« Le PND ne croit pas au dialogue »
Al-Ahram
Hebdo : Les députés de la confrérie font pression pour avoir
une représentation dans les bureaux des commissions
parlementaires. Avez-vous obtenu une promesse du président
de l’Assemblée ?
— Le président de l’Assemblée du peuple, Fathi Sourour, est
convaincu de la légitimité de notre demande, mais la
décision ne lui appartient pas.
C’est le
PND qui tranche. Ce n’est pas normal que les députés de
l’opposition et les indépendants qui occupent 25 % des
sièges ne soient représentés dans aucune des 19 commissions
parlementaires.
— Que
pensez-vous des projets de loi que le PND entend présenter
dans cette prochaine session ?
— Nous
ne sommes pas tenus au courant des projets de loi élaborés
par le PND, parce que ce parti ne voit pas « l’autre » et ne
reconnaît pas son existence. A vrai dire, tous ces projets
de lois sont pour nous des causes d’inquiétude, parce que
leur objectif n’est pas de chercher l’intérêt de l’Egypte,
mais de servir les orientations du PND.
— Quelle
contradiction voyez-vous entre l’intérêt de l’Egypte et les
législations en cours d’élaboration ?
— En
focalisant sur des questions comme la participation
politique de la femme, le PND essaye de satisfaire des
requêtes étrangères. Or, nous sommes une société orientale
et islamique ... Je demande quel est le problème de la femme
en Egypte : est-ce le manque de participation politique ou
le célibat qui se prolonge au-delà des 30 ans ? Aujourd’hui
l’Egypte compte 11 millions de femmes célibataires, ce n’est
pas l’élection de femmes députés qui résoudra ce problème.
Je me demande encore quel problème a résolu l’adoption d’une
nouvelle loi sur l’enfance lors de la session écoulée ? A-t-elle
aidé à réduire l’analphabétisme ou le problème des enfants
de la rue ? Il ne s’agit que de suivre un agenda occidental.
— Quelle
est l’alternative que vous proposez quant à ce genre de
problèmes « pressants » ?
— Nous
avons des projets de loi et des propositions, l’essentiel
c’est qu’ils trouvent leur place sur l’ordre du jour, ce qui
n’arrive que selon le bon vouloir du PND. Moi, je dis que
c’est le contraire qui doit avoir lieu : la majorité doit
essayer de nous embarrasser en nous demandant de présenter
nos projets et de les discuter au lieu de nous exclure. Mais
le PND ne croit pas au dialogue, son seul principe c’est de
rester indéfiniment au pouvoir.
—
Concrètement, quelles propositions apportez-vous
relativement aux dossiers en débat ?
— Nous
allons présenter des projets de loi dès le premier mois,
pourvu qu’ils soient considérés. Nous avons un projet de loi
qui s’étale sur 20 pages et où nous proposons de résoudre
les problèmes de la santé et de l’enseignement à travers un
système de Waqfs, dotation financée par les bienfaiteurs. Ce
sera une solution à la fois contre la détérioration du
niveau des services gratuits offerts par le gouvernement et
de leur transformation en business de ces deux secteurs
vitaux par certains investisseurs. Nous avons également un
autre projet de loi pour la protection de la langue arabe
qui, conformément à la Constitution, devra rester la langue
officielle du pays ...
—
Allons-nous témoigner d’un changement de tactique ou d’une
évolution de votre exercice parlementaire durant cette
prochaine session ?
— Oui,
notre stratégie de contrôle tiendra plus compte de la
qualité que de la quantité. Au lieu de présenter une
centaine d’interpellations, de questions et d’interrogations,
nous allons nous contenter d’une dizaine tout en
privilégiant les affaires représentant un intérêt national.
Propos recueillis par Chérif Albert