Al-Ahram Hebdo, Opinion | La culture du changement
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Opinion
 

La culture du changement

Salama A. Salama

C’est par pur hasard que le congrès du Parti national démocrate a coïncidé avec la dernière étape des élections présidentielles américaines. Ces deux événements avaient pour objectif de changer l’image de l’avenir et de revoir le présent, chacun à sa manière et selon ses propres circonstances.

Malgré les distances géographiques et politiques qui séparent l’Egypte des Etats-Unis, il était clair que l’intérêt des Egyptiens pour le marathon électoral américain, avec tous ses éléments de suspense et de surprise, était beaucoup plus grand que celui accordé à l’événement égyptien, avec ses résultats préalablement déterminés et ses héros connus. La force de l’intérêt là-bas et la faiblesse de l’intérêt ici n’émanent que du fait que les grands paris demeurent grands avec tous les rêves de changement qu’ils réalisent. La différence est énorme entre un changement provenant d’un scrutin libre et une illusion de changement qui surgit de temps en temps sans rien changer !

On peut maudire la politique américaine et accuser ses dirigeants de partialité, d’ignorance et d’arrogance. Cependant, on ne peut nier le système démocratique et la liberté dont jouit le peuple américain. Il n’y a rien de pareil à ce marathon qui dure près de deux ans, au cours desquels les candidats entrent en concurrence sans ingérence aucune. Les capacités, les volontés et les compétences intellectuelles et physiques sont mises à l’épreuve dans des combats qui n’en finissent pas. Le candidat dépense son argent, ainsi que les dons des milliers de ses partisans, pour convaincre l’électeur, quels que soient sa couleur, son sexe ou sa race, qu’il est le meilleur et le plus capable de réaliser ses ambitions, sa sécurité et sa prospérité.

Bien que le système électoral américain comporte de nombreuses lacunes, il demeure le système le plus démocratique au monde. Les candidats sont choisis selon les scrutins directs, et non dans des chambres closes régies par des groupes de professionnels, même si une personne dont les compétences et la popularité sont tranchées à tous les niveaux est propulsée à l’avant, et même si les concurrents la soutiennent, comme ce fut le cas de Hillary Clinton qui a rejoint Obama après avoir perdu les élections préliminaires.

Chaque électeur participe à ce processus électoral de son propre gré. Chaque candidat est mis à nu de tous les secrets et les scandales qui peuvent nuire à sa réputation. Tout au long de sa campagne électorale, il est placé sous le microscope. La crise financière qui a surpris le monde entier fut une véritable épreuve pour Obama et McCain. C’est ainsi que l’électeur américain a vu en Obama un nouveau symbole capable de réaliser les rêves de changement et de corriger les fautes de Bush et de ses nouveaux conservateurs.

En se présentant aux urnes, les jeunes enthousiastes ont joué un rôle fondamental dans la victoire d’Obama. Il n’est pas étrange que la démocratie américaine réussisse à pousser une personne, qui vient d’on ne sait où, au sommet de la plus grande superpuissance du monde. Il n’est pas étrange non plus que cette expérience attire l’attention du peuple égyptien, qui espère un jour voir le rêve du changement se transformer en réalité.

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