Al-Ahram Hebdo, Economie | Une nouvelle ère commence
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 au 18 novembre 2008, numéro 740

 

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Economie

Crise Financière. Le G20 tiendra une réunion d’urgence le 15 novembre à Washington pour discuter des moyens de la surmonter. Pour la première fois, les pays émergents participeront à l’élaboration des règles mondiales. 

Une nouvelle ère commence 

L’heure du grand débat approche. Pour la première fois, les pays développés et les pays émergents, même si leurs intérêts divergent, auront un objectif unifié au cours du sommet du G20, qui aura lieu à Washington le samedi 15 novembre. Il s’agira de formuler un panorama constructif des défis auxquels le monde entier fait face après la pire crise financière depuis 1929.

Convoqués d’urgence par le président américain George W. Bush sous la pression des Européens, les pays membres du G20 y réfléchiront aux moyens de mieux réguler la finance et aux possibilités de coordonner des plans de relance pour remettre l’économie mondiale sur la voie de la croissance. Ils ont donc la tâche de jeter les bases d’importants changements dans la gestion du système financier mondial. « C’est le moment de formuler des propositions pour un changement réel dans l’architecture financière mondiale », a assuré le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de la réunion préparatoire des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques Centrales, qui a eu lieu samedi dernier à Sao Paulo au Brésil, en demandant un rôle accru pour les pays émergents dans la gouvernance économique mondiale.

Le président de la Banque Mondiale (BM), Robert Zoellick, l’a également confirmé. « Nous avons besoin de moderniser le système multilatéral pour que d’importants pays en développement puissent faire entendre leur voix », a-t-il déclaré en signalant que « dans les deux ans, on verra de vrais changements dans le système mondial ».

Cette fois, les pays développés et les grandes institutions monétaires seront les premiers à être blâmés. Alors que les pays émergents et les pays du Golfe constituent en revanche une bouée de sauvetage. Car, comme l’ont affirmé les experts, cette crise est la conséquence d’une foi aveugle dans la capacité des marchés à s’autoréguler et, dans une large mesure, du manque de contrôle sur les grands acteurs financiers. Elle a engendré des pertes énormes de 34 milliards de dollars dès le début de 2007. En plus d’une baisse des investissements, d’une hausse des dépôts, d’un manque de liquidité et d’une perte de 20 millions d’offres d’emploi. Sans compter le recul des taux de croissance de tous les pays développés.

 

Accroître la transparence

La porte-parole de la Maison Blanche, Mme Perino, a estimé que le sommet devait dégager des idées communes mais aussi « réaffirmer l’engagement (du monde) sur les grands principes de l’économie de marché dont (les principes) d’économies ouvertes et compétitives, d’une expansion du commerce et d’un accroissement des flux de capitaux et d’investissement ». Il s’agit, en fait, d’accroître la transparence financière, la gestion des risques, la coordination entre les régulateurs et même d’adopter des règles plus cohérentes, par exemple quand il s’agit de comptabilité et de capitalisation en plus d’un rôle accru du Fonds monétaire international. « Le FMI doit changer sa stratégie. Il doit plutôt devenir un pré-indice des performances de l’économie mondiale. De même, les pays du Golfe, qui ont amassé des milliards, vu leurs richesses pétrolières, doivent également contribuer au trésor du Fonds afin de l’aider à jouer un rôle primordial pour affronter la crise », signale le premier ministre anglais, Gordon Brown.

L’une des priorités de ce sommet du G20 est donc de discuter une réforme du FMI, créé dans le cadre des accords de Bretton Woods, qui tracèrent les grandes lignes du système financier international en 1944. « C’est une urgence, mais les choses ne vont pas changer du jour au lendemain », a indiqué M. Strauss-Kahn dans une interview publiée samedi par le quotidien britannique Financial Times.

 

Atout majeur

Les pays émergents, notamment les géants de l’exportation aux liquidités immenses, veulent maintenant peser davantage sur la conduite des affaires du monde. L’Arabie saoudite a réussi cette année à se réserver un fauteuil dans cette réunion, grâce à ses importantes liquidités résultant de ses richesses pétrolières qui lui ont offert un atout majeur. Il est prévu que ce pays annonce d’ailleurs au cours de cette réunion des contributions au FMI. « Contribuer au sommet veut dire aussi contribuer aux prises de décisions. C’est un privilège que la grande majorité des pays arabes cherchaient à obtenir. La crise financière a offert la chance à l’Arabie saoudite d’y participer. Les pays développés ont besoin de son soutien monétaire. Et en revanche, cela lui permettra de participer à instaurer de nouvelles pratiques et de nouvelles formes de coopération », a expliqué Fakhri Al-Fiqi, professeur d’économie à l’Université du Caire.

Même si l’Egypte n’a pas cette fois réussi à se faire une place au sein du G20, il est temps que les pays du Moyen-Orient deviennent partie prenante des décisions internationales. Et que cela persiste une fois la crise réglée.

Névine Kamel 

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