Al-Ahram Hebdo, Egypte | Colère et déception
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Egypte

Enseignants. Les résultats des examens du nouveau statut salarial ont été annoncés cette semaine par le ministère de l’Education. 120 000 professeurs seront exclus du nouveau statut. 

Colère et déception 

Les enseignants attendaient avec impatience les résultats de ces examens que le gouvernement leur a imposés, s’ils souhaitent améliorer leur salaire. Le verdict est tombé cette semaine. Sur les 980 000 enseignants qui ont effectué l’épreuve, 120 000 ont écopé d’un échec et donc ne bénéficieront d’aucune augmentation. Dans les rangs des professeurs recalés, c’est l’indignation. « C’est une véritable mascarade. Nous ne savons pas jusqu’à maintenant quel serait notre sort. Le ministère se paie notre tête », s’insurge Abdel-Hamid Al-Sayed, enseignant depuis 30 ans. Après l’annonce des résultats, des milliers de professeurs recalés ont participé à des manifestations de protestation au Caire et dans les différents gouvernorats. « Le gouvernement nous a vendus », réclamaient les manifestants. Le ministère de l’Education avait en effet annoncé que les professeurs qui ne réussiraient pas aux examens seraient mutés aux postes administratifs. Une décision que beaucoup jugent injuste.

Le nouveau statut salarial des professeurs avait été proposé par le président Moubarak, lors de sa campagne électorale de 2005. Le projet propose aux enseignants une augmentation de 150 % de leur salaire de base, à condition de passer des examens de remise à nouveau. Ces derniers avaient eu lieu à la mi-août dans une ambiance très tendue, sur trois volets, à savoir un volet pédagogique, un volet ayant trait à la spécialité et un autre se rapportant à la culture générale. Selon le ministère, ce système permettra d’améliorer le niveau des professeurs et les incitera à accroître leurs compétences.

Quoi qu’il en soit, l’annonce des résultats a placé de nombreux professeurs dans l’embarras vis-à-vis de leurs établissements. Quant au Syndicat des enseignants, il qualifie d’injuste le système d’évaluation proposé par le gouvernement dans un communiqué. Pour Farid Ismaïl, député et ancien conseiller du ministère de l’Education, ce système d’évaluation n’est pas adapté. « Les professeurs en Egypte ne reçoivent aucune formation continue, aucun stage. Comment donc les soumettre à des examens ? C’est injuste », affirme-t-il. Il pense que le gouvernement doit s’attaquer aux carences du système éducatif dans son ensemble, afin d’être en mesure de développer le niveau professionnel des enseignants. Certains accusent le gouvernement d’avoir « inventé » ces examens pour limiter le budget alloué au nouveau statut salarial, l’Etat ne disposant pas de ressources nécessaires. Ce que dément Réda Abou-Série, adjoint du ministre de l’Education : « Ces examens ne sont ni un échec ni un succès. L’objectif de cette expérience était de dresser une sorte de cartographie des enseignants, afin de mettre la main sur les carences et savoir quels sont les secteurs qui ont besoin d’être fortifiés ». Il ajoute que le ministère ne cherche pas à priver les enseignants des avantages du nouveau statut salarial. « Nous sommes optimistes de ce résultat avec 85 % de réussite », pense Abou-Série. Plusieurs députés de l’opposition, surtout de tendance islamiste, ont affirmé qu’ils présenteraient des interrogations au gouvernement sur le statut des enseignants. Les 120 000 professeurs recalés contestent les résultats des examens. « Nous allons étudier ces plaintes qui nous parviennent sur Internet. Chaque enseignant aura une réponse à sa plainte par courrier électronique », indique Naguib Khouzam, directeur du Centre national d’évaluation pédagogique, relevant du ministère de l’Education. Il assure que le centre organise des stages à l’intention des enseignants. « 8 500 enseignants ont suivi des cours de formation cette année. Le but est de former un professeur qualifié, capable d’enseigner les programmes scolaires adaptés aux nouvelles méthodes pédagogiques », assure-t-il.

Ola Hamdi

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