Judo.
Sans entraîneur ni entraînement, le judoka Hicham Mesbah
(-90 kg), seul médaillé olympique égyptien, se plaint d’être
négligé par sa Fédération. Il explique sa situation à
l’Hebdo.
« J’ai seulement besoin d’un
bon programme de préparation »
Al-Ahram
Hebdo : Depuis votre médaille de bronze obtenue aux JO de
Pékin en août dernier, vous n’avez pas repris votre
entraînement. Pourquoi ?
Hicham Mesbah :
Il était prévu que je débute l’entraînement un mois après
les Jeux olympiques et les responsables de la Fédération
égyptienne m’avaient promis une bonne organisation de mon
programme de préparation. Durant tout le mois dernier, et
pour commencer mon entraînement, j’ai tenté de contacter la
Fédération égyptienne, mais en vain.
Tous les
responsables de la Fédération sont très pris actuellement
par les élections qui auront lieu le 15 novembre. Ce qui
fait que je me trouve sans entraînement ni entraîneur, et
cela affectera mon niveau. Un athlète de mon niveau ne doit
pas arrêter le jeu pour longtemps.
— Où est
votre entraîneur ?
— Bassel
Al-Gharabawi avait des demandes auprès de la Fédération afin
de continuer son travail en tant que directeur technique de
l’équipe nationale. Parmi ses demandes, un bon programme de
préparation avec des stages de préparation à l’étranger et
plusieurs tournois internationaux, un cadre technique avec
un psychologue, un docteur et un nutritionniste, en plus
d’un bon contrat de travail. Les responsables de la
Fédération avaient promis à Al-Gharabawi de réaliser ses
demandes, mais à cause des élections, personne ne l’a
contacté. Suite à cette négligence, Al-Gharabawi a décidé de
se concentrer seulement sur son travail.
— La
présence de Bassel Al-Gharabawi à la tête de la sélection
nationale est-elle importante pour vous ?
— Bien
sûr. Al-Gharabawi me connaît bien depuis des années, car
nous étions collègues à l’équipe nationale et nous avons
joué beaucoup ensemble. Il connaît tous mes points forts et
faibles et il a bien travaillé avec moi pour améliorer ma
technique. Bien plus, il sait bien ce dont le judoka a
besoin pour se préparer, raison pour laquelle il a demandé à
la Fédération égyptienne de nous offrir un grand nombre de
stages de préparation avec des tournois internationaux d’un
très haut niveau. En sport de combat, il faut affronter les
grands judokas du monde afin d’améliorer notre niveau.
Depuis l’arrivée de Bassel Al-Gharabawi en tête de la
sélection nationale, nous avons commencé une préparation
intensive pour les JO. Ce dernier a mis en place un
programme de préparation avec des stages à l’étranger et des
tournois internationaux. Durant 10 mois, nous avons effectué
plus de 15 stages avec des tournois de haut niveau. Mon
niveau s’est nettement amélioré durant ces mois.
— Que
voulez-vous exactement ?
— Je
n’ai pas de demandes particulières. J’ai seulement besoin
d’un bon entraîneur et d’un bon programme de préparation. Il
ne faut pas perdre de temps et reproduire le scénario qui a
suivi les 5 médailles obtenues par l’Egypte lors des JO
d’Athènes 2004. Il faut apprendre de nos fautes et ne pas
provoquer la chute des athlètes olympiques égyptiens.
— Quels
sont vos objectifs dans l’avenir ?
— Je
vise le titre olympique des JO de Londres 2012. Un objectif
qui n’est pas facile mais je crois en mes capacités et que
je suis capable de réaliser cela. Mais pour atteindre ce
but, j’ai besoin d’une bonne préparation d’ici 2012. Si nous
continuons à travailler comme les 10 mois d’avant Pékin mais
cette fois pendant 4 ans, je vous promets de décrocher une
médaille à Londres.
Propos recueillis par Doaa Badr