Enseignants.
Les résultats des examens du nouveau statut salarial ont été
annoncés cette semaine par le ministère de l’Education. 120
000 professeurs seront exclus du nouveau statut.
Colère et déception
Les enseignants attendaient avec impatience les résultats de
ces examens que le gouvernement leur a imposés, s’ils
souhaitent améliorer leur salaire. Le verdict est tombé
cette semaine. Sur les 980 000 enseignants qui ont effectué
l’épreuve, 120 000 ont écopé d’un échec et donc ne
bénéficieront d’aucune augmentation. Dans les rangs des
professeurs recalés, c’est l’indignation. « C’est une
véritable mascarade. Nous ne savons pas jusqu’à maintenant
quel serait notre sort. Le ministère se paie notre tête »,
s’insurge Abdel-Hamid Al-Sayed, enseignant depuis 30 ans.
Après l’annonce des résultats, des milliers de professeurs
recalés ont participé à des manifestations de protestation
au Caire et dans les différents gouvernorats. « Le
gouvernement nous a vendus », réclamaient les manifestants.
Le ministère de l’Education avait en effet annoncé que les
professeurs qui ne réussiraient pas aux examens seraient
mutés aux postes administratifs. Une décision que beaucoup
jugent injuste.
Le nouveau statut salarial des professeurs avait été proposé
par le président Moubarak, lors de sa campagne électorale de
2005. Le projet propose aux enseignants une augmentation de
150 % de leur salaire de base, à condition de passer des
examens de remise à nouveau. Ces derniers avaient eu lieu à
la mi-août dans une ambiance très tendue, sur trois volets,
à savoir un volet pédagogique, un volet ayant trait à la
spécialité et un autre se rapportant à la culture générale.
Selon le ministère, ce système permettra d’améliorer le
niveau des professeurs et les incitera à accroître leurs
compétences.
Quoi qu’il en soit, l’annonce des résultats a placé de
nombreux professeurs dans l’embarras vis-à-vis de leurs
établissements. Quant au Syndicat des enseignants, il
qualifie d’injuste le système d’évaluation proposé par le
gouvernement dans un communiqué. Pour Farid Ismaïl, député
et ancien conseiller du ministère de l’Education, ce système
d’évaluation n’est pas adapté. « Les professeurs en Egypte
ne reçoivent aucune formation continue, aucun stage. Comment
donc les soumettre à des examens ? C’est injuste »,
affirme-t-il. Il pense que le gouvernement doit s’attaquer
aux carences du système éducatif dans son ensemble, afin
d’être en mesure de développer le niveau professionnel des
enseignants. Certains accusent le gouvernement d’avoir «
inventé » ces examens pour limiter le budget alloué au
nouveau statut salarial, l’Etat ne disposant pas de
ressources nécessaires. Ce que dément Réda Abou-Série,
adjoint du ministre de l’Education : « Ces examens ne sont
ni un échec ni un succès. L’objectif de cette expérience
était de dresser une sorte de cartographie des enseignants,
afin de mettre la main sur les carences et savoir quels sont
les secteurs qui ont besoin d’être fortifiés ». Il ajoute
que le ministère ne cherche pas à
priver les enseignants des avantages du nouveau statut
salarial. « Nous sommes optimistes de ce résultat avec 85 %
de réussite », pense Abou-Série. Plusieurs députés de
l’opposition, surtout de tendance islamiste, ont affirmé
qu’ils présenteraient des interrogations au gouvernement sur
le statut des enseignants. Les 120 000 professeurs recalés
contestent les résultats des examens. « Nous allons étudier
ces plaintes qui nous parviennent sur Internet. Chaque
enseignant aura une réponse à sa plainte par courrier
électronique », indique Naguib Khouzam, directeur du Centre
national d’évaluation pédagogique, relevant du ministère de
l’Education. Il assure que le centre organise des stages à
l’intention des enseignants. « 8 500 enseignants ont suivi
des cours de formation cette année. Le but est de former un
professeur qualifié, capable d’enseigner les programmes
scolaires adaptés aux nouvelles méthodes pédagogiques »,
assure-t-il.
Ola
Hamdi