Obama et le Golfe
L’engagement du nouveau président américain Barack Obama
à réduire la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des
importations de pétrole ne devrait pas constituer un
risque pour les six monarchies arabes du Golfe, dont les
économies dépendent pourtant des exportations de brut.
Ces
pays produisent de 14 à 15 millions bj, soit près de 20
% des besoins mondiaux. Ils exportent quelque 13
millions bj, mais seulement 10 à 12 % de ce total va
vers les Etats-Unis. Les recettes pétrolières
constituent plus de 80 % de leurs revenus. Elles leur
ont rapporté quelque 2 000 milliards de dollars ces six
dernières années.
Durant sa campagne, M. Obama a insisté sur la nécessité
pour l’Amérique, premier consommateur et premier
importateur de pétrole au monde, de réduire ses
importations de brut, notamment en provenance du Moyen-Orient.
Il a affirmé que les Etats-Unis devaient réduire leur
consommation d’énergie par la mise en service de
véhicules consommant moins ou fonctionnant avec des
carburants autres que les hydrocarbures. Il a également
atténué son opposition à une proposition de loi visant à
permettre la reprise de l’exploration offshore aux
Etats-Unis afin d’accroître la production intérieure de
brut et donc de réduire la dépendance de l’Amérique à
l’égard des pays exportateurs.
Mais
les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sont
confiants : même si M. Obama parvient à appliquer sa
politique, les Etats-Unis devront continuer à importer
du pétrole pendant très longtemps. En outre, si les
Etats-Unis accroissent leur production intérieure, ils
ne pourront pas faire baisser les prix en raison des
coûts de production très élevés dans ce pays. Les six
monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats
arabes unis, Bahreïn, Oman et Qatar) comptent aussi sur
leurs immenses réserves de brut qui représentent environ
45 % des réserves mondiales prouvées. Avec celles de
l’Iraq et de l’Iran, elles constituent quelque 65 % des
réserves mondiales totales et, à moyen terme, elles
deviendront la source principale de brut au fur et à
mesure que la production diminuera dans d’autres régions.
Bien
qu’ils se disent convaincus qu’ils ne souffriront pas de
la politique énergétique du futur président des
Etats-Unis, les pays du Golfe commencent déjà à chercher
d’autres marchés pour parer à toute éventualité, à
l’image de l’Arabie saoudite qui a augmenté récemment
ses exportations de brut vers l’Asie, notamment la
Chine. Mais les besoins pétroliers des pays asiatiques
pourraient baisser si le risque de récession économique
se concrétise.