Al-Ahram Hebdo,Environnement | De nouveaux gestes s’installent 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Environnement

Electricité. La première campagne pour la rationalisation de son utilisation commence à porter ses fruits. Elle vient d’être prolongée de 3 mois pour amplifier la modification des comportements.  

De nouveaux gestes s’installent  

« Bien utiliser l’électricité = économies d’énergie et dépenses en moins = bénéfice pour la planète », c’est ainsi qu’est présentée la campagne régionale pour la rationalisation de l’utilisation de l’énergie en Egypte. Entamée en juillet et prévue pour durer 3 mois, elle a été prolongée jusqu’en décembre. « Le choix de ce thème s’explique par la hausse des prix de l’énergie et du pétrole que nous avons connue au niveau mondial et spécialement au Proche-Orient. Cela a commencé à menacer la vie des habitants de la région et celle des Egyptiens », précise Hicham Al-Agamawi, responsable auprès du ministère des Affaires de l’environnement. Cette campagne est menée sous les auspices du ministère d’Etat pour les Affaires de l’environnement, en coopération avec le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds social pour le développement et dernièrement l’Agence allemande pour la coopération technique. C’est aussi la première du genre en Egypte et elle est financée par trois sociétés d’équipements domestiques électriques. Son coût, pour les 3 mois passés, s’est élevé à plus de 2 millions de L.E.

La décision de lancer cette campagne répond à la forte hausse de consommation d’électricité constatée : elle a été de 12 % par rapport à l’année dernière, alors qu’il était prévu une augmentation de 7 % seulement. Ce qui a provoqué de longues coupures d’électricité dans les foyers ces derniers temps. « Ces fréquentes coupures ont été dues à l’insuffisance de la production. La compagnie d’électricité doit effectuer un délestage pour faire face à cette importante augmentation de la consommation », justifie Magdi Abdel-Malak, responsable chargé du contrôle de l’électricité en Haute-Egypte. Et d’ajouter : « La consommation a atteint l’été dernier 21,53 millions de mégawatts, alors que la capacité de production est de 19 000 mégawatts ».

Pour sensibiliser la population à ce problème, il fait recours à un mot qui lui parle directement : l’argent. « Car en adoptant quelques petits gestes dans la vie de tous les jours, on peut réduire notre consommation électrique et faire des économies sur nos factures », affirme Magued Georges, le ministre d’Etat pour les Affaires de l’environnement. Pour toucher la population, le moyen le plus efficace est aussi la télé. Ainsi, 3 spots publicitaires humoristiques ont été réalisés ayant pour cadre les comportements familiaux, et diffusés sur la plupart des grandes chaînes satellites ou publiques. Les 3 spots ont un aspect comique. Dans l’un deux, l’on retrouve un père de famille excédé par ses grosses factures d’électricité et qui réalise que pour faire des économies, il suffit d’ajuster le thermostat de ses climatiseurs, d’utiliser moins souvent le lave-vaisselle, ou encore de diminuer la température lors du lavage d’habits en machine.

Selon Jacqueline, responsable du projet au Proche-Orient et directrice des relations extérieures auprès de la société Procter & Gamble, qui finance une partie de la campagne, le message indirect de ces 3 spots est plus à même de faire changer les comportements qu’un message direct. « Car dire aux gens ce qu’ils doivent faire ou pas n’est pas efficace, la plupart n’aimant pas qu’on leur dicte leurs comportements  », dit-elle.

Dans les foyers, la méthode semble porter ses fruits. Amgad a accroché des instructions dans les différentes pièces de l’appartement du genre : « Eteignez la lumière en sortant ! », « Ne pas laisser le chauffe-eau allumé la nuit ! », dit Sanaa, son épouse, habitante du quartier d’Héliopolis au Caire. Chez lui, Hamdi, qui habite Haram, toujours au Caire, utilise désormais des ampoules à économie d’énergie dans la plupart des pièces. Il a rapidement remarqué la différence de consommation sur sa facture d’électricité.

Reste que les conseils diffusés dans la campagne et les nouveaux comportements observés sont une bonne chose. Mais on peut aussi avoir recours aux méthodes classiques utilisées au début du XXe siècle pour économiser l’énergie, estime le Dr Bahaa Bakri, professeur de planification écologique et de technologie urbaine à l’Université du Caire. « En installant des protections solaires classiques aux fenêtres au lieu d’investir dans une climatisation. Ou alors en profitant au maximum de la lumière naturelle du jour au lieu d’utiliser l’éclairage des lampes », dit-il. Alors, pas de temps à perdre.

Mais maintenant les questions qui se posent : est-ce que cette campagne est vraiment effective ? Est-ce que tout le monde tente de changer ses habitudes, y compris les responsables, le ministère de l’Electricité et de l’Energie, les conseils locaux des différents gouvernorats d’Egypte ?

On en doute … Raison :  au Caire, par exemple, Al-Ahram Hebdo a pu recenser des centaines de réverbères de rues allumés en plein soleil entre midi et 13h. Un phénomène répandu dans la plupart des gouvernorats. Comment demande-t-on aux enfants, aux femmes et aux simples citoyens de rationaliser l’énergie tandis que les responsables, les employés du gouvernement, qui doivent donner le bon exemple, n’arrivent pas à appliquer les nouvelles mesures ? Le Dr Aksam Aboul-Ela se justifie en hésitant : « On suppose que ce genre de réverbères sont automatiques : le cycle électrique doit fonctionner au coucher du soleil et on suppose toujours que les lampadaires doivent s’éteindre une fois le soleil levé ».

« C’est plutôt un problème de poussière et de propreté. Il est probable que les réverbères et les lampes des rues ont besoin de maintenance et d’entretien », ajoute-t-il. Il n’a quand même pas précisé qui doit faire ce travail !

Manar Attiya

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