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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Sports

Football . A quelques jours du match retour de la finale de la Ligue d’Afrique des champions, dimanche 16 novembre, contre Coton Sport du Cameroun, Chadi Mohamad, capitaine d’Ahli, s’exprime sur les chances de son équipe et ses ambitions.

« Cette finale aura un goût de revanche »

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous du match contre Coton Sport ?

Chadi Mohamad : C’est une finale et comme toutes les finales, ce sera un match très difficile, du point de vue physique, technique et même moral. Nous avons donc élevé le degré de préparation au maximum afin d’être fin prêts pour cette rencontre.

— Le résultat du match aller vous donne-t-il de grandes chances pour le titre ?

— (2-0) n’est pas un grand résultat. Nous aurions pu trancher le titre ici au Caire, surtout que nous avions eu l’occasion de marquer deux ou trois autres buts de plus, mais nous ne l’avons pas fait. Maintenant, nous devons oublier complètement que nous avons gagné à l’aller et nous devons nous concentrer sur le match retour.

— Ne voyez-vous pas qu’il y a une grande différence entre Ahli et l’équipe adverse ?

— En foot, on ne fait pas ce genre de comparaison. On est 11 contre 11, et c’est notre performance sur le terrain qui fait la différence et pas le palmarès de l’équipe ni sa réputation et tant que les deux équipes sont arrivées en finale, cela veut dire qu’elles sont dignes du titre. N’oublions surtout pas que Coton Sport a éliminé lors de son parcours des équipes de grande renommée dans le continent telles que Enyimba (Nigeria), Hilal (Soudan) et TP Mazembe (RD Congo).

— A partir d’une simple lecture de la première rencontre, ne pensez-vous pas qu’Ahli est nettement supérieur à Coton ?

— Il ne faut pas se laisser tromper par le résultat du match aller. Les Camerounais ont concédé deux buts dans le premier quart d’heure. Je pense qu’ils ont été captivés par le stade rempli de plus de 80 000 supporters. Dommage que nous n’avions pas pu en profiter davantage. Et pourtant, ils ont pu se ressaisir et s’organiser à plusieurs moments de la rencontre. La situation sera tout à fait différente au retour car ils n’ont rien à perdre et ils devront foncer à l’attaque.

— Comment pouvez-vous décrire l’équipe adverse ?

— C’est une équipe qui a beaucoup progressé lors de son parcours. Elle a une bonne attaque, mais je pense qu’elle a des lacunes au niveau de l’organisation défensive. Son motif sera très grand, surtout qu’elle n’est qu’à quelques longueurs de son premier titre continental et aussi d’abattre le champion, Ahli. Mais, nous nous sommes habitués à ce genre de situation et maintenant nous avons une très grande expérience pour gérer ce genre de matchs.

— Le fait que vous jouez le retour à l’extérieur ne vous défavorise-t-il pas ?

— Ce n’est plus le cas. Nous sommes en finale et que le match soit au Caire ou à l’extérieur, cela n’est pas important. Ce genre d’excuses n’est pas acceptable. En plus, c’est notre quatrième finale consécutive et nous avons remporté le titre une fois à domicile face à l’Etoile (2005) et une fois à l’extérieur contre le Sfaxien (2006) dans des circonstances très difficiles avant de le perdre à domicile contre l’Etoile du Sahel en 2007.

— Il semble que la vie et les conditions d’hébergement à Garoua ne sont pas à la hauteur ?

— C’est vrai. Les conditions sont très difficiles, c’est pourquoi la direction a envoyé l’entraîneur adjoint Hossam Al-Badri pour faire une visite sur place et préparer notre arrivée. L’administration a mis à notre disposition un vol privé aller-retour et ainsi nous ne passerons à Garoua que 48 heures seulement.

— Il y a eu beaucoup de craintes exprimées par rapport à l’arbitrage. D’ailleurs, Manuel José a même exprimé son inquiétude quant au fait que Coton soit du Cameroun, le même pays du président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou. Qu’en pensez-vous ?

— J’ai beaucoup entendu parler de cette affaire, mais c’est quelque chose qui ne nous préoccupe pas. Pourtant, personne ne peut nier que le niveau d’arbitrage africain n’est pas très élevé et que les erreurs sont nombreuses. Nous avons perdu le dernier titre pour des erreurs d’arbitrage aux deux mantchs de la finale. Nous devons être très prudents afin de limiter au maximum cette marge d’erreur d’arbitrage.

— Est-ce que José vous a donné des consignes spéciales ?

— Pas seulement pour ce match mais en général, il nous conseille d’éviter les fautes qui sont à proximité de la surface et les contacts physiques à l’extérieur de la zone, afin de ne pas donner de chances aux arbitres de tomber sous les pressions du public et de siffler des pénalties.

— Et pourtant votre organisation défensive face à Etisalat n’a pas été très rassurante ?

— L’objectif et l’enjeu étaient très différents. Face à Etisalat, on jouait pour remporter les trois points et avancer d’un pas encore vers la tête du classement. Je pense aussi que nous avons sous-estimé notre adversaire surtout après le premier but de Mohamad Abou-Treika. On a dû prendre beaucoup de risques en attaque pour décrocher l’égalité et ensuite la victoire. C’est pour ça que la défense a été aérée. Mais en finale, ce sera différent car c’est un seul match et on ne peut pas laisser échapper notre rêve d’aller au Japon pour une troisième fois encore.

— Le fait d’évoluer à plusieurs niveaux ne vous perturbe-t-il pas ?

— Le staff technique déploie de grands efforts pour nous épargner de telles situations fâcheuses. Nous avons acquis une très grande expérience et nous savons comment nous accommoder. Par contre, cette altération nous impose un certain rythme spécial notamment à la direction technique, qui doit compter sur ses joueurs enregistrés dans son effectif africain plus que les autres afin de les garder en forme et les changements se font au minimum possible. Le résultat c’est qu’il y a des joueurs qui jouent presque 60 matchs par saison sans repos, du fait de l’enchaînement des matchs au niveau des clubs et de la sélection.

— Une sixième Coupe et un troisième ticket au Japon, qu’est-ce que ça vous dit ?

— C’est le rêve de toute une équipe et pas le mien seulement. Nous voulons étendre nos records et ceux du club et confirmer notre suprématie. Nous n’avons pas encore digéré notre défaite de l’année dernière, alors qu’on n’était qu’à un seul pas du but. C’est pour cette raison que cette finale à un goût de revanche.

Propos receuillis par Karim Farouk

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