Palestiniens.
Moussa Abou-Marzouq,
numéro deux du Hamas, affirme que tout dialogue
interpalestinien reste inutile
en l’absence du président Mahmoud
Abbass.
« La réconciliation doit rester la priorité »
Al-Ahram
Hebdo : Pourquoi le Hamas a-t-il décidé de boycotter les
pourparlers de réconciliation ?
Moussa Abou-Marzouq :
Parce que le mouvement avait un certain nombre de
revendications et quand nous n’avons pas obtenu des réponses
positives, nous avons préféré signer absents. C’est
d’ailleurs la décision de plusieurs autres factions
palestiniennes.
— Voulez-vous dire par revendications la libération des
détenus du Hamas dans les prisons palestiniennes ?
— La libération des Palestiniens membres du Hamas par les
forces de sécurité dépendant du Fatah était un des points
essentiels dans nos demandes pour assainir l’atmosphère
avant la rencontre. C’était d’ailleurs une des demandes du
chef des renseignements égyptiens Omar Soliman (médiateur
dans la réconciliation). Le Hamas a, de son côté, libéré les
détenus du Fatah mais le mouvement du président
Abbass a, au contraire,
multiplié les arrestations comme
s’il s’agissait d’une mesure justifiée. On comptait en
moyenne 10 interpellations par jour, et le Fatah a arrêté 28
personnes en deux jours seulement et il avançait comme alibi
que le dossier pourrait être examiné au Caire.
— Est-ce la seule question sur laquelle a achoppé la
rencontre ?
— Non, il y a une autre raison aussi importante, qui est
l’absence du président palestinien. Mahmoud
Abbass devait prononcer un
discours lors de la séance inaugurale et ensuite partir sans
participer aux négociations. Or une telle démarche n’est pas
juste, car elle signifie que seul un point de vue serait
exposé dans la séance diffusée en direct, qui est celui du
Fatah alors qu’au début il était convenu que le Hamas aurait
un mot à dire. Mahmoud Abbass
devait par ailleurs participer à toutes les sessions, mais
subitement on a appris qu’il n’y serait pas et nous savons
tous qu’aucune partie n’est capable de prendre une décision
réalisable en son absence. On l’a vu d’ailleurs, tous les
accords conclus sans le président palestinien restent lettre
morte car les tendances des Palestiniens sont assez variées.
Il est le seul capable de trancher en cas de différends.
— Quelle est donc la situation aujourd’hui, Le Caire va-t-il
user de son influence sur l’une ou l’autre partie pour vous
regrouper ?
— Officiellement, le dialogue a été reporté en attendant de
nouvelles négociations qui faciliteraient la réconciliation.
Il est d’ailleurs prématuré de parler de pression ou de
concession, c’est Le Caire qui détient la situation.
— Y a-t-il, selon vous, une relation entre l’agression
israélienne récente dans la bande de Gaza et ce dialogue ?
— Certainement toute réconciliation interpalestininenne
n’est pas dans l’intérêt des Israéliens. Ils ont fait à
plusieurs reprises pression pour faire échouer tout dialogue
et leur intervention en ce moment précis et avec cette
violence n’est pas gratuite. C’est pourquoi nous pensons que
la réconciliation doit rester la priorité aujourd’hui.
— Qu’en est-il de la trêve conclue avec Israël après ces
récentes attaques ?
— Je crois que toutes les parties restent engagées par la
trêve fixée avec la médiation du Caire. Nous préservons
pourtant le droit de riposte à ces agressions.
Propos recueillis par Samar Al-Gamal