La culture du changement
Salama
A. Salama
C’est
par pur hasard que le congrès du Parti national démocrate a
coïncidé avec la dernière étape des élections
présidentielles américaines. Ces deux événements avaient
pour objectif de changer l’image de l’avenir et de revoir le
présent, chacun à sa manière et selon ses propres
circonstances.
Malgré les distances géographiques et politiques qui
séparent l’Egypte des Etats-Unis, il était clair que
l’intérêt des Egyptiens pour le marathon électoral
américain, avec tous ses éléments de suspense et de
surprise, était beaucoup plus grand que celui accordé à
l’événement égyptien, avec ses résultats préalablement
déterminés et ses héros connus. La force de l’intérêt là-bas
et la faiblesse de l’intérêt ici n’émanent que du fait que
les grands paris demeurent grands avec tous les rêves de
changement qu’ils réalisent. La différence est énorme entre
un changement provenant d’un scrutin libre et une illusion
de changement qui surgit de temps en temps sans rien changer
!
On peut maudire la politique américaine et accuser ses
dirigeants de partialité, d’ignorance et d’arrogance.
Cependant, on ne peut nier le système démocratique et la
liberté dont jouit le peuple américain. Il n’y a rien de
pareil à ce marathon qui dure près de deux ans, au cours
desquels les candidats entrent en concurrence sans ingérence
aucune. Les capacités, les volontés et les compétences
intellectuelles et physiques sont mises à l’épreuve dans des
combats qui n’en finissent pas. Le candidat dépense son
argent, ainsi que les dons des milliers de ses partisans,
pour convaincre l’électeur, quels que soient sa couleur, son
sexe ou sa race, qu’il est le meilleur et le plus capable de
réaliser ses ambitions, sa sécurité et sa prospérité.
Bien que le système électoral américain comporte de
nombreuses lacunes, il demeure le système le plus
démocratique au monde. Les candidats sont choisis selon les
scrutins directs, et non dans des chambres closes régies par
des groupes de professionnels, même si une personne dont les
compétences et la popularité sont tranchées à tous les
niveaux est propulsée à l’avant, et même si les concurrents
la soutiennent, comme ce fut le cas de Hillary Clinton qui a
rejoint Obama après avoir perdu les élections préliminaires.
Chaque électeur participe à ce processus électoral de son
propre gré. Chaque candidat est mis à nu de tous les secrets
et les scandales qui peuvent nuire à sa réputation. Tout au
long de sa campagne électorale, il est placé sous le
microscope. La crise financière qui a surpris le monde
entier fut une véritable épreuve pour Obama et McCain. C’est
ainsi que l’électeur américain a vu en Obama un nouveau
symbole capable de réaliser les rêves de changement et de
corriger les fautes de Bush et de ses nouveaux
conservateurs.
En se présentant aux urnes, les jeunes enthousiastes ont
joué un rôle fondamental dans la victoire d’Obama. Il
n’est pas étrange que la
démocratie américaine réussisse à pousser une personne, qui
vient d’on ne sait où, au sommet de la plus grande
superpuissance du monde. Il n’est pas étrange non plus que
cette expérience attire l’attention du peuple égyptien, qui
espère un jour voir le rêve du changement se transformer en
réalité.