première rencontre entre un émissaire et Nkunda puisqu’aucun des nombreux émissaires qui se sont succédé ces dernières semaines dans l’ex-Zaïre n’avait officiellement rencontré le chef rebelle, qui plus est sur ses terres du Nord-Kivu. Après la rencontre avec le chef de la rébellion, Obasanjo doit poursuivre sa médiation au Rwanda, accusé par le gouvernement congolais de soutenir les rebelles.

Dans la capitale congolaise, le nouvel envoyé spécial de l’Onu avait déjà rencontré vendredi dernier le président congolais Joseph Kabila, et s’est entretenu aussi avec les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu. « Le président Kabila n’a pas posé ce que j’appellerai des conditions à une possible rencontre ou des négociations avec Nkunda », a affirmé M. Obasanjo qui entend dire à Nkunda que la communauté internationale attend de lui un cessez-le-feu durable. Sa visite en RDC coïncide avec celle du commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra. Ce dernier a insisté sur l’idée de renforcement de la Monuc (Mission de l’Onu en RDC). « L’UA contribue aux efforts diplomatiques qui sont déployés pour la relance de la mise en œuvre des résolutions de Nairobi et des engagements de Goma », a-t-il ajouté, en référence aux accords de novembre 2007 signés à Nairobi entre la RDC et le Rwanda, ainsi que l’accord de janvier 2008 entre belligérants congolais. « Tous ces accords doivent être redynamisés dans un esprit d’entente, d’apaisement pour des solutions durables », a souligné le commissaire de l’UA.

Mais cette série de rencontres n’a pas empêché la poursuite des combats. Selon le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, les combats se sont situés à la ville Kanyabayonga, tenue par les forces gouvernementales et porte d’accès vers toute la partie nord de la province du Nord-Kivu. De son côté, le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimwa, a fait état d’une attaque de l’armée régulière sur les positions rebelles dans cette région. « Les FARDC (Forces Armées de RDC, armée congolaise) nous ont attaqués. Nous avons répliqué et nous avons pris la décision de les repousser le plus loin possible », a-t-il ajouté, refusant de préciser si Kanyabayonga pourrait être visée. Depuis deux semaines, les rebelles sont arrivés aux portes de Goma, aucun des deux camps n’a lancé une offensive majeure contre la partie adverse, même si plusieurs affrontements localisés ont eu lieu.

Toutefois, la situation reste très tendue dans toute cette région de Kanyabayonga, après une progression rebelle en début de semaine. En effet, les combats à grande échelle ont repris fin août dans l’est de la RDC entre les rebelles et l’armée congolaise, en violation d’un cessez-le-feu conclu en janvier. Laurent Nkunda menace depuis de renverser le gouvernement de Kinshasa et exige désormais des négociations en tête à tête avec le président Kabila. Les violences ont provoqué la fuite d’environ 250 000 personnes. En visite à Kigali, le chef de diplomatie congolaise, Alexis Tambwe Mwamba, a affirmé pour sa part que son gouvernement approuve la participation « d’officiers de renseignements » rwandais à des opérations contre les rebelles hutus rwandais basés dans l’est de la RDC. Exigée de longue date par le président rwandais Paul Kagame, la neutralisation de ces éléments FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) présents dans l’est du Congo est une des principales revendications de Nkunda, qui se pose en défenseur de la communauté tutsi congolaise. La RDC et le Rwanda avaient signé en novembre 2007 à Nairobi un accord en ce sens, qui est depuis resté lettre morte. A Luanda, le porte-parole du ministère angolais des Affaires étrangères a assuré que son gouvernement, traditionnel allié de Kinshasa, « ne va pas intervenir (en RDC) simplement pour entrer à nouveau en guerre, et voulait contribuer à la stabilité de la région et non à sa confusion ».

Maha Salem

 




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