Football .
A quelques jours du match retour de la finale de la Ligue
d’Afrique des champions, dimanche 16 novembre, contre Coton
Sport du Cameroun, Chadi Mohamad, capitaine d’Ahli,
s’exprime sur les chances de son équipe et ses ambitions.
« Cette finale aura un goût de revanche »
Al-Ahram
Hebdo : Que pensez-vous du match contre Coton Sport ?
Chadi Mohamad :
C’est une finale et comme toutes les finales, ce sera un
match très difficile, du point de vue physique, technique et
même moral. Nous avons donc élevé le degré de préparation au
maximum afin d’être fin prêts pour cette rencontre.
— Le résultat du match aller vous donne-t-il de grandes
chances pour le titre ?
— (2-0) n’est pas un grand résultat. Nous aurions pu
trancher le titre ici au Caire, surtout que nous avions eu
l’occasion de marquer deux ou trois autres buts de plus,
mais nous ne l’avons pas fait. Maintenant, nous devons
oublier complètement que nous avons gagné à l’aller et nous
devons nous concentrer sur le match retour.
— Ne voyez-vous pas qu’il y a une grande différence entre
Ahli et l’équipe adverse ?
— En foot, on ne fait pas ce genre de comparaison. On est 11
contre 11, et c’est notre performance sur le terrain qui
fait la différence et pas le palmarès de l’équipe ni sa
réputation et tant que les deux équipes sont arrivées en
finale, cela veut dire qu’elles sont dignes du titre.
N’oublions surtout pas que Coton Sport a éliminé lors de son
parcours des équipes de grande renommée dans le continent
telles que Enyimba (Nigeria), Hilal (Soudan) et TP Mazembe
(RD Congo).
— A partir d’une simple lecture de la première rencontre, ne
pensez-vous pas qu’Ahli est nettement supérieur à Coton ?
— Il ne faut pas se laisser tromper par le résultat du match
aller. Les Camerounais ont concédé deux buts dans le premier
quart d’heure. Je pense qu’ils ont été captivés par le stade
rempli de plus de 80 000 supporters. Dommage que nous
n’avions pas pu en profiter davantage. Et pourtant, ils ont
pu se ressaisir et s’organiser à plusieurs moments de la
rencontre. La situation sera tout à fait différente au
retour car ils n’ont rien à perdre et ils devront foncer à
l’attaque.
— Comment pouvez-vous décrire l’équipe adverse ?
— C’est une équipe qui a beaucoup progressé lors de son
parcours. Elle a une bonne attaque, mais je pense qu’elle a
des lacunes au niveau de l’organisation défensive. Son motif
sera très grand, surtout qu’elle n’est qu’à quelques
longueurs de son premier titre continental et aussi
d’abattre le champion, Ahli. Mais, nous nous sommes habitués
à ce genre de situation et maintenant nous avons une très
grande expérience pour gérer ce genre de matchs.
— Le fait que vous jouez le retour à l’extérieur ne vous
défavorise-t-il pas ?
— Ce n’est plus le cas. Nous sommes en finale et que le
match soit au Caire ou à l’extérieur, cela n’est pas
important. Ce genre d’excuses n’est pas acceptable. En plus,
c’est notre quatrième finale consécutive et nous avons
remporté le titre une fois à domicile face à l’Etoile (2005)
et une fois à l’extérieur contre le Sfaxien (2006) dans des
circonstances très difficiles avant de le perdre à domicile
contre l’Etoile du Sahel en 2007.
— Il semble que la vie et les conditions d’hébergement à
Garoua ne sont pas à la hauteur ?
— C’est vrai. Les conditions sont très difficiles, c’est
pourquoi la direction a envoyé l’entraîneur adjoint Hossam
Al-Badri pour faire une visite sur place et préparer notre
arrivée. L’administration a mis à notre disposition un vol
privé aller-retour et ainsi nous ne passerons à Garoua que
48 heures seulement.
— Il y a eu beaucoup de craintes exprimées par rapport à
l’arbitrage. D’ailleurs, Manuel José a même exprimé son
inquiétude quant au fait que Coton soit du Cameroun, le même
pays du président de la Confédération africaine de football,
Issa Hayatou. Qu’en pensez-vous ?
— J’ai beaucoup entendu parler de cette affaire, mais c’est
quelque chose qui ne nous préoccupe pas. Pourtant, personne
ne peut nier que le niveau d’arbitrage africain n’est pas
très élevé et que les erreurs sont nombreuses. Nous avons
perdu le dernier titre pour des erreurs d’arbitrage aux deux
mantchs de la finale. Nous devons être très prudents afin de
limiter au maximum cette marge d’erreur d’arbitrage.
— Est-ce que José vous a donné des consignes spéciales ?
— Pas seulement pour ce match mais en général, il nous
conseille d’éviter les fautes qui sont à proximité de la
surface et les contacts physiques à l’extérieur de la zone,
afin de ne pas donner de chances aux arbitres de tomber sous
les pressions du public et de siffler des pénalties.
— Et pourtant votre organisation défensive face à Etisalat
n’a pas été très rassurante ?
— L’objectif et l’enjeu étaient très différents. Face à
Etisalat, on jouait pour remporter les trois points et
avancer d’un pas encore vers la tête du classement. Je pense
aussi que nous avons sous-estimé notre adversaire surtout
après le premier but de Mohamad Abou-Treika. On a dû prendre
beaucoup de risques en attaque pour décrocher l’égalité et
ensuite la victoire. C’est pour ça que la défense a été
aérée. Mais en finale, ce sera différent car c’est un seul
match et on ne peut pas laisser échapper notre rêve d’aller
au Japon pour une troisième fois encore.
— Le fait d’évoluer à plusieurs niveaux ne vous
perturbe-t-il pas ?
— Le staff technique déploie de grands efforts pour nous
épargner de telles situations fâcheuses. Nous avons acquis
une très grande expérience et nous savons comment nous
accommoder. Par contre, cette altération nous impose un
certain rythme spécial notamment à la direction technique,
qui doit compter sur ses joueurs enregistrés dans son
effectif africain plus que les autres afin de les garder en
forme et les changements se font au minimum possible. Le
résultat c’est qu’il y a des joueurs qui jouent presque 60
matchs par saison sans repos, du fait de l’enchaînement des
matchs au niveau des clubs et de la sélection.
— Une sixième Coupe et un troisième ticket au Japon,
qu’est-ce que ça vous dit ?
— C’est le rêve de toute une équipe et pas le mien
seulement. Nous voulons étendre nos records et ceux du club
et confirmer notre suprématie. Nous n’avons pas encore
digéré notre défaite de l’année dernière, alors qu’on
n’était qu’à un seul pas du but. C’est pour cette raison que
cette finale à un goût de revanche.
Propos receuillis par Karim Farouk