Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Abdel-Azim Hammad
 


Edito
 

Obama et le Golfe

L’engagement du nouveau président américain Barack Obama à réduire la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des importations de pétrole ne devrait pas constituer un risque pour les six monarchies arabes du Golfe, dont les économies dépendent pourtant des exportations de brut. Ces pays produisent de 14 à 15 millions bj, soit près de 20 % des besoins mondiaux. Ils exportent quelque 13 millions bj, mais seulement 10 à 12 % de ce total va vers les Etats-Unis. Les recettes pétrolières constituent plus de 80 % de leurs revenus. Elles leur ont rapporté quelque 2 000 milliards de dollars ces six dernières années.

Durant sa campagne, M. Obama a insisté sur la nécessité pour l’Amérique, premier consommateur et premier importateur de pétrole au monde, de réduire ses importations de brut, notamment en provenance du Moyen-Orient. Il a affirmé que les Etats-Unis devaient réduire leur consommation d’énergie par la mise en service de véhicules consommant moins ou fonctionnant avec des carburants autres que les hydrocarbures. Il a également atténué son opposition à une proposition de loi visant à permettre la reprise de l’exploration offshore aux Etats-Unis afin d’accroître la production intérieure de brut et donc de réduire la dépendance de l’Amérique à l’égard des pays exportateurs.

Mais les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sont confiants : même si M. Obama parvient à appliquer sa politique, les Etats-Unis devront continuer à importer du pétrole pendant très longtemps. En outre, si les Etats-Unis accroissent leur production intérieure, ils ne pourront pas faire baisser les prix en raison des coûts de production très élevés dans ce pays. Les six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn, Oman et Qatar) comptent aussi sur leurs immenses réserves de brut qui représentent environ 45 % des réserves mondiales prouvées. Avec celles de l’Iraq et de l’Iran, elles constituent quelque 65 % des réserves mondiales totales et, à moyen terme, elles deviendront la source principale de brut au fur et à mesure que la production diminuera dans d’autres régions.

Bien qu’ils se disent convaincus qu’ils ne souffriront pas de la politique énergétique du futur président des Etats-Unis, les pays du Golfe commencent déjà à chercher d’autres marchés pour parer à toute éventualité, à l’image de l’Arabie saoudite qui a augmenté récemment ses exportations de brut vers l’Asie, notamment la Chine. Mais les besoins pétroliers des pays asiatiques pourraient baisser si le risque de récession économique se concrétise.

 

 




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