Au fil des pages
Haffat
al-leil (au bord de la nuit), roman d’Amin Rayyan, Dar Al-Chourouq,
Collection Nossouss motamayeza, Le Caire 2008.
Cette
réédition lancée par Dar Al-Chourouq s’installe dans un
projet de publier les chefs-d’œuvre de la littérature,
notamment les textes rares ou oubliés qui ont formulé les
lettres arabes modernes. Amin Rayyan est peintre et
nouvelliste né en 1925, il a écrit son premier roman Haffat
al-leil en 1948 et n’a été publié qu’en 1954 à compte
d’auteur, bien qu’il ait été primé pendant sa détention
politique et l’incendie du Caire en janvier 1952. La
réédition de ce roman qui retrace le journal d’un peintre et
sa relation avec ses modèles révise notre vision de
l’histoire du roman arabe.
Pourquoi
êtes-vous pauvres ? de William T. Vollmann, traduit de
l’anglais par Claro, Actes Sud, Arles 2008.
William
T. Vollmann pose cette question de par le monde, aux
victimes de la pauvreté souvent ignorées par les
statistiques et vouées au silence. Au Yémen comme en
Thaïlande, en Bosnie comme au Mexique, et du Japon à la
Russie, en passant par le Vietnam, l’Afghanistan, la Chine,
l’Iraq, et des Philippines à la Colombie, sans oublier les
Etats-Unis eux-mêmes, la question couvre ceux qui sont nés
dans la pauvreté comme ceux qui ont été pris à son piège à
un moment de leur existence. L’écrivain brosse, à travers la
parole vive et la photographie, le portrait inédit de la
tragique communauté planétaire des pauvres.
Qassidat
al-nasr aw al-qassida al-kharsa (le poème en prose ou le
poème muet), d’Ahmad Abdel-Moeti Hégazi, le livre de Dubaï
Al-Saqafiya n°18, novembre 2008.
Le
nouveau numéro du livre mensuel, publié par la revue
culturelle Dubaï Al-Saqafiya, est consacré aux articles
critiques du poète Abdel-Moeti Hégazi sur le poème en prose
qui a gagné un large succès parmi les jeunes écrivains
depuis les années 1990. Cette polémique qui lui a valu
quasiment une rupture avec la jeune génération est basée sur
la critique de Hégazi d’un genre qui reflète une
connaissance limitée du monde, un refus de la critique et un
poème vidé de l’essence de la poésie, à savoir le rythme
intérieur. Les détracteurs de Hégazi rappellent à maintes
reprises ses débuts lorsqu’il a révolutionné par ses poèmes
la tradition poétique de l’époque.
Al-Eyal
kebret, saqafet al-chabab al-masri (les enfants ont grandi,
la culture des jeunes égyptiens) par le Dr Kamal Naguib,
éditions Markaz Al-Mahroussa, Le Caire 2008.
L’auteur
tente à travers 7 chapitres de réétudier les problèmes des
jeunes en Egypte, leurs frustrations et leurs espoirs. Il
vise une tranche importante de la société qui représente 27
% de la population, notamment entre l’âge de 15 à 29 ans.
L’étude s’attarde sur la culture de la jeune génération et
son rapport avec la globalisation, sur les méthodes trop
rigoureuses de l’éducation des petits et sur l’idée de
l’appartenance à la patrie. Notamment la propagation des
idées religieuses fanatiques qui ont gagné du terrain dans
une ambiance de peur et de manque de dialogue.